Le marché électrique en France ne s’est jamais aussi bien porté, et de loin
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Xpeng s’installe progressivement dans le paysage automobile européen, et ce n’est pas qu’une question d’image. Le constructeur chinois, connu pour ses berlines et SUV électriques haut de gamme, a fait le choix pragmatique d’assembler ses véhicules sur le sol européen, chez Magna Steyr à Graz, en Autriche. Trois modèles y sont déjà produits, et un quatrième s’apprête à rejoindre la ligne. Ce nouveau venu pourrait bien modifier sensiblement la position de Xpeng sur le marché européen — à condition de faire le bon choix de modèle.
Depuis septembre 2025, les SUV G6 et G9 sortent des chaînes autrichiennes, rejoints depuis peu par la berline P7+, dont les premières livraisons ont déjà eu lieu en France. Ce choix d’assembler sous contrat chez Magna Steyr n’est pas anodin : il permet à Xpeng d’éviter les surtaxes douanières imposées par l’Union européenne sur les véhicules électriques fabriqués en Chine, des droits qui peuvent atteindre plusieurs dizaines de points de pourcentage selon le constructeur concerné. Ce n’est donc pas un détail comptable.
Pour autant, ce modèle d’assemblage a ses limites. Les composants — batteries, moteurs, électronique de bord — proviennent toujours de Chine, ce qui empêche Xpeng de bénéficier pleinement des dispositifs de soutien à la production locale. L’assemblage en Autriche constitue donc une solution intermédiaire, efficace sur le plan tarifaire, mais qui ne remplace pas une chaîne de fabrication entièrement localisée en Europe. En attendant de trouver un accord avec Volkswagen pour utiliser l’une de ses usines — une piste qui circule depuis plusieurs mois —, Graz reste le seul point d’ancrage industriel du constructeur sur le continent.
Le PDG de Xpeng, He Xiaopeng, vient de confirmer qu’un quatrième modèle rejoindra prochainement la production autrichienne. Sans en préciser la nature. Ce flou entretenu laisse place à plusieurs hypothèses, et toutes ne se valent pas. Le SUV G7 figure parmi les candidats, tout comme le monospace X9, mais ce dernier s’adresse à un segment si confidentiel en Europe que les volumes resteraient structurellement trop faibles pour justifier son intégration dans la ligne d’assemblage de Graz.
L’usine Magna Steyr, il faut le rappeler, n’est pas dédiée exclusivement à Xpeng. Elle produit aussi les Mercedes Classe G à hauteur de 50 000 unités par an, auxquelles s’ajoutent les modèles de GAC. La capacité disponible ne manque donc pas, et l’intégration d’un nouveau modèle Xpeng ne pose aucun problème logistique particulier. Ce qui compte davantage, c’est le choix stratégique derrière cette décision : quel segment viser, et avec quels volumes espérés ?
La piste la plus sérieuse pointe vers la famille Mona, la gamme entrée de gamme de Xpeng, pensée pour des acheteurs moins fortunés que ceux qui s’offrent aujourd’hui un G9 ou une P7+. Xpeng a d’ailleurs prévu de présenter le premier modèle européen de cette famille lors d’un événement à Munich en juillet 2026. Deux candidats se distinguent :
Dans les deux cas, Xpeng sortirait de sa zone de confort pour pénétrer un segment nettement plus disputé, où Dacia, MG, BYD et Leapmotor se livrent déjà une guerre des prix sans merci. Les volumes potentiels sont autrement plus élevés que sur le haut de gamme, ce qui justifie pleinement d’intégrer ces modèles à la production autrichienne plutôt que de les importer directement depuis la Chine en supportant les taxes.
La stratégie de Xpeng en Europe repose jusqu’ici sur des modèles premium qui séduisent un public averti et relativement aisé. La P7+, avec son autonomie annoncée supérieure à 700 km en cycle WLTP et ses équipements technologiques avancés, en est l’exemple le plus récent. Mais pour peser réellement sur un marché européen en pleine recomposition, le constructeur a besoin d’élargir sa base de clients.
L’introduction de la gamme Mona en Europe représente donc moins un virage qu’une extension logique. Elle permettrait à Xpeng de ne pas laisser à ses concurrents chinois le monopole du segment des voitures électriques abordables, un créneau qui intéresse de plus en plus les acheteurs européens à la recherche d’une alternative crédible aux modèles thermiques d’occasion. La production chez Magna Steyr, si elle se confirme pour ce quatrième modèle, donnera à Xpeng un avantage tarifaire non négligeable face aux véhicules importés de Chine. Reste à savoir si l’offre sera suffisamment compétitive pour s’imposer face à des acteurs déjà bien installés sur ce terrain.
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