Recharge bidirectionnelle : 14 % d’économies sur la facture, ce que révèle l’essai européen du V2G
Une voiture passe la quasi-totalité de sa vie à l’arrêt, branchée ou non. Avec une batterie de 50 à 80 […]
Après une présentation spectaculaire mais avare en chiffres, Tesla a fini par lâcher les caractéristiques de sa nouvelle Roadster. Lars Moravy, ingénieur en chef, et Franz von Holzhausen, patron du design, les ont détaillées dans une vidéo d’environ une heure publiée par Top Gear. Les deux responsables assurent que la voiture sera produite au Texas en 2028. Moravy résume : « celle-là, on va la construire », en précisant que le concept de 2017 ne serait plus adapté à aujourd’hui.
La Roadster sera proposée en quatre versions, toutes en propulsion uniquement. Deux moteurs électriques à l’arrière assurent un vectorisation du couple, c’est-à-dire une répartition de la puissance entre les roues pour mieux tourner en courbe. La version la plus légère affiche environ 1 700 kg (3 700 livres), un chiffre honorable pour une voiture électrique dotée d’une grosse batterie.
| Caractéristique | Version de base | Versions les plus puissantes |
|---|---|---|
| Puissance | plus de 1 073 hp (800 kW) | plus de 1 341 hp (1 000 kW) |
| Couple | plus de 1 200 Nm | plus de 1 400 Nm |
| Transmission | propulsion | propulsion |
| Vitesse maxi actuelle | 345 km/h (objectif : 532 km/h) | |
L’objectif de 532 km/h relève pour l’instant de la déclaration d’intention. Seule la valeur de 345 km/h correspond à l’état actuel du développement, et rien ne garantit que l’écart sera comblé avant la production.

La Roadster repose sur un châssis inédit mêlant aluminium et fibre de carbone, avec direction et freinage pilotés électroniquement (steer-by-wire et brake-by-wire) et disques en carbone-céramique. Sa batterie haute tension de 800 à 1 000 volts utilise des cellules lithium-ion à base de nickel développées spécifiquement pour ce modèle. Tesla n’a pas communiqué la capacité en kWh, donnée pourtant centrale pour juger de l’efficacité réelle de la voiture.
Côté recharge, Tesla annonce sa batterie la plus rapide à ce jour : 500 kW de puissance maximale sur une borne Supercharger V4. Selon Moravy, passer de 15 à 85 % prendrait 10 minutes. En décharge, le pack peut délivrer jusqu’à 1 000 kW. La trappe de recharge se cache derrière l’aileron arrière.
En conduite normale, Tesla évoque 310 à 320 miles, soit 499 à 515 km avec une seule charge. En 2017, Elon Musk avait annoncé 998 km (620 miles) pour la seconde génération de Roadster. L’écart est énorme, mais il s’explique en partie par le positionnement du modèle : une sportive pensée pour la piste et les routes sinueuses, pas pour les longs trajets sur autoroute.
Pour vous, la leçon est simple : une valeur d’autonomie « normale » dépend fortement du style de conduite. Avec plus de 1 000 ch disponibles, un usage sportif fera fondre ces 500 km bien plus vite, et la recharge rapide à 500 kW ne sera exploitable que sur les rares bornes capables de la fournir. En France, très peu de stations publiques dépassent 350 kW aujourd’hui.
La Roadster n’est pas un vrai roadster : la partie vitrée supérieure des portes papillon se retire pour former un T-top, comme sur la Corvette de troisième génération. Des ventilateurs actifs à double mode plaquent la voiture au sol pour augmenter l’appui, ou créent un effet Venturi en aspirant l’air de l’avant vers l’arrière. Ils sont rétractables pour éviter les débris sur la route, et d’autres éléments d’aérodynamique active sont répartis sur la carrosserie.
L’option la plus étonnante est la version Thrust. Deux places seulement, et un coffre occupé par un réservoir pressurisé de 200 litres qui projette de l’air comprimé via des conduits de longueur identique. Un plein dure environ 5 à 6 secondes et permettrait de passer de 0 à 100 km/h en moins de 1,1 seconde. Le remplissage à l’azote haute pression demande aujourd’hui 2 à 6 heures, et Tesla travaille sur un système de moins de 30 minutes.
Les chiffres sont impressionnants, mais plusieurs données clés manquent encore, dont la capacité de la batterie et le prix. L’autonomie réduite de moitié montre que Tesla a révisé ses ambitions à la baisse, ce qui rend le discours plus crédible. Pour les automobilistes français, la Roadster restera un objet de vitrine, mais ses technologies de recharge et de gestion de la batterie pourraient se retrouver, en version assagie, sur des modèles plus accessibles.
L’avis de Rouleur électrique
Très peu de conducteurs en France verront un jour une Roadster de près, et encore moins la conduiront. Son intérêt est ailleurs : elle sert de laboratoire pour des technologies que Tesla pourrait décliner. Une batterie capable d’encaisser 500 kW sans surchauffer, une architecture 800 V ou des commandes électroniques de direction et de freinage finissent généralement par descendre dans les gammes plus abordables, avec des performances réduites.
Gardez aussi un œil sur les promesses chiffrées. La date de 2028, la vitesse de 532 km/h et le pack Thrust restent à confirmer, et l’histoire de la Roadster, annoncée une première fois en 2017, invite à la prudence. Tant que la production n’aura pas démarré à Austin, ces données serviront surtout à mesurer jusqu’où Tesla peut pousser sa technologie de batterie.
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