Porsche 718 : c’est confirmé, le thermique est enterré
Après des mois de rumeurs, de reports supposés et de déclarations contradictoires, Porsche a tranché lors de son Capital Markets […]
Sommaire
Le carburant pèse lourd dans votre budget, et l’Avere-France veut le démontrer chiffres à l’appui. Dans « Électrifions la mobilité », publié le 1er octobre 2026, l’association estime qu’un automobiliste dépense en moyenne 420 euros par an pour recharger une voiture électrique, contre 1 200 euros de sans-plomb ou de gazole pour une thermique. Soit un rapport de près de 1 à 3. Selon elle, le pilotage de la recharge permet de réduire encore cette facture de 30 à 80 %, sous réserve d’avoir le bon équipement et le bon véhicule.
Ce document est un plaidoyer adressé aux candidats à la présidentielle de 2027, à 200 jours du premier tour. Il faut donc le lire comme une base de discussion et non comme un audit indépendant. Les ordres de grandeur sont tout de même parlants. Selon l’Insee, les transports représentent 13 % des dépenses des ménages, deuxième poste après le logement, et la voiture particulière en absorbe à elle seule 80 %. Tant que le parc roule à l’essence ou au gazole, votre budget suit les variations du baril.
L’Avere-France ajoute un entretien inférieur d’environ 30 % à celui d’une thermique. Elle reconnaît que le prix d’achat reste un frein pour une partie des foyers, même s’il baisse. Elle réclame donc un bonus pour l’occasion électrique, le retour de la prime à la conversion et une trajectoire d’aides fixée pour tout le quinquennat. Le sujet concerne déjà beaucoup de monde : la France comptait 2 millions de véhicules 100 % électriques au 31 août 2026, dont un million mis en circulation depuis janvier 2024. Par ailleurs, 46 % des Français citent la baisse du coût du carburant comme première raison de passer à l’électrique.
Le V1G est la forme la plus simple de recharge intelligente. Le courant circule dans un seul sens, de la borne vers la batterie, et la charge se déclenche quand l’électricité est la moins chère, typiquement en heures creuses. D’après l’Avere-France, cela suffit pour gagner près de 30 % sur le budget de recharge. Vous n’avez pas besoin de matériel spécifique : la plupart des voitures et des bornes récentes permettent de programmer la charge.
Le V2G (Vehicle-to-Grid) va plus loin. La batterie stocke l’électricité quand elle est abondante et peu chère, souvent quand le solaire et l’éolien produisent beaucoup. Elle la réinjecte ensuite dans le réseau lors des pics de consommation, quand les prix grimpent. L’association chiffre l’économie à 70 à 80 % du coût de la recharge. En appliquant ces taux aux 420 euros de départ, voici ce que cela donne (calcul indicatif de notre part) :
| Mode de recharge | Économie annoncée | Facture annuelle estimée |
|---|---|---|
| Recharge classique | 0 % | 420 € |
| V1G (heures creuses) | environ 30 % | environ 294 € |
| V2G (bidirectionnel) | 70 à 80 % | 84 à 126 € |
Face aux 1 200 euros d’une thermique, l’écart devient très net sur le papier. Il faut cependant vérifier que le V2G est réellement accessible chez vous, ce qui est loin d’être acquis.
Une seule offre grand public existe aujourd’hui dans le pays : Mobilize Power, de Renault, commercialisée depuis l’automne 2024. Voici ce qu’elle exige :
Dans ce cadre, Renault promet l’équivalent de 10 880 km de recharge à domicile par an pour une Renault 5. Cette condition de 14 heures de branchement quotidien suppose un usage assez régulier : si vous rentrez tard et repartez tôt, la voiture aura peu de temps pour travailler pour vous. Techniquement, la Nissan Leaf et la Hyundai Ioniq 5 savent aussi restituer de l’énergie et ont servi à des essais à l’étranger. Aucune offre française ne les concerne pour l’instant.
Si vous envisagez le V2G, calculez donc le temps de retour sur investissement de la borne avec votre propre profil de conduite, plutôt que de vous fier aux 70 à 80 % comme à une garantie.
Les chiffres de l’Avere-France sont solides sur le coût de la recharge, mais ils émanent d’une association qui défend la filière. Les 70 à 80 % d’économies du V2G ne concernent aujourd’hui qu’un public très étroit : propriétaires de maison, clients Renault, voiture souvent branchée. Pour la France, l’enjeu est double : alléger la facture des ménages et utiliser les batteries comme outil d’équilibrage du réseau. Cela suppose d’ouvrir l’offre aux copropriétés et aux autres marques, car c’est là que vivent beaucoup d’automobilistes.
L’avis de Rouleur électrique
Chez nos voisins, le projet OctoFlexBW avance depuis juin 2024. Le gestionnaire de réseau TransnetBW et le fournisseur Octopus y font tester la technologie en conditions réelles par 700 volontaires, avec un objectif de 1 000 véhicules. Selon un premier bilan relayé par Automobile Propre, la flotte a mobilisé environ 2 MWh par jour, soit près de 2,86 kWh prélevés quotidiennement par véhicule.
À cette échelle, c’est très peu : moins de cinq secondes de production d’un réacteur EPR. Le projet projette en revanche que un million de véhicules pourraient réinjecter 3 000 MWh, soit près de deux heures de production de l’EPR de Flamanville. Ce n’est pas de quoi remplacer une centrale, mais cela représente une réserve mobilisable aux heures de pointe. En France, la même logique ne prendra de l’ampleur que si l’offre dépasse le cadre actuel : plusieurs constructeurs, des immeubles collectifs et des tarifs lisibles pour l’automobiliste.
Réagissez à l'article