Cette voiture électrique atomise les meilleures supercars thermiques sur un exercice pourtant difficile
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Tesla vient de confirmer un événement baptisé “Exclusive Access : Cybercab” prévu le 3 septembre à Austin, au Texas. L’annonce s’accompagne d’une affiche soignée et d’une promesse de livestream pour ceux qui n’ont pas reçu d’invitation. Sur le papier, ça ressemble à un grand moment. Dans les faits, c’est un peu plus modeste. Voici ce que vous devez réellement savoir.
L’événement du 3 septembre n’est pas ouvert à tous. Tesla a sélectionné ses invités parmi les participants d’un jeu-concours lié à son service Robotaxi : ceux qui ont cumulé le plus de trajets dans les véhicules autonomes ont les meilleures chances d’être retenus. Des places ont aussi été attribuées par tirage au sort parmi les participants par courrier. Les noms des gagnants seront communiqués le 26 août, et les RSVP doivent être confirmés avant le 30 août. Les participants doivent être âgés d’au moins 21 ans.
Concrètement, ce que vous obtiendrez en tant qu’invité “exclusif”, c’est la possibilité de monter dans un Cybercab dans la même zone géographique où les Model Y autonomes circulent déjà depuis plus d’un an. Même logiciel de conduite autonome, même infrastructure, même application. Ce qui change, c’est la carrosserie.
Sur le plan technique, le Cybercab présente des caractéristiques bien identifiables. C’est un véhicule biplace sans volant ni pédales, conçu exclusivement pour la conduite autonome. Tesla annonce une consommation de 165 Wh par mile (environ 103 Wh/km), ce qui en fait le modèle le plus sobre que la marque ait jamais produit. Avec un poids de 1 413 kg et une batterie de 48 kWh, il est sensiblement plus léger et plus aérodynamique qu’un Model Y, lequel affiche des consommations de l’ordre de 155 à 175 Wh/km en usage réel.
Pour un opérateur qui gère sa propre flotte, réduire la consommation d’énergie par kilomètre représente un avantage économique réel, même s’il reste marginal. Quelques centimes économisés sur chaque course peuvent s’additionner à l’échelle. Mais cette logique ne fonctionne que pour les courses de deux passagers maximum. Dès que vous voyagez en groupe, avec des bagages, une poussette ou un fauteuil roulant, le Cybercab devient moins pratique qu’un Model Y. C’est un véhicule plus compact qui dessert les mêmes destinations, pas un bond en avant en matière de service.
Tesla a lancé son service Robotaxi à Austin en juin 2025. Plus d’un an plus tard, la flotte reste remarquablement petite. Les données compilées par des observateurs indépendants et des trackers communautaires situent le nombre de véhicules autonomes sans superviseur humain entre 20 et 30 unités actives à tout moment, tous marchés confondus. Ce chiffre a atteint un pic d’environ 25 véhicules au printemps, avant de stagner voire légèrement diminuer.
Tesla a déclaré à ses investisseurs lors de ses résultats de juillet avoir parcouru environ 380 000 miles cumulés (environ 611 000 km) en mode non supervisé. Pour replacer ce chiffre dans son contexte :
Ajouter le Cybercab à cette flotte ne modifie aucun de ces chiffres. Le logiciel FSD qui fait rouler les Cybercab est exactement le même que celui embarqué dans les Model Y robotaxi — le même logiciel qui, la semaine précédant l’annonce, a percuté une rangée de bollards à Austin en circulation non supervisée.
L’événement du 3 septembre sera très probablement bien mis en scène. Tesla sait organiser un lancement. Mais le vrai indicateur à surveiller n’est pas la qualité de la soirée ni le nombre de vues en livestream : c’est l’évolution du nombre de véhicules en circulation dans les semaines qui suivent.
Si, fin septembre ou début octobre, la flotte non supervisée de Tesla tourne toujours autour de 20 à 30 unités, l’événement n’aura été qu’une opération de communication habile pour donner l’impression qu’un service stagnant est en mouvement. Le Cybercab est, en tant qu’objet, une réussite d’ingénierie sur le plan de l’efficacité énergétique. Ses 103 Wh/km sont un chiffre sérieux dans l’industrie. Mais l’efficacité par kilomètre n’est pas ce qui freine le programme : c’est la capacité à déployer une autonomie fiable et vérifiable à grande échelle, et sur ce point, l’arrivée d’un nouveau modèle de carrosserie ne change pas l’équation.
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