Les voitures électriques d’occasion connaissent un succès sans précédent
Le marché de la voiture électrique d’occasion en France vit un tournant inattendu. Longtemps associé à des décotes importantes qui […]
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À l’approche de la présidentielle, les promesses fusent sur la baisse du prix du carburant. Parmi les pistes avancées, l’une retient particulièrement l’attention : la suppression des Certificats d’économies d’énergie, les fameux CEE. Un mécanisme méconnu du grand public, mais qui finance directement le bonus écologique pour les voitures électriques depuis juillet 2025. La filière automobile française, elle, tire la sonnette d’alarme et parle de « choc majeur ». Explications.
Impossible de l’ignorer : faire le plein coûte cher. Très cher. Le gazole frôle désormais 2,40 euros le litre en moyenne nationale, tandis que le SP95-E10 dépasse les 2,15 euros le litre. Le gouvernement actuel refuse d’actionner le levier d’une baisse généralisée des taxes sur les carburants, mais plusieurs candidats à la présidentielle ont leurs propres recettes. Bruno Retailleau (LR), Fabien Roussel (PCF) et Sarah Knafo (Reconquête) proposent notamment de supprimer ou de suspendre les CEE, qui représenteraient, selon BFM TV, environ 15 centimes de surcoût par litre à la pompe.
Pour comprendre le mécanisme, il faut rappeler ce que sont ces certificats. Les fournisseurs d’énergie comme EDF ou TotalEnergies sont légalement tenus de financer des actions de réduction de la consommation énergétique. Ce coût est partiellement ou totalement répercuté sur leurs clients, notamment à travers les prix à la pompe. Ce que beaucoup ignorent, c’est qu’une partie de ces fonds finance également, depuis juillet 2025, les aides à l’achat de véhicules électriques — en remplacement de l’ancien bonus écologique prélevé sur le budget de l’État. Supprimer les CEE, c’est donc potentiellement tuer deux oiseaux d’un seul coup de pierre… mais pas forcément les bons.
Depuis le basculement opéré en juillet 2025, le bonus écologique tel que vous le connaissiez a laissé place à la prime CEE. Le montant varie en fonction des revenus du foyer, avec une fourchette allant de 3 600 à 6 200 euros. Pour de nombreux ménages, ce coup de pouce représente la différence entre un achat électrique accessible ou hors de portée.
Car si les prix des voitures électriques ont baissé ces dernières années, ils restent structurellement plus élevés que leurs équivalents thermiques à motorisation comparable. Une Citroën ë-C3 Aircross ou une Peugeot E-208 se vendent moins cher que par le passé, mais la marche reste haute pour les budgets serrés. La prime CEE agit ici comme un accélérateur d’accessibilité, pas comme un gadget politique.
C’est précisément ce que défendent cinq organisations représentatives de la filière — l’Avere-France, la Plateforme automobile (PFA), Mobilians, Sesamlld et la CSIAM — qui ont publié un communiqué commun le 30 septembre 2026. Leur message est clair : une suppression brutale de ce dispositif « provoquerait un choc majeur pour le secteur automobile en France ».
Le communiqué conjoint des acteurs de la filière ne se contente pas de défendre le portefeuille des acheteurs. Il pointe une réalité économique difficile à ignorer :
Ces chiffres semblent contradictoires à première vue. Si les voitures électriques se vendent aussi bien, pourquoi s’alarmer ? La réponse se trouve dans la nature même de cette dynamique : une part significative de cette progression est portée par le contexte de prix du carburant élevés, qui rend l’électrique mécaniquement plus attractif à l’usage. Mais cet argument conjoncturel ne remplace pas une aide structurelle, surtout pour les ménages aux revenus modestes qui arbitrent chaque achat à l’euro près.
La filière ne demande d’ailleurs pas l’impossible. Elle ne s’oppose pas à une réforme du système CEE. Elle demande simplement qu’aucune suppression n’intervienne sans solution de remplacement clairement définie au préalable. Agir autrement, c’est déshabiller Pierre pour habiller Paul, avec le risque de laisser les deux dans le froid.
Au-delà des déclarations d’intention, les conséquences pratiques d’une suppression des CEE sans filet méritent d’être détaillées :
La question de fond reste entière : peut-on simultanément soulager les automobilistes à la pompe et maintenir une politique de transition vers les véhicules électriques cohérente ? La suppression des CEE, présentée comme une mesure de pouvoir d’achat, pourrait bien produire l’effet inverse à moyen terme, en décourageant des achats qui réduisent précisément la dépendance aux carburants fossiles. Un paradoxe que les candidats à la présidentielle auraient intérêt à trancher avec davantage de précision qu’un simple slogan de campagne.
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