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Thomas Schäfer, patron de la marque Volkswagen, vient de trancher dans le vif : les petites voitures à essence n’ont plus d’avenir. Cette déclaration forte accompagne le lancement de la nouvelle gamme de véhicules électriques abordables de la marque allemande, qui débutera avec l’ID.Polo au printemps 2026. Une stratégie qui reflète les mutations profondes du marché européen, où les parts de marché électriques ne cessent de progresser.
Dans une interview accordée à Auto Motor und Sport, Schäfer s’est montré catégorique : “Proposer de nouveaux modèles essence dans la classe Polo et en dessous n’a aucun sens au regard des futures réglementations sur les émissions.” Cette position tranche avec l’approche traditionnelle du constructeur, qui proposait systématiquement des motorisations thermiques et électriques sur ses plateformes.
La stratégie de Volkswagen s’articule autour d’un constat économique implacable. Selon le dirigeant, les nouvelles voitures essence seraient “trop chères” dans ce segment, rendant leur commercialisation peu pertinente. Cette analyse prend tout son sens quand on observe l’évolution du marché européen : sur les dix premiers mois de 2025, les véhicules électriques représentent 16,4% des immatriculations, contre 13,2% en octobre 2024.
Schäfer n’épargne pas non plus l’hydrogène, qualifiant cette technologie de “fausse discussion” pour le segment du grand public. Ses arguments sont techniques et économiques : “Il n’y a tout simplement pas assez d’hydrogène vert, la pile à combustible est beaucoup trop chère, et la technologie n’est pas efficace non plus.”
Cette position reflète le pragmatisme du constructeur face aux défis de la décarbonation rapide. Pour Schäfer, “la seule façon de décarboner rapidement les voitures grand public passe par la propulsion électrique”. Un positionnement qui s’appuie sur la nouvelle plateforme MEB+, spécialement développée pour soutenir la gamme électrique d’entrée de gamme de Volkswagen.
La roadmap de Volkswagen se dessine avec précision. L’ID.Polo ouvrira le bal au printemps 2026 avec un prix de départ autour de 25 000 euros, suivi par l’ID.Cross à la mi-2026. Cette version électrique du T-Cross se positionnera sous l’ID.4, actuellement proposé à partir de 35 000 euros.
Le constructeur allemand prépare même un modèle encore plus accessible : l’ID.1, prévue pour 2027, qui remplacera l’e-UP! dans la gamme. Cette stratégie d’étalement des lancements permet à Volkswagen de couvrir progressivement tous les segments du marché de l’entrée de gamme électrique.
| Modèle | Lancement prévu | Prix indicatif | Positionnement |
|---|---|---|---|
| ID.Polo | Printemps 2026 | 25 000 € | Remplaçant électrique de la Polo |
| ID.Cross | Mi-2026 | Non communiqué | Version électrique du T-Cross |
| ID.1 | 2027 | Non communiqué | Remplaçant de l’e-UP! |
Cette offensive électrique intervient alors que les constructeurs chinois et coréens grignotent des parts de marché en Europe. BYD avec le Dolphin Surf, Kia avec l’EV3, et Hyundai avec l’Inster EV démontrent qu’il existe un réel appétit pour les véhicules électriques compacts et abordables.
Les chiffres de l’Association européenne des constructeurs automobiles sont éloquents : la part de marché des voitures essence et diesel a chuté à 36,6% contre 46,3% sur la même période l’année précédente. Cette évolution structurelle du marché justifie la stratégie de Volkswagen, qui mise tout sur l’électrique dans les segments inférieurs.
L’ID.Polo marquera d’ailleurs une première dans l’histoire de Volkswagen : ce sera le premier véhicule électrique de la marque à porter un nom issu de la gamme thermique traditionnelle. Un symbole fort de cette transition assumée vers une mobilité électrifiée, où les petites citadines thermiques appartiennent désormais au passé.
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