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BYD Da Han : 1 000 km d’autonomie et recharge en 5 minutes pour moins de 32 000 €

François Zhang-Ming

Présentée officiellement le 21 août 2026 au salon de Chengdu, la BYD Da Han — aussi appelée Great Han — s’annonce comme l’une des berlines électriques les plus ambitieuses de l’année. Prix de départ affiché à 249 900 yuans, soit environ 31 800 euros au tarif chinois, autonomie frôlant les 1 000 kilomètres et recharge ultra-rapide en cinq minutes : le constructeur de Shenzhen frappe un grand coup. Reste à savoir si cette voiture finira par poser ses roues en Europe, et à quel prix.

Un gabarit de limousine au service des ambitions de BYD

Avec ses 5,26 mètres de long, 2 mètres de large et 1,51 mètre de hauteur, la Da Han ne joue pas dans la même cour que la Han EV vendue en France. Elle dépasse franchement une Tesla Model S ou une Lucid Air, et se rapproche plutôt d’une Mercedes Classe S à empattement long. L’empattement de 3,13 mètres garantit un espace intérieur généreux, clairement orienté vers le confort des passagers arrière. BYD positionne explicitement cette berline au sommet de sa gamme Dynasty, sa ligne la plus premium.

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Sur le plan du style, la Da Han se décline en cinq teintes de carrosserie avec le choix entre des jantes de 20 ou 21 pouces. L’habitacle accueille trois écrans — dont l’un est dédié au passager avant — même si BYD n’a pas encore communiqué leurs diagonales exactes. Le coffre avant (frunk) annonce 150 litres de volume, un chiffre appréciable pour une berline de ce segment. Le volume du coffre arrière n’a pas encore été précisé. À ce gabarit et à ces finitions, la Da Han s’adresse clairement à une clientèle exigeante, habituée aux berlines de représentation.

La batterie Blade 2.0 et ses chiffres d’autonomie impressionnants

C’est sans doute là que la Da Han marque le plus les esprits. La berline embarque la nouvelle batterie Blade 2.0 de BYD, qui repose sur une chimie LFP (lithium-fer-phosphate). Cette technologie, réputée pour sa durabilité et sa stabilité thermique, atteint ici une capacité de 102,326 kWh. L’autonomie annoncée varie entre 880 et 1 008 kilomètres selon le cycle chinois CLTC — ce qui, une fois converti en cycle européen WLTP, représente environ 750 à 850 kilomètres en conditions réelles. Des chiffres qui placent cette berline bien au-dessus de la grande majorité des véhicules électriques disponibles aujourd’hui.

La Da Han se décline en plusieurs motorisations, toutes électriques dans un premier temps :

  • Puissance disponible entre 496 et 764 chevaux selon la version choisie
  • Transmission à deux ou quatre roues motrices
  • Capacité de batterie de 102,326 kWh en chimie LFP
  • Autonomie CLTC entre 880 et 1 008 km (environ 750 à 850 km WLTP)
  • Une version hybride rechargeable (PHEV) prévue, avec un moteur thermique turbo 1,5 litre et une batterie de 54,489 kWh offrant environ 400 km WLTP en mode 100 % électrique
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La version PHEV mérite d’être mentionnée, car avec 400 kilomètres d’autonomie électrique, elle sort clairement du cadre des hybrides rechargeables classiques. Ce n’est plus un simple appoint thermique : c’est une voiture qui peut rouler au quotidien sans toucher à son moteur à essence pendant des semaines.

Recharge ultra-rapide : 5 minutes pour 60 % de batterie

BYD annonce une puissance de recharge de pointe à 1 500 kW. Pour replacer ce chiffre dans son contexte : les bornes ultra-rapides les plus performantes disponibles en Europe plafonnent aujourd’hui autour de 350 kW. La Da Han, elle, est dimensionnée pour une infrastructure qui reste encore largement à construire en dehors de la Chine. Concrètement, le constructeur promet un passage de 10 à 70 % en cinq minutes, et d’atteindre 97 % de charge en neuf minutes.

Ces performances ne seront pleinement exploitables qu’avec les bornes compatibles, déployées en Chine dans le cadre du réseau ultra-rapide en cours d’expansion. En Europe, même si vous branchiez cette voiture sur une borne à 350 kW, la recharge prendrait évidemment bien plus de temps. Cela soulève une vraie question sur la pertinence de ces spécifications en dehors du marché chinois — du moins à court terme. La Da Han intègre par ailleurs le système d’aide à la conduite maison God’s Eye B, développé en interne par BYD.

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Un prix attractif en Chine, mais une arrivée en Europe semée d’embûches

À 31 800 euros en Chine, la Da Han propose un rapport prestations/prix difficile à ignorer. Mais ce tarif ne vaut évidemment que pour le marché local. Si BYD venait à commercialiser cette berline en Europe dans sa configuration actuelle — c’est-à-dire produite en Chine — elle serait soumise aux droits de douane supplémentaires imposés par l’Union Européenne aux véhicules électriques chinois depuis 2024, qui peuvent atteindre plusieurs dizaines de points de pourcentage selon le constructeur.

Il existe une échappatoire plausible : l’usine que BYD construit en Hongrie, dont l’ouverture est prévue fin 2026. Une production européenne permettrait à BYD de contourner ces surtaxes et de proposer ses modèles à des tarifs bien plus compétitifs. La Da Han serait une candidate sérieuse pour remplacer la Han EV, aujourd’hui vieillie et de plus en plus difficile à justifier face à la concurrence. BYD n’a pour l’instant fait aucune annonce officielle sur une éventuelle commercialisation européenne de la Da Han, mais l’équation industrielle plaide en faveur d’une telle décision dans les prochains mois.

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