Subaru abandonne ses voitures électriques : retraite stratégique ou aveu d’échec ?
Subaru vient d’annoncer l’abandon sine die de son programme de véhicules électriques développés en interne. Plus de date cible, plus […]
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Tesla vient de publier un message sur X annonçant son intention d’étendre le logiciel FSD V14 Lite aux véhicules équipés du matériel HW3 dans les marchés internationaux. Sauf que cette annonce, formulée avec suffisamment de précautions pour ne rien promettre de concret, intervient dans un contexte particulièrement tendu. Les propriétaires européens de voitures Tesla dotées du HW3 se sentent tout simplement abandonnés — et ils ont de bonnes raisons de l’être.
Tout a commencé ce mois d’avril 2026, lorsque Tesla a obtenu l’approbation du FSD Supervisé aux Pays-Bas, une première en Europe. La bonne nouvelle s’est rapidement transformée en mauvaise nouvelle pour une large partie des utilisateurs : cette homologation ne concerne que les véhicules équipés du matériel HW4. Les propriétaires HW3, eux, ont été mis sur la touche.
Le problème, c’est que certains de ces propriétaires ont payé jusqu’à 6 400 € pour la fonctionnalité “Full Self-Driving” dès 2019 — soit il y a maintenant sept ans. À l’époque, Tesla leur avait vendu la promesse explicite que leur voiture disposait de « tout le matériel nécessaire pour la conduite autonome complète ». Un propriétaire néerlandais a donc lancé une plateforme de recours collectif, et environ 3 000 propriétaires issus de 29 pays ont rejoint la démarche, représentant au total 6,5 millions d’euros d’achats FSD. Lorsque l’un d’eux a contacté Tesla pour demander des comptes sur une fonctionnalité payée sept ans plus tôt, la réponse de la marque a été de… « patienter ».
Le message publié par Tesla sur X se lit comme suit : la marque prévoit d’étendre V14 Lite aux véhicules HW3 sur les marchés internationaux, mais uniquement après le déploiement américain, lui-même soumis à plusieurs conditions. Voici exactement ce à quoi cette promesse est subordonnée :
Chacune de ces étapes peut prendre plusieurs mois. Et si l’on se fie aux antécédents d’Elon Musk en matière de délais annoncés — régulièrement repoussés —, les propriétaires HW3 en Europe ne verront probablement rien avant fin 2026 au mieux. Et encore, ce qu’ils recevront ne sera pas le FSD complet : V14 Lite est une version allégée du système, qui reste un dispositif d’aide à la conduite de niveau 2, nécessitant une surveillance humaine constante. Tesla l’a d’ailleurs confirmé lors de ses résultats du premier trimestre 2026 : le HW3 « n’a tout simplement pas la capacité d’atteindre un FSD sans supervision ».
La semaine dernière, lors de la présentation des résultats trimestriels, Elon Musk a révélé un autre volet du dossier : Tesla envisage de construire des micro-usines dédiées pour rétrofiter les quelque 4 millions de véhicules HW3 dans le monde avec le nouveau calculateur AI4 et les caméras associées. L’opération ne se résume pas à un simple échange de puce : elle implique de nouvelles caméras, un nouveau calculateur embarqué et une refonte complète du câblage interne.
C’est là où la situation devient franchement absurde. Tesla a vendu pendant des années la promesse que ses voitures étaient “prêtes pour l’autonomie”. La marque doit maintenant construire des usines entières pour corriger un matériel qu’elle présentait comme suffisant. Et comme pour enfoncer le clou, Tesla a annoncé le HW4 Plus — avec une mémoire doublée — le lendemain même de ces annonces. Ce qui amène une question légitime : dans quelques années, les propriétaires HW4 actuels vivront-ils exactement la même situation que les HW3 aujourd’hui ?
| Matériel | FSD disponible en Europe | Version accessible | Niveau d’autonomie |
|---|---|---|---|
| HW3 | Non (pour l’instant) | V14 Lite (promis, sans date) | Niveau 2 – supervision requise |
| HW4 | Oui (Pays-Bas, avril 2026) | FSD Supervisé complet | Niveau 2+ – supervision requise |
| HW4 Plus | À venir | Non encore déployé | À définir |
Le message posté sur X par Tesla ressemble avant tout à une tentative de limiter les dégâts juridiques. Le recours collectif européen, le mécontentement grandissant en Australie et la pression croissante de milliers de propriétaires réclamant un remboursement ont visiblement alerté la marque. Mais publier un tweet vague n’est pas une réponse : c’est une stratégie de temporisation.
Ce qui rend la situation particulièrement difficile à avaler pour ces propriétaires, c’est le gouffre entre ce qui a été vendu et ce qui est livré. Payer 6 400 € pour une fonctionnalité promise comme imminente en 2019, attendre sept ans, puis se voir offrir une version allégée d’un logiciel de niveau 2 — dont le déploiement reste lui-même soumis à des incertitudes — c’est une déception qui va bien au-delà d’un simple retard technologique. Les prochains mois seront déterminants pour savoir si Tesla choisit d’agir concrètement ou de continuer à gérer cette crise à coups de promesses sans date.
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