Cette voiture électrique atomise les meilleures supercars thermiques sur un exercice pourtant difficile
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C’est le genre de trajet qui, il y a encore quelques années, aurait fait transpirer plus d’un conducteur de voiture électrique : traverser la Roumanie du nord au sud, grimper ses plus hauts cols de montagne, dévaler la célèbre route de la Transfăgărășan, le tout sans se préoccuper en permanence de la prochaine borne de recharge. Andrei Nedelea, journaliste pour InsideEVs, a tenté l’expérience à bord du BMW iX3 xDrive50 en 2026, et le compte-rendu mérite qu’on s’y attarde sérieusement.
Le programme était ambitieux : partir de Bucarest en direction de Șona, un village perdu dans le centre du pays, avant de rentrer le lendemain via la Transfăgărășan, soit plus de 800 km répartis sur deux journées. Pas question ici de rouler en mode éco, de couper la climatisation ou de lever le pied à chaque montée. Le test se voulait délibérément réaliste, conduit comme on conduirait n’importe quel SUV thermique.
Le départ se fait avec 97 % de charge dans la gigantesque batterie de 108,7 kWh de l’iX3 xDrive50, avec une autonomie affichée de 568 km. Pour référence, BMW annonce jusqu’à 805 km en cycle WLTP pour cette version européenne — un chiffre qu’il serait irréaliste de reproduire en conduite dynamique, mais qui donne une idée de la marge disponible. La première journée alterne routes nationales à 100 km/h, quelques kilomètres d’autoroute et des routes de campagne plus sinueuses.
À mi-parcours, après 180 km parcourus, la consommation moyenne affichée se stabilise à 18,8 kWh/100 km. Une fois les routes secondaires plus lentes intégrées dans la moyenne, le bilan de fin de journée est encore plus favorable : 350 km avalés à 17,6 kWh/100 km en moyenne, avec 40 % de batterie encore disponible et une autonomie résiduelle estimée à 279 km. À ce stade, la question s’est posée : fallait-il seulement ne pas brancher la voiture la nuit et tenter le retour sur la même charge ? Mathématiquement, c’était jouable, à condition d’adopter une conduite très mesurée. Ce qui, vu le programme du lendemain, ne présentait aucun intérêt.

Le deuxième jour commence avec 98 % de charge et une estimation de 703 km d’autonomie, recalculée à la hausse grâce à l’efficacité de la veille. Le départ se fait depuis Sibiu, en direction de la Transfăgărășan. Sur la montée douce jusqu’aux premiers lacets, l’iX3 se montre remarquablement sobre : 14 kWh/100 km de consommation moyenne, ce qui est impressionnant pour un SUV de plus de 2 300 kg, équipé de deux moteurs et développant 463 chevaux.
Puis le mode Sport est enclenché, et le test de consommation cède la place à quelque chose de plus intéressant. L’iX3 se révèle étonnamment à l’aise dans les virages en épingle : sa batterie positionnée bas dans le châssis limite le roulis et gomme en grande partie la sensation de masse que l’on associe habituellement à ce type de véhicule. La direction répond avec précision, le train arrière reste neutre, et le gabarit imposant du SUV semble se faire oublier. Le journaliste le dit lui-même : l’iX3 est plus agréable à conduire sur cette route que son équivalent thermique, le BMW X3.
Le pic de consommation a brièvement atteint 37,8 kWh/100 km sur les passages les plus engagés, ce qui reste cohérent avec une conduite sportive répétée en montagne. La récupération d’énergie lors des descentes a clairement joué un rôle dans l’équilibre final du bilan énergétique.
Après la Transfăgărășan, le retour vers la capitale roumaine comprend encore environ 150 km d’autoroute à 140 km/h, vitesse à laquelle la consommation grimpe inévitablement. Malgré cela, l’iX3 termine le trajet avec 16 % de batterie restante, après avoir couvert 400 km dans la journée. Aucune recharge intermédiaire, aucune adaptation du style de conduite, climatisation maintenue.
Ce chiffre de 16 % est peut-être le plus parlant de tout le voyage. Il ne s’agit pas d’une marge symbolique obtenue au prix d’une conduite en hypermiling : elle est le résultat d’une journée chargée, avec deux ascensions sportives, de l’autoroute rapide et la densité de trafic du retour. Voici un résumé comparatif des deux journées :
| Indicateur | Jour 1 (Bucarest → Șona) | Jour 2 (Sibiu → Transfăgărășan → Bucarest) |
|---|---|---|
| Distance parcourue | 350 km | ~400 km |
| Consommation moyenne | 17,6 kWh/100 km | 29,6 kWh/100 km (moyenne globale) |
| Batterie restante à l’arrivée | 40 % | 16 % |
| Recharge effectuée | Nuit complète (retour à 98 %) | Aucune |
| Style de conduite | Normal, routes nationales | Sportif, montagne + autoroute 140 km/h |
La conclusion pratique de ce test n’est pas que l’iX3 est une voiture parfaite — aucune ne l’est — mais qu’avec une batterie de plus de 100 kWh bien gérée et une architecture efficiente, les compromis traditionnellement associés aux longs trajets en voiture électrique disparaissent pour peu que l’infrastructure locale soit suffisante. L’iX3 n’a pas demandé à son conducteur de changer de comportement. C’est lui qui s’est adapté aux exigences du voyage, et non l’inverse.
L’anxiété liée à l’autonomie reste une réalité dans les zones peu couvertes par les réseaux de recharge rapide, et ce serait une erreur de la balayer d’un revers de main. Mais un véhicule capable d’absorber 800 km en deux jours de conduite engagée, dont deux ascensions sportives d’un col mythique, en terminant avec une réserve confortable, change assez radicalement les termes du débat. La question n’est plus vraiment de savoir si les voitures électriques peuvent encaisser ce genre de programme, mais plutôt de s’assurer que le réseau de bornes rapides continue à se densifier là où il en a encore besoin.
Source : InsideEVs
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