Voitures électriques chinoises : seules ces marques survivront réellement en Europe
Le marché des voitures électriques chinoises en Europe ressemble davantage à un feu de paille qu’à un véritable tsunami. Malgré […]
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La marque japonaise a confirmé le développement d’une version 100% électrique de sa populaire Yaris, sans pour autant préciser de date de lancement précise. Cette annonce s’inscrit dans un contexte où Toyota intensifie ses efforts dans le domaine de l’électrification, mais privilégie d’abord d’autres segments de marché jugés plus stratégiques à court terme.
Toyota vient de dévoiler une offensive majeure sur le marché européen avec trois nouveaux SUV électriques prévus d’ici la fin de l’année. Andrea Carlucci, directeur marketing et développement produit de Toyota Europe, a confirmé à Autocar que si une Yaris électrique fait bien partie des projets de la marque, “le moment n’est pas encore venu” pour son lancement.
La firme d’Aichi a délibérément choisi de concentrer ses premiers efforts d’électrification sur les segments en plus forte croissance. Les trois SUV électriques annoncés couvriront les segments B, C et D, que Toyota qualifie de “cœur du marché automobile européen”. Cette stratégie n’est pas surprenante quand on sait que les SUV représentent désormais plus de 45% des ventes sur le Vieux Continent.
Le trio de nouveautés comprend le bZ4X remanié, qui bénéficie d’une autonomie accrue, d’une recharge plus rapide et d’un design amélioré, ainsi que le C-HR+ et l’Urban Cruiser, deux SUV électriques de taille plus compacte.
La Yaris n’est pas n’importe quel modèle pour Toyota. En 2023, elle représentait plus de 20% des ventes totales de la marque au Royaume-Uni, se positionnant comme son véhicule le plus vendu sur ce marché. À l’échelle européenne, elle occupe la deuxième place des meilleures ventes du constructeur.
Une version électrique de cette citadine emblématique constitue donc un enjeu majeur pour Toyota, surtout dans un contexte européen où les réglementations sur les émissions se durcissent et où plusieurs métropoles envisagent des restrictions pour les véhicules thermiques.
Actuellement, Toyota propose déjà la Yaris Cross en version hybride, aux côtés d’autres modèles électrifiés comme la Corolla Cross, le C-HR et le RAV4. L’ajout d’une Yaris entièrement électrique complèterait logiquement cette gamme.
Avec trois nouveaux SUV électriques prévus pour 2025 et trois autres modèles programmés pour l’année suivante (possiblement un pick-up, un fastback et un autre SUV), le calendrier de Toyota est déjà bien chargé. Scott Thompson, président de Toyota UK, a simplement indiqué qu'”il y aura un moment et un lieu” pour la Yaris électrique, sans plus de précisions.
Les analystes estiment que le lancement de la Yaris électrique pourrait intervenir à l’horizon 2029-2030, soit dans la dernière phase du plan d’électrification du constructeur. Cette temporalité n’est pas anodine : elle coïncide avec les promesses de Toyota concernant des améliorations significatives dans les technologies de batteries, les logiciels et autres composants essentiels des véhicules électriques.
| Modèle | Segment | Date de lancement prévue |
|---|---|---|
| bZ4X remanié | SUV segment C | Fin 2025 |
| C-HR+ | SUV compact | Fin 2025 |
| Urban Cruiser | SUV segment B | Fin 2025 |
| Yaris électrique | Citadine segment B | Vers 2029-2030 |
Si Toyota n’a communiqué aucun détail technique concernant sa future Yaris électrique, plusieurs éléments permettent d’imaginer son positionnement. Actuellement, la Yaris Hybride démarre à environ 23.140 £ au Royaume-Uni (environ 27.500 €), ce qui laisse présager un prix d’entrée autour de 32.000-35.000 € pour la version électrique.
Pour être compétitive face aux modèles chinois et sud-coréens qui arrivent sur le marché, la Yaris électrique devra offrir:
Toyota pourrait également capitaliser sur son expertise en matière de durabilité des batteries, acquise grâce à ses décennies d’expérience dans l’hybridation. La marque affiche régulièrement des taux de dégradation de batterie parmi les plus faibles du marché, un argument qui pourrait séduire les acheteurs préoccupés par la valeur résiduelle de leur véhicule électrique.
Le timing prudent de Toyota pour sa Yaris électrique reflète la stratégie globale du constructeur, qui a longtemps privilégié l’hybridation avant de s’engager plus résolument dans l’électrique pur. Cette approche progressive permet à la marque d’observer l’évolution du marché, notamment en termes d’infrastructures de recharge et d’acceptation des consommateurs.
L’attente jusqu’à 2030 pourrait également coïncider avec l’industrialisation des batteries à état solide, une technologie sur laquelle Toyota investit massivement. Ces batteries promettent une densité énergétique supérieure de 50% aux meilleures batteries lithium-ion actuelles, des temps de charge fortement réduits et une durabilité accrue.
En repoussant le lancement de sa Yaris électrique à la fin de la décennie, Toyota se donne les moyens d’intégrer ces technologies de rupture et de proposer un produit véritablement différenciant, plutôt qu’une simple adaptation électrique de son modèle actuel.
Face à la montée en puissance des constructeurs chinois comme BYD ou MG, qui proposent déjà des citadines électriques à des prix agressifs, cette stratégie comporte des risques. Mais elle est cohérente avec l’approche traditionnelle de Toyota: privilégier la fiabilité et la maturité technologique plutôt que la course à l’innovation à tout prix.
La Yaris électrique, lorsqu’elle arrivera finalement sur nos routes, incarnera probablement la vision de Toyota d’une mobilité électrique accessible, fiable et pensée pour durer.
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