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Si vous suivez l’actualité automobile électrique depuis quelques années, le nom Tesla Roadster vous évoque sans doute autant la promesse d’une supercar époustouflante que la frustration d’une attente qui dure depuis bientôt neuf ans. La dernière information en date, révélée par The Information citant quatre sources proches du dossier, confirme que la démonstration publique du Roadster nouvelle génération est désormais attendue en août 2026 au plus tôt, une fois encore en Texas. Difficile de s’enthousiasmer à ce stade, mais le détail technique au cœur de ce report mérite qu’on s’y attarde.
Le Roadster a été dévoilé sous forme de prototype en novembre 2017 avec une promesse de mise en production pour 2020. Depuis, Elon Musk a repoussé l’échéance au moins huit fois. En octobre 2025, il annonçait un événement de dévoilement pour le 1er avril 2026 — le jour du poisson d’avril — en admettant publiquement que cette date lui offrait une “plausible dénégation” en cas de nouveau report. Évidemment, avril 2026 est passé sans Roadster. Direction fin mai ou début juin, selon un message posté sur X. Et maintenant, août. Peut-être.
Ce glissement perpétuel n’est plus vraiment une surprise, mais il prend une dimension particulière quand on réalise que le dernier événement public lié au véhicule remonte à l’introduction du Cybercab en octobre 2024. Lors de la réunion des actionnaires de novembre 2025, Musk avait évoqué une production démarrant entre 2027 et 2028. En mars 2026, le mot “démonstration” avait laissé place à “dévoilement”. Lors des résultats du premier trimestre 2026, la formule employée était “peut-être dans un mois environ”. Vous voyez le schéma.
Le point le plus concret de ce rapport concerne la technologie que Tesla souhaite mettre en scène lors de cet événement. Le constructeur travaille en collaboration avec SpaceX sur un système de propulseurs à gaz froid, baptisé en interne “A71”. L’objectif affiché est de décupler les capacités d’accélération du Roadster et, selon les déclarations répétées de Musk depuis 2018, de permettre au véhicule de décoller brièvement du sol.
Selon deux des sources de The Information, Tesla et SpaceX ont présenté une démonstration interne du système A71 à Elon Musk fin avril 2026. Ce calendrier interne explique en partie pourquoi l’événement public a continué de reculer : on ne présente pas au monde quelque chose qu’on teste encore en interne quelques semaines avant. Tesla prévoit de commercialiser une édition limitée “SpaceX” intégrant ce système, ainsi qu’une version plus standard sans les propulseurs. Le package SpaceX remplacerait les sièges arrière par une batterie de propulseurs — environ dix d’après Musk — pour améliorer l’accélération, le freinage et la tenue en courbe. Les performances théoriques annoncées sont les suivantes :
Ces chiffres, aussi spectaculaires soient-ils sur le papier, n’ont jamais été vérifiés en conditions réelles par des testeurs indépendants. Et tant que ce ne sera pas le cas, ils resteront dans la catégorie des promesses.
Derrière les annonces et les reports, il y a des acheteurs bien réels qui patientent depuis près d’une décennie. Les premiers réservants ont versé 50 000 dollars dès 2017 pour sécuriser leur place dans la file d’attente. Les acheteurs de la “Founders Series” ont, eux, engagé 250 000 dollars. Aucun n’a encore reçu de véhicule de production.
L’épisode Sam Altman, PDG d’OpenAI, a mis en lumière le malaise autour de ce dossier. En octobre 2025, il a tenté d’annuler sa réservation et a découvert que l’adresse email dédiée aux réservations avait tout simplement été désactivée. Pendant ce temps, des constructeurs comme Rimac, Lotus ou encore Xiaomi ont livré des véhicules électriques haute performance à leurs clients. La Rimac Nevera, par exemple, est en circulation depuis plusieurs années avec des performances mesurées et validées. Le Roadster, lui, reste un concept de 2017 rafraîchi par des promesses renouvelées.
L’existence d’un nom de code interne, d’une démonstration privée en avril et de deux variantes prévues à la commercialisation indique qu’un travail d’ingénierie réel est en cours. Ce n’est pas rien. Mais il y a une distance considérable entre un prototype fonctionnel présenté en interne et un véhicule que vous pouvez commander, conduire et recevoir dans un délai raisonnable.
La question que beaucoup se posent est légitime : si le Roadster a autant tardé parce que Musk voulait l’équiper d’un système de propulseurs à réaction issus de l’aérospatiale, est-ce vraiment la priorité pour un constructeur automobile qui revendique une mission centrée sur la transition énergétique ? Un véhicule capable de décoller légèrement du sol générera assurément une couverture médiatique massive. Mais il ne changera pas grand-chose à la réalité quotidienne des conducteurs, ni à la compétitivité de Tesla face à des rivaux qui, eux, livrent leurs voitures. Si août 2026 arrive sans démonstration publique, personne ne sera vraiment surpris — et c’est peut-être le signe le plus révélateur de l’état de ce projet.
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