Essence, diesel, électrique : la différence de facture annuelle est énorme
Le carburant pèse lourd dans votre budget, et l’Avere-France veut le démontrer chiffres à l’appui. Dans « Électrifions la mobilité […]
Sommaire
Une enquête de l’agence Reuters, publiée début octobre, éclaire les coulisses de la bataille menée par Tesla pour faire homologuer son Full Self-Driving (Supervised) en Europe. Au fil de ses recherches, le média a épluché des échanges d’e-mails entre la marque et le régulateur néerlandais RDW, recueilli des témoignages d’agents de l’autorité et interrogé sept chercheurs indépendants en sécurité routière. Le tableau qui en ressort est nettement plus nuancé que les promesses d’Elon Musk, et il vous concerne si vous envisagez une Tesla en France.
Le point le plus sensible concerne le périmètre de l’évaluation. D’après les documents consultés, Tesla a plusieurs fois demandé au RDW de réduire l’étendue ou l’intensité de ses contrôles, en se plaignant de leur coût et de leur ampleur. Un agent de l’autorité aurait alors proposé d’échanger sur les moyens d’« ajuster ou réduire » l’examen exigé. Le RDW conteste toute lecture suspecte : selon lui, ces discussions font partie du processus normal et ne compromettent ni l’indépendance ni la rigueur de son travail.
L’enjeu commercial explique cette insistance. Elon Musk a fait de l’autonomie, de l’IA et de la robotique le moteur de la prochaine phase de croissance de Tesla. Une version du FSD équipe déjà les robotaxis de la marque aux États-Unis, dont le déploiement reste lent. Sur les voitures particulières, l’Europe représente un gisement de revenus d’abonnement considérable : au deuxième trimestre, Tesla revendiquait environ 1,5 million d’abonnés au FSD dans le monde.
En avril, Tesla a remis aux autorités européennes un « Evidence Dashboard » censé prouver que son système réduit les risques. Selon Reuters, le document s’appuie sur beaucoup moins de kilomètres parcourus avec le FSD que sur les centaines de millions de kilomètres cumulés par l’ensemble des conducteurs Tesla. Faute de statistiques d’accidents suffisantes, la marque a utilisé des « substituts comportementaux », c’est-à-dire des indicateurs indirects :
Les chercheurs interrogés jugent plusieurs de ces mesures peu fiables pour estimer un risque d’accident réel. Aucun des sept ne considère que l’étude démontre que le FSD prévient les accidents mortels. Il n’existe d’ailleurs à ce jour aucune étude indépendante ou évaluée par des pairs établissant que le système est plus sûr qu’un conducteur humain. Les régulateurs doivent donc partir des déclarations du constructeur avant de mener leurs propres essais.
Tesla ne s’est pas contentée du dialogue institutionnel. Elon Musk et la marque ont utilisé X pour mobiliser les propriétaires : des responsables en Suède et en Norvège ont reçu des dizaines d’e-mails réclamant un déploiement rapide. Certains messages expliquaient aux régulateurs qu’ils seraient responsables de décès si le FSD n’était pas autorisé. Les scientifiques consultés répondent qu’aucune preuve ne soutient cet argument.
Côté États-Unis, le tableau n’est pas non plus sans zones d’ombre. Des vidéos montrent régulièrement des décisions contestables du système (non-respect de règles de circulation, excès de vitesse, obstacles non détectés), et la NHTSA enquête sur des accidents mortels impliquant des Tesla équipées du FSD. Beaucoup de conducteurs se disent pourtant satisfaits, ce qui rend le débat moins binaire qu’il n’y paraît.
Les Pays-Bas ont ouvert la voie, suivis par plusieurs États. La France adopte une posture plus prudente, comme la Norvège, tandis que l’Allemagne semble en voie d’approuver le système et dit vouloir défendre une validation à l’échelle de l’UE.
| Situation | Pays concernés |
|---|---|
| Approbation accordée | Pays-Bas, Belgique, Danemark, Estonie, Lituanie, Tchéquie, Slovénie, Croatie |
| Approche prudente | France, Norvège |
| Sur la voie de l’approbation | Allemagne (sous le nom « Tesla Assisted Driving ») |
Le changement de nom en Allemagne n’est pas anodin : les autorités avaient objecté à l’appellation d’origine, jugée trompeuse. Un vote européen reste à venir. Tesla a besoin du soutien de 55 % des États membres, représentant au moins 65 % de la population de l’Union.
Que Tesla défende son dossier est légitime, mais négocier l’ampleur d’un contrôle de sécurité pose question, même si le RDW assure garder la main. Pour les automobilistes français, la prudence actuelle de Paris retarde l’accès au système, sans que l’on puisse parler de perte de chance tant que sa sécurité n’est pas démontrée. Le vote européen donnera le ton pour tous les futurs systèmes d’aide à la conduite avancés.
L’avis de Rouleur électrique
Malgré son nom, le FSD n’est pas un système de conduite autonome. Tesla le répète : le conducteur reste responsable en cas d’accident et doit pouvoir reprendre la main à tout instant. Le système aide à diriger, accélérer, freiner et même se garer, mais il exige une surveillance continue. Si un déploiement français arrive un jour, considérez-le comme une aide de niveau avancé, pas comme un chauffeur.
Avant de payer un abonnement, vérifiez ce que la réglementation locale autorise réellement, relisez les conditions de votre assureur et méfiez-vous des vidéos de démonstration, qui ne montrent jamais les situations ratées. En attendant le vote des États membres, la meilleure information reste celle que produiront des organismes indépendants, bien plus utile que les e-mails de fans ou les promesses sur X.
Réagissez à l'article