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En Chine, les 16 voitures les plus vendues sont 100% électriques : une véritable rupture mondiale

François Zhang-Ming

Mai 2026 restera une date marquante dans l’histoire de l’automobile mondiale. Pour la première fois, les seize modèles les plus vendus en Chine en un mois sont tous des véhicules à motorisation électrique ou hybride rechargeable, sans la moindre exception. Zéro thermique pur dans le top 16. C’est un chiffre qui mérite qu’on s’y attarde, non pas pour s’extasier, mais pour comprendre ce qu’il révèle sur l’état réel du marché automobile global.

Un marché chinois qui tourne définitivement la page du thermique

Selon les données de la China Passenger Car Association, la part de marché des NEV (New Energy Vehicles, terme chinois regroupant les véhicules 100 % électriques et les hybrides rechargeables) a atteint 62,9 % en mai 2026, contre 61,4 % le mois précédent. Ce n’est pas un sursaut conjoncturel : c’est la continuité d’une tendance de fond qui s’installe mois après mois depuis plusieurs années. Le dernier représentant thermique qui s’accrochait encore au top 10 le mois dernier, la Geely Coolray, a chuté de la 8e à la 17e place en l’espace de trente jours.

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Ce qui est particulièrement frappant dans ces chiffres, c’est que la progression des NEV dans les parts de marché ne s’explique pas uniquement par une hausse des ventes électriques, mais surtout par un effondrement des ventes de voitures thermiques pures, en recul de 39 % sur un an. Cette dégringolade touche d’ailleurs l’ensemble des motorisations intégrant un moteur à combustion : les PHEV reculent de 24 %, les EREV de 28 %, et les hybrides classiques de 24,4 %. Seuls les véhicules 100 % électriques à batterie (BEV) affichent une progression, à +3,9 % sur un an, pour un total de 637 000 unités vendues en mai.

Le top 10 des ventes en Chine en mai 2026 : que des électriques

Pour vous donner une idée concrète de ce que représente ce classement, voici les dix modèles les plus vendus en Chine le mois dernier, tous à motorisation électrifiée :

  • Geely EX2 : 38 751 unités
  • Tesla Model Y : 28 911 unités
  • Xiaomi SU7 : 24 023 unités
  • Leapmotor A10 : 22 306 unités
  • Li Auto Li i6 : 20 878 unités
  • Tesla Model 3 : 18 370 unités
  • Wuling Hongguang Mini : 18 308 unités
  • Aito M6 (BEV/EREV) : 18 148 unités
  • BYD Yuan Up : 17 043 unités
  • Fang Cheng Bao Bao 7 (PHEV) : 16 247 unités
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Ce classement dit beaucoup sur la diversité et la maturité de l’offre électrique chinoise. On y retrouve aussi bien des citadines accessibles comme la Wuling Hongguang Mini que des berlines premium comme la Xiaomi SU7, en passant par des SUV familiaux. L’électrique en Chine n’est plus un segment de niche : c’est simplement le marché automobile dans son ensemble.

La flambée du pétrole comme accélérateur inattendu

Si la transition électrique était déjà bien engagée structurellement, un facteur conjoncturel a visiblement amplifié le mouvement ces derniers mois : la hausse mondiale des prix du pétrole, directement liée aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient. La disruption des approvisionnements en pétrole a poussé de nombreux pays à reconsidérer leur dépendance aux énergies fossiles. Les marchés les plus réactifs ont accéléré leur transition vers l’électrique. La Chine, qui dispose d’une offre locale abondante et compétitive, est idéalement positionnée pour répondre à cette demande.

Cette dynamique se lit aussi dans les exportations chinoises de NEV, qui ont bondi de +112,6 % sur un an, avec 424 000 unités exportées en mai 2026. Fait significatif : plus de la moitié des exportations automobiles chinoises (54 %) sont désormais des véhicules électrifiés. Pour rappel, la Chine est devenue le premier pays exportateur de voitures au monde en 2024, détrônant l’Allemagne et le Japon après cinquante ans de domination commune. Cette position s’est depuis consolidée, et les chiffres de mai 2026 montrent que Pékin ne compte pas ralentir.

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Ce que les constructeurs occidentaux devraient retenir de tout cela

Les données chinoises ne sont pas un phénomène isolé à observer de loin. Elles signalent une réorientation durable des préférences des acheteurs à l’échelle mondiale, et les constructeurs qui persistent à concentrer leurs investissements sur les motorisations thermiques prennent un risque commercial réel. Pendant que certains grands groupes automobiles européens et japonais ralentissent leurs programmes électriques, les marques chinoises capturent des parts de marché à l’export qui ne reviendront pas facilement.

La tendance n’est pas nouvelle : les données publiques disponibles depuis une décennie montrent, sans ambiguïté, une décroissance continue des ventes de voitures thermiques et une progression régulière des voitures électriques. S’y opposer par idéologie ou par intérêt à court terme, c’est choisir de se battre sur un marché en contraction. La question n’est plus de savoir si la transition aura lieu, mais à quelle vitesse chaque acteur saura s’y adapter — et qui récoltera les parts de marché laissées vacantes par ceux qui auront attendu trop longtemps.

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