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Pékin, fin avril 2026. Le stand de CATL au Salon de l’automobile n’avait rien d’un simple showroom. C’était une démonstration de force technologique, calme et méthodique, avec des cellules exposées sous verre et des ingénieurs disponibles pour répondre aux questions les plus pointues. Si vous doutiez encore de la capacité des voitures électriques à concurrencer sérieusement le moteur thermique sur les deux arguments qui faisaient encore défaut — l’autonomie et la vitesse de recharge — ce que le géant chinois vient de présenter mérite votre attention.
CATL, rappelons-le, est le premier fabricant mondial de batteries pour véhicules électriques, fournissant aussi bien Tesla que BMW, Volkswagen ou encore des constructeurs chinois comme Nio et Geely. Ce que cette entreprise annonce aujourd’hui ne relève pas du concept de salon : ce sont des technologies en voie de production de masse, dont certaines seront disponibles dès la fin 2026. Trois grandes familles de batteries étaient présentées : le sodium (Naxtra), la Shenxing et la Qilin. Voici ce que vous devez savoir sur chacune d’elles.
La troisième génération de la batterie Shenxing est probablement celle qui parle le plus immédiatement aux automobilistes. Il s’agit d’une chimie LFP (lithium-fer-phosphate), sans cobalt, reconnue pour sa durabilité et son coût de production maîtrisé. Son point faible historique — une densité énergétique inférieure aux chimies NMC — a été largement compensé par un travail considérable sur la vitesse de charge. CATL annonce une résistance interne réduite de moitié par rapport à la moyenne du secteur, ce qui permet d’accepter des puissances de charge absolument inédites.
Les chiffres avancés parlent d’eux-mêmes. La Shenxing 3e génération peut encaisser une charge avec un pic à 15C, ce qui représente, pour une batterie de 100 kWh, une puissance instantanée de 1 500 kW. Concrètement, CATL promet un passage de 10 à 80 % en 3 minutes et 44 secondes, et une charge quasi complète en moins de 7 minutes dans des conditions idéales. Même par -30 °C, grâce à un système d’impulsions auto-chauffantes intégré, il ne faudrait que 9 minutes pour passer de 20 à 98 %. Pour comparaison, BYD et son système Flash Charging 2 — qui arrivera en France cet été — annonce respectivement 6, 9 et 12 minutes pour les mêmes seuils. La Shenxing fait donc mieux sur le papier, et ce, avec une chimie LFP réputée moins réactive.
Là où la Shenxing mise tout sur la vitesse de recharge, la gamme Qilin joue une partition différente : la densité énergétique. Cette famille s’appuie sur une chimie NMC (nickel-cobalt-manganèse) et vise les véhicules haut de gamme pour lesquels l’autonomie est une priorité absolue. La Qilin de troisième génération atteint déjà 280 Wh/kg, ce qui permet de réduire l’encombrement du pack de 122 litres par rapport à un équivalent LFP, et d’abaisser le plancher des véhicules de 18 mm — un détail qui a des conséquences directes sur l’habitabilité et le centre de gravité.
Mais c’est la variante « Qilin Condensée » qui représente la rupture la plus franche. Elle intègre un électrolyte à l’état condensé et affiche une densité de 350 Wh/kg, un niveau qui n’avait jusqu’ici pas dépassé le stade expérimental à grande échelle. C’est cette version qui ouvre la voie aux 1 500 km d’autonomie revendiqués par CATL. À titre de référence, un pack complet de 125 kWh suffisant pour environ 1 000 km ne pèserait que 650 kg, ce qui reste dans des ordres de grandeur raisonnables pour un SUV ou une berline premium. Moins de masse, c’est aussi moins de consommation, moins d’usure des pneumatiques et un comportement dynamique amélioré — trois arguments que les détracteurs des voitures lourdes ne pourront plus sortir aussi facilement.
| Batterie | Chimie | Densité énergétique | Point fort |
|---|---|---|---|
| Shenxing 3e gen. | LFP | Non communiquée | Recharge ultra-rapide (15C, 3 min 44 s de 10 à 80 %) |
| Qilin 3e gen. | NMC | 280 Wh/kg | Compacité, gain de 122 L vs LFP équivalent |
| Qilin Condensée | NMC condensé | 350 Wh/kg | Jusqu’à 1 500 km d’autonomie |
| Naxtra (sodium) | Na-ion | Inférieure au NMC | Sans lithium, robustesse au froid, coût très bas |
Le troisième axe présenté par CATL est peut-être celui qui aura le plus d’impact sur le long terme pour le grand public. La batterie Naxtra, basée sur une chimie Na-ion (sodium-ion), entre en production de masse d’ici la fin 2026. Son intérêt fondamental : elle ne contient pas de lithium. L’élément actif est le sodium, extrait notamment de l’eau de mer, abondant et nettement moins coûteux à produire. Cela représente une piste sérieuse pour réduire la dépendance aux chaînes d’approvisionnement en lithium, souvent concentrées dans quelques pays.
Les freins techniques qui empêchaient sa production à grande échelle — principalement le contrôle de l’humidité pendant la fabrication et la gestion des dégagements gazeux — seraient désormais résolus selon CATL. Wu Kai, scientifique en chef du groupe, l’a formulé clairement lors de la conférence : « Les batteries au sodium offrent un vaste potentiel pour les températures extrêmes et les applications de stockage d’énergie. L’industrie des batteries lithium-ion doit poursuivre un développement coordonné à travers de multiples systèmes chimiques. » L’objectif de la Naxtra n’est pas d’atteindre les 1 500 km de la Qilin, mais de proposer des packs très robustes par grand froid et financièrement accessibles, en particulier pour les citadines d’entrée de gamme — un segment encore sous-développé dans le monde de l’électrique.
Sur le stand de CATL, une démonstration en live venait compléter le tableau : le système Choco-Swap, une station d’échange de batteries entièrement automatisée. Un robot se glisse sous le plancher du véhicule, désolidarise le pack déchargé et installe un pack plein en moins de 5 minutes. Le principe n’est pas nouveau — Nio le propose en Europe depuis 2022 avec ses Power Swap Stations — mais CATL industrialise l’approche à une échelle autrement plus ambitieuse.
En Chine, plusieurs milliers de stations de ce type sont déjà en service. En Europe, on n’en compte pas encore une centaine. L’idée de remplacer l’accumulateur plutôt que de le recharger répond à un problème simple : peu importe la vitesse de charge si les bornes capables d’en tirer parti restent rares. Sur ce point, les choses bougent également : BYD s’est engagé à déployer 3 000 bornes de 1 500 kW en Europe en 2026, et une Denza Z9GT équipée de la nouvelle batterie BYD se recharge en 12 minutes sur une borne 350 kW, soit le standard déjà présent sur les autoroutes françaises depuis plusieurs années.
Ce qui se dessine, c’est une convergence : des batteries plus denses, plus rapides à charger et moins chères à produire, couplées à une infrastructure qui monte en puissance. Les modèles déjà disponibles donnent une idée de ce qui arrive : la BMW i3 dépasse les 900 km d’autonomie WLTP grâce aux cellules 4695, et les Zeekr se rechargent en 7 minutes sur les versions destinées au marché chinois. Les versions européennes devront attendre, mais l’écart entre les deux marchés se comble à mesure que les volumes de production augmentent. Le thermique a encore de beaux jours devant lui dans certaines régions du monde, mais ses arguments les plus solides — l’autonomie et le temps de recharge — sont désormais sérieusement mis à l’épreuve.
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