Ces deux startups électriques américaines en difficulté démontrent l’état actuel du marché
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Mercedes travaille depuis plusieurs années sur une version compacte de son iconique G-Class. Ce projet, longtemps présenté comme un futur modèle 100 % électrique, a connu plusieurs rebondissements. Aujourd’hui, deux informations majeures viennent redessiner les contours du projet : la voiture adopterait la plateforme MMA de Mercedes, compatible à la fois avec la motorisation électrique et thermique, et sa production serait confiée à l’usine hongroise de Kecskemet plutôt qu’à celle de Rastatt, en Allemagne. De quoi soulever quelques questions légitimes sur ce que sera vraiment ce “Baby G” à son lancement prévu pour 2027.
À l’origine, le projet de G-Class compact devait reposer sur une architecture dédiée, développée spécifiquement pour ce modèle. Selon les informations relayées par Automotive News Europe, qui cite des sources proches du dossier, Mercedes aurait finalement tranché en faveur de la plateforme MMA — celle-là même qui sert de base à la nouvelle GLB électrique. Cette architecture modulaire présente l’avantage de prendre en charge aussi bien une motorisation entièrement électrique qu’une chaîne cinématique hybride, ce qui laisse à Mercedes une marge de manœuvre commerciale selon les marchés et les contraintes réglementaires.
Ce choix technique n’est pas anodin. La plateforme MMA est conçue pour des véhicules compacts et oriente naturellement le comportement du véhicule vers la route. Son système de transmission intégrale repose sur un mécanisme Haldex à dominante avant, qui ne redistribue le couple vers les roues arrière qu’en cas de perte d’adhérence détectée. Autrement dit, le “Baby G” ne sera pas un 4×4 à proprement parler, même si Mercedes devrait lui accorder une garde au sol rehaussée et une débattement de roue supérieur à celui de la GLB, comme le suggèrent les photos espions circulant actuellement. La comparaison avec le G-Class original s’arrête donc rapidement sur le plan des capacités tout-terrain.
L’annonce de la fabrication du Baby G à Kecskemet s’inscrit dans une stratégie industrielle claire. En janvier dernier, Mercedes avait déjà annoncé le transfert de la production de la Classe A depuis Rastatt vers cette même usine hongroise, signalant sans ambiguïté que ce site allait devenir le hub de production des modèles d’entrée de gamme de la marque. L’objectif affiché par le constructeur est de réduire ses coûts de production de 10 % entre 2024 et 2027, puis de doubler cet effort d’ici 2030.
La Hongrie offre des coûts de main-d’œuvre sensiblement inférieurs à ceux de l’Allemagne, ce qui permet à Mercedes de compresser ses marges de fabrication sans délocaliser hors d’Europe. Cette logique économique devrait se traduire par un prix de vente plus accessible que ce qu’un G-Class compact fabriqué à Rastatt aurait pu proposer. Pour autant, personne ne s’attend à un tarif d’entrée de gamme : le badge G-Class implique un positionnement premium, et Mercedes ne manquera pas d’en tirer parti commercialement.
La réalité du marché parle d’elle-même : l’immense majorité des propriétaires de G-Class ne quitte jamais le bitume. Mercedes le sait pertinemment, et c’est probablement l’une des raisons qui a conduit le constructeur à abandonner l’idée d’une architecture sur-mesure au profit d’une plateforme compacte existante. Le Baby G sera avant tout un objet de style, un SUV compact au design immédiatement identifiable grâce à ses lignes empruntées au G-Class, et destiné à séduire une clientèle urbaine soucieuse d’image.
Voici ce que l’on sait à ce stade sur les caractéristiques attendues du modèle :
Le modèle ne disposera pas non plus de la sophistication mécanique du grand G-Class électrique, qui embarque un système à quatre moteurs permettant une gestion très précise du couple roue par roue, en tout-terrain notamment. Cette technologie, aussi impressionnante soit-elle, n’a pas sa place sur une plateforme compacte pensée pour la ville et les routes secondaires.
Mercedes se trouve dans une position délicate avec ce projet. D’un côté, la marque cherche à élargir son audience en proposant un G-Class plus accessible. De l’autre, elle prend le risque de diluer l’aura d’exclusivité qui fait la valeur du modèle original. Facturer un tarif premium pour un SUV compact fabriqué en Hongrie sur une architecture de Classe A, c’est un pari marketing qui demande une exécution soignée, tant sur le plan du design que de la qualité perçue à bord.
Le secteur du SUV électrique compact premium est néanmoins en pleine effervescence en 2026, avec des concurrents comme le BMW iX1, le Volvo EX30 ou encore le Kia EV3 qui redéfinissent les standards de rapport qualité-prix dans ce segment. Mercedes devra proposer quelque chose de suffisamment distinctif pour justifier sa tarification. La force du G-Class réside dans son identité visuelle forte et sa réputation construite sur des décennies — des atouts que même une version compacte et citadine peut capitaliser, à condition que la promesse soit tenue jusqu’au dernier bouton de la planche de bord.
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