Xpeng VLA 2.0 : Tesla n’est plus seul au sommet de la conduite autonome
La semaine dernière, un journaliste a eu l’occasion de tester le système de conduite autonome VLA 2.0 de Xpeng dans […]
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Le marché de la voiture électrique traverse une période de turbulences que peu d’observateurs avaient anticipée avec une telle ampleur. Il y a à peine cinq ans, les constructeurs se bousculaient pour annoncer des plans d’électrification toujours plus ambitieux. En 2026, beaucoup font marche arrière, face à un cocktail difficile à digérer : ralentissement des ventes, disparition des aides fédérales aux États-Unis, et une demande qui ne décolle pas aussi vite que prévu. Le résultat ? Pas moins d’une quinzaine de modèles électriques vont disparaître avant que 2027 ne soit entamé — certains sans avoir jamais été commercialisés. Voici un tour d’horizon complet et sans langue de bois.
Parmi les abandons les plus marquants, certains constructeurs ont pris la décision radicale de couper les vivres à des projets qui n’avaient jamais dépassé le stade du prototype ou du concept. C’est le cas de l’Acura RSX électrique, annoncé avec tambours et trompettes il y a moins d’un an, avant qu’Honda ne l’enterre discrètement. Le SUV devait pourtant embarquer une configuration bi-moteur à transmission intégrale, une suspension avant à double triangle et des freins Brembo. Aucune donnée d’autonomie ni de puissance n’avait été officiellement communiquée. Finalement, le modèle n’a jamais dépassé la phase prototype.

Dans le même registre, les Honda 0 Series Sedan et SUV, présentés en grande pompe au CES, ne verront pas la production. Honda a justifié leur abandon par les pertes financières prévisibles dans « l’environnement commercial actuel ». Le constructeur japonais, qui avait pourtant promis des véhicules high-tech pour 2026, referme ainsi le dossier sans livrer le moindre détail concret sur ce qu’auraient pu offrir ces deux modèles. La Sony Afeela, fruit de la collaboration entre Honda et Sony, subit le même sort : le projet est officiellement mort, et les deux berlines et SUV Afeela — dont une version Signature à 102 900 dollars — ne circuleront jamais. Quant au Lamborghini Lanzador, le CEO Stephan Winkelmann a tranché sans détour en qualifiant l’investissement dans l’électrique de « financièrement irresponsable », estimant que la demande pour ce grand tourisme électrique de 1 341 chevaux était « proche de zéro ».

D’autres voitures électriques déjà commercialisées vont elles aussi disparaître des catalogues, parfois après une carrière étonnamment courte. Le Volvo EX30 en est l’exemple le plus frappant : lancé fin 2024 aux États-Unis pour l’année modèle 2025, il est déjà condamné après à peine un an de commercialisation. Ce petit SUV électrique affichait pourtant des arguments séduisants, notamment dans sa version Twin Motor Performance : 422 chevaux, 0 à 100 km/h en 3,5 secondes et un couple de 542 Nm. Le modèle de base, lui, développait 268 chevaux et 343 Nm. Volvo évoque des « conditions de marché changeantes », une formule qui revient comme un leitmotiv dans les communications des constructeurs en 2026.
Du côté de Tesla, c’est une page d’histoire qui se tourne. La Tesla Model S, premier modèle de grande série de la marque, lancé en 2013 et produit pendant plus d’une décennie, s’arrêtera en fin d’année. Elon Musk a officialisé la fin de production pour libérer de l’espace en faveur des robots humanoïdes. La Tesla Model X, son pendant SUV lancé en 2016, suit le même chemin. Aucun remplaçant n’est prévu pour l’un ni pour l’autre. Du côté de chez Volkswagen, l’ID.4 cesse également d’être produit pour le marché américain, remplacé dans les lignes de production par l’Atlas thermique — bien plus populaire — pour 2027.

Certaines situations sont plus nuancées. L’Hyundai Ioniq 6 standard est discontinué après que ses ventes ont chuté de 15 % en 2025 pour s’établir à environ 10 000 unités, une dégringolade accentuée par l’expiration du crédit d’impôt fédéral en septembre 2025. La version haute performance Ioniq 6 N, elle, reste au catalogue. La Kia EV6 GT, remise à jour pour 2025 avec 601 chevaux et des passages de rapports simulés pour enrichir l’expérience de conduite, ne sera pas disponible pour l’année modèle 2026 en raison des nouveaux droits de douane et d’un marché imprévisible. Kia ne donne aucune date de retour.
La Hyundai Kona EV et la Kia Niro EV marquent également une pause, ou une sortie définitive selon les marchés. La Kona, qui démarre à 34 470 dollars avec 133 chevaux et 322 km d’autonomie, voit simplement sa production suspendue pour l’année modèle 2026 en raison d’un stock 2025 encore abondant. La Niro EV, elle, est plus définitivement retirée : son moteur est officiellement arrêté, et les stocks restants seront vendus jusqu’à épuisement. Cette dernière proposait jusqu’à 407 km d’autonomie grâce à sa batterie de 64,8 kWh lors de sa deuxième génération.
Chez BMW, les disparitions de l’i4 et de l’iX sont davantage le signe d’un renouvellement de gamme que d’un abandon de l’électrique. La BMW i4, lancée en 2022 et restylée en 2024, cède sa place à la nouvelle i3, décrite par Bernd Körber, directeur produit de la marque, comme « plus ou moins » le successeur de l’i4. Une future i4 sur la plateforme Neue Klasse reste envisageable. L’iX, elle, quitte simplement le marché américain pour faire place à l’iX3, dont l’arrivée aux États-Unis est imminente.

Le cas de la Chevrolet Bolt est particulièrement savoureux. Arrêtée fin 2023 après six ans de carrière, elle avait été ressuscitée en 2025… avant d’être condamnée à nouveau. Sa production se poursuivra jusqu’à mi-2027, puis General Motors utilisera les lignes de fabrication pour assembler le Buick Envision, un SUV actuellement produit en Chine que les droits de douane poussent à relocaliser aux États-Unis. Voilà un bon résumé des enjeux industriels et politiques qui façonnent le marché automobile en 2026.
Pour vous donner une vue d’ensemble claire, voici le récapitulatif des modèles concernés :
Ce que cette liste révèle, au fond, c’est moins un rejet de la voiture électrique qu’une correction brutale de trajectoire. Les constructeurs ont surinvesti dans des projets dont la viabilité commerciale dépendait trop d’un cadre réglementaire et fiscal désormais fragilisé. Si vous envisagiez l’achat d’un de ces modèles encore disponibles chez les concessionnaires, il serait prudent de ne pas trop tarder : les stocks s’écoulent sans être renouvelés, et certaines opportunités de négociation se présentent rarement deux fois.
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