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On les attendait aux portes de l’Europe avec leurs voitures expédiées par containers depuis la Chine. Certaines marques chinoises ont décidé de passer à la vitesse supérieure en s’installant directement sur le sol européen. Hongqi, la marque de luxe du groupe FAW, semble avoir trouvé un itinéraire plus court que prévu pour accélérer son implantation sur le continent. Et cet itinéraire passe, selon toute vraisemblance, par une usine espagnole de Stellantis.
Selon des informations relayées par Reuters, Hongqi serait actuellement en négociations avec Stellantis pour utiliser l’une de ses usines en Espagne afin d’y assembler ses véhicules. Ce qui rend cette opération particulièrement intéressante, c’est qu’elle serait pilotée via Leapmotor, la marque chinoise de voitures électriques dans laquelle FAW et Stellantis sont tous deux investisseurs. On est donc face à un montage industriel pensé pour contourner les droits de douane européens sur les véhicules électriques fabriqués en Chine, qui peuvent atteindre des niveaux particulièrement dissuasifs depuis les décisions de Bruxelles en 2024.
Cette stratégie n’est pas isolée. De plus en plus de constructeurs chinois cherchent à produire localement pour éviter ces surcoûts et pour rassurer des consommateurs européens encore méfiants vis-à-vis des importations chinoises. Fabriquer en Europe, c’est aussi une façon de se rapprocher des attentes locales, de réduire les délais de livraison et de bénéficier d’une image “made in Europe” qui peut faire la différence au moment de l’achat. Pour Hongqi, passer par une infrastructure Stellantis existante permet de gagner un temps précieux sans mobiliser des milliards dans la construction d’une gigafactory sur le continent.
Si vous ne connaissez pas Hongqi, sachez que son histoire est loin d’être anodine. Le nom se traduit littéralement par “drapeau rouge” et la marque a été fondée en 1958, à une époque où Mao Zedong voulait doter la Chine d’une marque automobile nationale à la hauteur de son ambition politique. Pendant des décennies, les grandes limousines Hongqi ont servi de véhicules officiels aux dignitaires du Parti communiste chinois, ce qui lui confère un bagage historique et symbolique radicalement différent de celui de BYD, Nio ou Xpeng.
Ce positionnement politique est à double tranchant en Europe. D’un côté, cette profondeur historique peut lui valoir une certaine crédibilité et une identité forte, là où d’autres marques chinoises peinent encore à exister dans l’imaginaire des automobilistes européens. De l’autre, cette association directe avec l’appareil d’État chinois peut susciter des réticences, notamment dans un contexte géopolitique tendu. La question n’est pas tranchée, mais elle mérite d’être posée clairement : est-ce que les acheteurs européens de voitures de luxe accepteront de rouler dans une marque aussi chargée politiquement ? La réponse appartient au marché.
Hongqi ne se contente pas de tâter le terrain discrètement. Ses objectifs sont clairement formulés et assez ambitieux :
Parmi les modèles déjà visibles sur le marché européen, le Hongqi E-HS9 est le SUV électrique premium qui sert de fer de lance à la marque sur le continent. Grand, imposant, bien équipé, il se positionne directement face aux BMW iX, Mercedes EQS SUV et autres Audi Q8 e-tron. La batterie de 120 kWh offre une autonomie annoncée proche de 460 km selon le cycle WLTP, avec une puissance maximale de 551 chevaux pour les versions les plus musclées. Le 0 à 100 km/h est abattu en environ 4,9 secondes, ce qui reste dans la norme attendue pour ce segment.
Le cas Hongqi illustre une tendance plus large qui redessine la carte industrielle automobile européenne. Face aux surtaxes douanières pouvant dépasser 35 % sur les véhicules électriques importés de Chine, plusieurs marques ont compris qu’assembler en Europe n’est plus une option parmi d’autres, mais une nécessité commerciale. BYD a déjà annoncé une usine en Hongrie, Chery a des accords en Espagne également, et d’autres pourraient suivre.
Ce qui distingue la démarche de Hongqi, c’est le choix de s’appuyer sur un partenaire industriel déjà installé plutôt que de partir de zéro. Stellantis, qui gère des sites de production en Espagne notamment à Vigo et Saragosse, dispose d’une capacité industrielle modulable et d’une expertise logistique bien rodée. Utiliser ces infrastructures existantes réduit les risques financiers et accélère considérablement le calendrier de mise en production. C’est une approche pragmatique, cohérente avec la logique d’un groupe comme FAW qui préfère avancer vite plutôt que d’attendre l’inauguration d’une nouvelle usine dans plusieurs années.
Pour vous, en tant qu’acheteur potentiel de voitures électriques premium, cela signifie que des modèles Hongqi assemblés en Europe pourraient arriver plus rapidement que prévu dans les concessions, avec des prix potentiellement plus compétitifs grâce à l’absence de droits de douane. Si les négociations avec Stellantis aboutissent, les premières unités produites en Espagne pourraient voir le jour avant la fin de la décennie.
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