La fraude au compteur kilométrique touche aussi les voitures électriques
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Le partenaire chinois de Volkswagen, Gotion High Tech, vient de franchir une nouvelle étape dans le développement des batteries tout-solide. L’équipementier a démarré les essais en conditions réelles de ses batteries GEMSTONE, capables d’offrir jusqu’à 1 000 km d’autonomie selon le cycle CLTC. Si vous suivez l’actualité des véhicules électriques, vous savez que cette technologie est scrutée de près par l’ensemble de l’industrie. Mais au-delà des annonces, où en est vraiment la montée en puissance de ces batteries nouvelle génération ?
Pour comprendre cette avancée, il faut revenir en 2020, année où Volkswagen a investi environ 1 milliard d’euros dans Gotion High Tech. Cet investissement a permis au constructeur allemand de prendre une participation de 26% au capital du fabricant chinois, devenant ainsi son principal actionnaire. L’accord prévoit que Gotion fournisse différentes chimies de batteries pour les véhicules du groupe Volkswagen, y compris pour la marque Audi.
Les batteries concernées ne se limitent pas aux cellules tout-solide. Gotion produit également des batteries lithium-fer-phosphate (LFP), une technologie qui s’est imposée ces dernières années grâce à son rapport coût-performance avantageux. Ce partenariat illustre la stratégie de diversification des sources d’approvisionnement que poursuivent les grands constructeurs européens face à la domination chinoise sur le marché des batteries.
En mai 2024, Gotion avait déjà franchi une première étape avec sa ligne de production pilote de 0,2 GWh, affichant un taux de rendement de 90%. Aujourd’hui, le fabricant annonce avoir “pratiquement achevé” la conception de sa ligne de production de 2 GWh dédiée aux batteries tout-solide. Cette montée en puissance représente une multiplication par dix de la capacité initiale, signe que l’industrialisation progresse rapidement.
Ce qui retient l’attention, c’est que Gotion a développé l’intégralité de cette ligne de production en interne, avec des équipements sourcés localement en Chine. L’entreprise détient d’ailleurs plus de 30 brevets liés à cette installation. Cette maîtrise complète de la chaîne de production constitue un avantage compétitif non négligeable dans une industrie où les transferts de technologie et la dépendance aux fournisseurs peuvent poser problème.
Lors d’un événement organisé l’été dernier, Gotion a dévoilé les améliorations apportées à la version 2025 de ses batteries GEMSTONE. Les chiffres méritent qu’on s’y attarde :
Ces améliorations techniques se traduisent concrètement par cette autonomie annoncée de 1 000 km selon le cycle CLTC. Vous connaissez certainement les limites de ce cycle d’homologation chinois, plus optimiste que le cycle WLTP européen. Dans la pratique, vous pouvez raisonnablement attendre une autonomie réelle d’environ 800 à 850 km dans des conditions d’utilisation normales.
L’un des principaux défis des batteries électriques reste leur comportement face aux variations de température. Gotion affirme que ses batteries tout-solide ont maintenu leurs performances lors de tests réalisés dans des conditions extrêmes, avec des températures allant de -40°C à 80°C. Si ces résultats se confirment en usage quotidien, cela représenterait une avancée significative pour les utilisateurs vivant dans des régions aux climats rigoureux.
Les batteries lithium-ion classiques perdent généralement entre 20 et 40% de leur autonomie par temps très froid. Cette résistance accrue aux températures extrêmes pourrait donc lever l’une des principales réticences des automobilistes face à l’électrification, particulièrement dans les pays nordiques ou les régions montagneuses.
Gotion ne mise pas uniquement sur les batteries tout-solide. L’entreprise développe simultanément sa technologie G-Yuan quasi-solide, qui offre une densité énergétique de 300 Wh/kg. Cette approche intermédiaire permet également d’atteindre une autonomie supérieure à 1 000 km, tout en présentant potentiellement des coûts de production inférieurs aux batteries entièrement solides.
Cette double stratégie technologique s’inscrit dans une logique industrielle pragmatique. Les batteries quasi-solides pourraient arriver sur le marché plus rapidement et à des tarifs plus accessibles, servant de transition avant la généralisation des batteries tout-solide. Plusieurs constructeurs chinois, dont BYD et CATL, poursuivent des approches similaires, testant différentes chimies pour déterminer laquelle s’imposera commercialement.
D’après les informations disponibles, plusieurs constructeurs automobiles chinois prévoient de tester des batteries tout-solide dans des véhicules en petites séries d’ici fin 2026. La production en volume est quant à elle programmée aux alentours de 2030. Ce calendrier vous donne une idée réaliste de quand ces technologies arriveront réellement sur le marché grand public.
Pour vous qui envisagez l’achat d’un véhicule électrique dans les années à venir, cela signifie que les modèles équipés de batteries solides resteront probablement des véhicules premium ou en édition limitée jusqu’à la fin de la décennie. Les technologies actuelles, notamment les batteries LFP et sodium-ion, continueront donc de dominer le marché de masse dans l’immédiat. Ces chimies alternatives présentent l’avantage de réduire la dépendance aux matières premières critiques comme le cobalt ou le nickel, tout en abaissant les coûts de production. La diversification technologique semble finalement être la voie que privilégie l’industrie pour répondre aux différents segments du marché.
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