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Attaques, scandales, rumeurs : que se passe-t-il vraiment avec les voitures électriques de Xiaomi ?

Philippe Moureau

Les tensions montent dans l’industrie automobile électrique chinoise. Alors que Xiaomi continue son expansion rapide dans ce secteur stratégique, l’entreprise fait face à une offensive médiatique d’une ampleur sans précédent. Cette situation survient à un moment critique pour la marque, qui s’apprête à dévoiler son second modèle électrique. Voici ce que vous devez savoir sur cette affaire qui fait trembler le marché asiatique.

Une opération de désinformation massive dévoilée

L’équipe juridique de Xiaomi vient de mettre au jour ce qu’elle qualifie de campagne de diffamation en ligne “coordonnée” et à “grande échelle”. Selon les informations communiquées par la firme, cette opération serait active depuis décembre 2024 et aurait connu une intensification notable ces derniers mois. Les méthodes employées démontrent un niveau d’organisation sophistiqué : utilisation d’intelligence artificielle pour générer du contenu fallacieux et création de près de 10 000 comptes factices sur différentes plateformes sociales.

Lei Jun, fondateur et PDG de Xiaomi, n’a pas tardé à réagir via ses réseaux sociaux en déclarant : “Internet n’est pas une zone de non-droit. Xiaomi utilisera toutes les mesures légales pour protéger ses droits légitimes contre la diffamation et les attaques malveillantes”. Les autorités chinoises ont d’ores et déjà ouvert une enquête pénale visant plusieurs suspects identifiés.

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Des controverses techniques qui fragilisent l’image de Xiaomi

Cette offensive médiatique exploite plusieurs incidents récents qui ont entaché la réputation de Xiaomi dans le secteur automobile :

  • Un accident tragique survenu le 29 mars 2025 dans la province d’Anhui, impliquant une SU7 et causant trois décès après collision et incendie
  • Le scandale des “doubles conduits d’air” sur la SU7 Ultra, où des éléments présentés comme fonctionnels se sont révélés purement décoratifs
  • Des problèmes de déformation du capot avant sur certains modèles, attribués à une exposition excessive à la chaleur

Ces incidents techniques arrivent au moment même où Pékin renforce drastiquement sa réglementation concernant les batteries des véhicules électriques. À partir de juillet 2026, les constructeurs devront garantir l’absence d’incendies et d’explosions liés aux systèmes de batteries, une exigence particulièrement contraignante pour les nouveaux entrants sur le marché.

Un timing suspect à l’approche de lancements stratégiques

La révélation de cette campagne de dénigrement intervient quelques jours seulement avant la présentation officielle du YU7, second modèle électrique de Xiaomi, prévue le 22 mai. Cette chronologie n’est probablement pas fortuite et pourrait indiquer une manœuvre visant à perturber ce lancement crucial pour l’entreprise.

Parallèlement, Xiaomi s’apprête également à dévoiler sa première puce pour smartphone développée en interne, la Xring O1. Ces deux événements représentent des jalons majeurs dans la stratégie de diversification du groupe, qui investit massivement tant dans les véhicules électriques que dans les semi-conducteurs.

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Les tentatives de compensation face aux clients mécontents

Face aux différentes controverses techniques, Xiaomi a tenté d’apaiser ses clients par diverses mesures correctives. Concernant l’affaire des conduits d’air décoratifs, l’entreprise a présenté des excuses publiques début mai et proposé une compensation financière partielle. Cette offre a cependant été rejetée par plus de 400 propriétaires de SU7 Ultra, estimant la réparation insuffisante.

Pour les problèmes de déformation des capots, le constructeur a mis en place un programme de réparations gratuites. Ces initiatives témoignent de la volonté de Xiaomi de maintenir sa crédibilité sur un marché où sa légitimité est encore fragile, mais elles n’ont visiblement pas suffi à calmer les critiques.

Problème identifiéModèle concernéSolution proposée par Xiaomi
Accident mortelSU7Enquête interne sur les systèmes de sécurité
Conduits d’air facticesSU7 UltraExcuses publiques et compensation financière
Déformation des capotsSU7 UltraProgramme de réparations gratuites

Les enjeux d’une bataille qui dépasse le cadre commercial

Cette affaire illustre les tensions qui accompagnent l’entrée de Xiaomi dans l’industrie automobile électrique. La rapidité avec laquelle l’entreprise, connue principalement pour ses smartphones, a développé son offre automobile dérange visiblement certains acteurs établis. Sa stratégie d’expansion agressive dans les secteurs de haute technologie représente une menace directe pour de nombreux concurrents.

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L’enquête en cours menée par les autorités chinoises pourrait révéler l’identité des commanditaires de cette campagne et leurs motivations réelles. Certains analystes évoquent déjà la possibilité d’une guerre commerciale interne au marché chinois, où la concurrence entre fabricants de véhicules électriques atteint des niveaux de férocité inédits.

Pour Xiaomi, l’enjeu est désormais de restaurer sa crédibilité technique tout en poursuivant son calendrier de lancements. La présentation du YU7 le 22 mai constituera un test crucial pour évaluer l’impact réel de cette campagne de dénigrement sur la perception publique de la marque et sur sa capacité à s’imposer durablement dans le paysage automobile électrique mondial.

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