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Au Salon de Tokyo 2025, Toyota a réaffirmé son engagement à commercialiser son premier véhicule électrique équipé de batteries solides d’ici 2028. Une promesse que le constructeur japonais répète depuis près d’une décennie, avec des reports successifs qui interrogent sur la crédibilité de cette technologie tant attendue. Keiji Kaita, président du Centre de développement d’ingénierie avancée carbone neutre de Toyota, confirme que l’entreprise respecte son calendrier, malgré les sceptiques.
Cette technologie promet de tripler l’autonomie des véhicules électriques tout en divisant par deux le temps de charge. Des performances qui pourraient révolutionner le marché, si elles se concrétisent enfin après tant d’annonces non tenues.
Toyota évoque les batteries solides depuis 2016, avec un premier objectif de commercialisation fixé à 2020, puis repoussé à 2023, et maintenant à 2028. Ce nouveau délai s’accompagne d’un partenariat stratégique avec Sumitomo Metal Mining Co. pour la production de masse de cette technologie révolutionnaire. L’objectif affiché : “réaliser la première utilisation pratique au monde des batteries tout-solide dans les véhicules électriques”.
Le prototype de pack de batteries présenté par Toyota revendique une autonomie de 1 200 kilomètres avec un temps de charge inférieur à 10 minutes. Des chiffres impressionnants qui placeraient Toyota en tête de la course technologique, à condition que la production industrielle suive les promesses du laboratoire. Keiji Kaita souligne que ces batteries offrent “une puissance élevée, un format compact et une longue autonomie”, trois critères essentiels pour l’adoption massive des véhicules électriques.

Les batteries solides représentent un saut technologique majeur par rapport aux batteries lithium-ion actuelles. Toyota met en avant plusieurs caractéristiques qui pourraient transformer l’expérience des conducteurs de véhicules électriques :
Hiroki Nakajima, directeur technique de Toyota, précise que cette technologie pourrait techniquement s’intégrer aux plateformes actuelles, mais qu’elle sera optimisée sur une plateforme dédiée. Cette approche permettra d’exploiter pleinement le potentiel des batteries solides, notamment leur format réduit qui libère de l’espace dans l’habitacle.
Toyota ne mise pas uniquement sur ses propres capacités de développement. Le constructeur s’appuie sur un écosystème de partenaires japonais pour créer une filière complète de production. Idemitsu Kosan construira une usine de production de sulfure de lithium, matière première clé des batteries solides, avec une capacité de 1 000 tonnes métriques par an. Cette installation devrait être opérationnelle dès 2027.
Cette démarche s’inscrit dans la stratégie japonaise de réduction de la dépendance vis-à-vis de la Chine et de la Corée du Sud pour l’approvisionnement en batteries. Toyota fait partie d’un consortium d’entreprises investissant 1 000 milliards de yens (environ 7 milliards de dollars) dans la production locale de batteries pour véhicules électriques.
Pendant que Toyota multiplie les annonces, ses concurrents passent aux actes. Mercedes-Benz a déjà mis sur route en février 2025 “la première voiture alimentée par une batterie solide lithium-métal”, parcourant près de 1 205 kilomètres avec un EQS équipé de cette technologie. Le constructeur allemand vise une production en série d’ici la fin de la décennie.
Les géants chinois ne restent pas inactifs. CATL et BYD, qui représentent plus de la moitié des ventes mondiales de batteries pour véhicules électriques, prévoient d’introduire leurs batteries solides vers 2027, avec une production de masse vers 2030. SAIC MG revendique même avoir commercialisé la “première voiture électrique semi-solide produite en série au monde” avec la MG4.
| Constructeur | Statut | Calendrier |
|---|---|---|
| Toyota | Prototype | 2028 |
| Mercedes-Benz | Tests routiers | Fin 2020s |
| CATL/BYD | Développement | 2027-2030 |
| SAIC MG | Semi-solide commercialisé | 2025 |
Au-delà des performances pures, Toyota mise sur l’argument environnemental pour justifier ses investissements dans les batteries solides. Keiji Kaita explique que l’objectif prioritaire consiste à “réduire l’empreinte carbone” en diminuant les émissions de CO2 lors de la fabrication des matériaux. La durée de vie prolongée de ces batteries contribuerait également à réduire l’impact environnemental global des véhicules électriques.
Cette approche holistique répond aux critiques concernant l’impact écologique de la production de batteries actuelles. Toyota espère ainsi réconcilier performance et responsabilité environnementale, deux enjeux cruciaux pour l’acceptation des voitures électriques par le grand public.
Le mystère demeure sur le premier modèle qui recevra cette technologie révolutionnaire. Kaita se contente de déclarer avec malice : “Que ce soit une Lexus ou une Toyota, nous laissons cela à votre imagination.” Le concept Corolla électrique présenté au Salon de Tokyo pourrait donner des indices sur les intentions du constructeur japonais, qui devra cette fois tenir ses promesses pour crédibiliser une décennie d’annonces.
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