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Sur les quelque 2 500 modèles automobiles disponibles dans le monde en 2025, pas moins de 630 étaient des voitures électriques à batterie. Un choix pléthorique, en apparence. Pourtant, les acheteurs se sont massivement concentrés sur une poignée de modèles. Cinq véhicules seulement ont suffi à capter environ 20 % de la totalité des ventes mondiales de véhicules électriques. Voilà un chiffre qui mérite qu’on s’y arrête.
Sans grande surprise, le Tesla Model Y trône au sommet du classement. Selon les données de l’Agence Internationale de l’Énergie (AIE), il représente à lui seul près de 8 % de l’ensemble des ventes mondiales de voitures électriques en 2025. Son compatriote le Model 3 suit avec environ 3,6 % de part de marché. Deux modèles américains bien connus des amateurs de mobilité électrique, qui confirment la solidité commerciale de la marque californienne.
Mais ce sont les trois places suivantes qui retiennent vraiment l’attention. Derrière les deux Tesla se glissent trois modèles chinois que vous n’avez probablement jamais vus dans une rue française : la Geely Geome Xingyuan avec 3,5 % de parts de marché, la Wuling HongGuang Mini avec 3,1 %, et la BYD Seagull avec 3,0 %. Des scores remarquables pour des véhicules quasi invisibles hors des frontières asiatiques.
Ce qui distingue fondamentalement ces trois modèles des Tesla, c’est leur tarif. Tous démarrent à moins de 10 000 dollars en Chine, soit l’équivalent de moins de 9 200 euros au cours actuel. Pour mettre les choses en perspective : le Model Y le moins cher s’affiche à 39 990 dollars aux États-Unis, et à 36 700 dollars en Chine, marché pourtant réputé plus compétitif.
Ces trois voitures ne sont pas non plus dépourvues de contenu technique. Voici un aperçu de ce qu’elles proposent :
Ces chiffres illustrent une réalité souvent ignorée en Europe : il est possible de produire une voiture électrique fonctionnelle et accessible à grande échelle. La question n’est plus technologique, elle est avant tout économique et industrielle.
L’AIE souligne un écart saisissant entre les marchés. En Chine, 30 % des véhicules électriques vendus affichent un prix inférieur à 20 000 dollars. Aux États-Unis, seulement 20 % des modèles disponibles passent sous la barre des 40 000 dollars. Cette divergence n’est pas anodine : elle reflète des politiques industrielles, des structures de coûts et des habitudes d’achat radicalement différentes.
En Amérique du Nord comme en Europe, 85 % des véhicules électriques vendus sont des SUV ou de grands gabarits. Les constructeurs y privilégient les marges élevées sur les segments premium, au détriment de l’accessibilité. En Chine, c’est l’inverse : la guerre des prix entre constructeurs nationaux tire les tarifs vers le bas, et les petites voitures à faible capacité de batterie s’écoulent en volumes considérables, notamment dans les marchés émergents d’Asie du Sud-Est, où leur prix réduit constitue le principal argument d’achat.
Si vous pensez que le choix est déjà large aujourd’hui, attendez quelques années. Selon l’AIE, le nombre de modèles électriques sur le marché mondial a plus que doublé entre 2020 et 2025, passant de 440 à 980 références. En 2026, 150 nouveaux modèles supplémentaires sont attendus, et la tendance ne montre aucun signe de ralentissement.
L’agence anticipe que ce chiffre pourrait atteindre 1 250 modèles électriques d’ici 2029, contre 1 580 modèles thermiques et hybrides encore attendus à cette date. L’écart se resserre considérablement, et il n’est pas exclu qu’il se comble plus tôt que prévu si la dynamique actuelle se maintient. Ce qui est certain, en revanche, c’est que le marché de masse du véhicule électrique se joue aujourd’hui davantage à Shenzhen qu’à Fremont — et que les chiffres de ventes mondiales en sont la preuve la plus concrète.
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