Cette Tesla Model 3 dépasse les 400 000 km : qu’est-ce qui est tombé en panne en premier ?
Cinq ans, 400 000 kilomètres, et une seule pièce défaillante. Ce chiffre suffit à relancer le débat sur la durabilité […]
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Quand Geely annonce une berline électrique à 129 900 yuans, soit environ 19 100 dollars, avec une architecture 800V, du LiDAR de série sur toutes les versions et une batterie signée CATL capable de se recharger à 6C, on se frotte les yeux. Ce genre de fiche technique évoque habituellement un véhicule à 50 000 euros, pas à moins de 20 000. Pourtant, c’est bien la réalité du marché automobile chinois en 2026, et le Geely TT — commercialisé sous le nom Galaxy TT en Chine — en est l’illustration la plus frappante de l’année.
La gamme TT se décline en cinq versions : quatre en propulsion (roues arrière motrices) et une version Ultra à transmission intégrale. Les versions propulsion s’échelonnent entre 129 900 et 159 900 yuans (environ 19 100 à 23 500 dollars), tandis que l’Ultra en édition limitée est affichée à 185 900 yuans, soit environ 27 300 dollars. Pour situer les choses : même la version la plus chère reste sous le prix d’entrée d’une Tesla Model 3 aux États-Unis, et largement sous celui d’une Xiaomi SU7.
Geely a enregistré plus de 20 000 précommandes en deux semaines avant le lancement officiel. Ce chiffre indique clairement qu’une demande réelle existait, sans qu’il soit nécessaire de beaucoup convaincre. Le constructeur a donc trouvé le bon curseur entre attentes du marché et positionnement agressif. La question n’est plus de savoir si cette voiture électrique intéresse les acheteurs chinois, mais ce qu’elle implique pour le reste du monde.
Sur le papier, le Geely TT ne ressemble à rien de ce que l’on trouve habituellement sous la barre des 20 000 dollars. L’ensemble des versions bénéficie d’une architecture 800V, associée à une batterie CATL “Shenxing TT” en lithium fer phosphate (LFP) supportant une charge allant jusqu’à 6C. Concrètement, Geely revendique l’ajout de près de 500 km d’autonomie en seulement 11 minutes de charge — une performance qui place la TT au niveau des meilleurs chargeurs rapides du marché, toutes catégories confondues.
Côté batterie et autonomie, voici ce que propose la gamme :
Le châssis de la version Ultra a été développé avec Lotus, filiale de Geely, et chaque exemplaire arbore un badge “Handling by Lotus”. Ce n’est pas qu’un argument marketing : Geely a fait homologuer un record Guinness avec la TT, qui a réalisé le plus long dérapage en courbe sur route mouillée en continu, sur plus de 46 km. Difficile de faire la fine bouche.
Au-delà des performances pures, le Geely TT mise sur un niveau d’équipement qui surprend à ce prix. Le LiDAR est standard sur toutes les finitions — y compris la version d’entrée — et alimente le système d’aide à la conduite G-ASD, capable de gérer la navigation autonome sur autoroute comme en ville. C’est un choix fort, qui tranche avec d’autres constructeurs qui réservent cette technologie aux finitions premium.
À bord, la TT repose sur un empattement de 2 920 mm pour une longueur totale frôlant les cinq mètres, offrant un habitacle généreux avec plancher arrière plat. L’assistant vocal “Super Eva” basé sur l’IA est intégré, accompagné d’un système audio Flyme Sound à 23 haut-parleurs. La liste des équipements ressemble davantage à celle d’une berline à 60 000 euros qu’à une voiture électrique accessible.
Geely ne cache pas sa stratégie : la comparaison directe avec la Xiaomi SU7, dont la nouvelle génération est affichée à 229 900 yuans (environ 31 870 dollars) en Chine. L’écart est de 100 000 yuans sur le modèle d’entrée, et la TT Ultra en édition limitée reste encore sous le prix de base d’une SU7 standard. Deux berlines électriques de gabarit et de vocation similaires, pour un rapport de prix de 1 à 1,7. C’est là que la TT fait mal.
Par rapport à Tesla, le décalage est encore plus marqué. Une Tesla Model 3 démarre autour de 40 000 dollars aux États-Unis, soit plus du double du prix de la TT. Les deux voitures ne jouent pas exactement dans la même cour culturellement ni commercialement, mais sur le terrain des spécifications brutes, la comparaison n’est pas absurde. La TT propose une autonomie WLTP estimée à plus de 500 km, une recharge ultra-rapide, du LiDAR de série et une dynamique validée par Lotus. Ce n’est pas une voiture low-cost qui fait semblant.
Le Geely TT repose sur la plateforme GEA EVO, avec une suspension à double triangle à l’avant et un train arrière multibras à cinq bras, complété par des amortisseurs adaptatifs. Ce n’est pas une architecture développée à la va-vite. C’est le même groupe qui prépare le lancement d’une batterie semi-solide à 500 Wh/kg en phase pilote pour 2027, et dont les marques — aux côtés de GAC et Leapmotor — ont obtenu des résultats solides aux derniers crash tests Euro NCAP.
Pour l’instant, le TT est réservé au marché chinois. Mais Geely a confirmé son intention d’entrer sur le marché américain dans les deux à trois prochaines années, et des discussions avancées sont en cours pour reprendre une usine Ford en Europe. Si la TT — ou une version adaptée — arrive un jour en Europe avec une homologation WLTP complète et un prix dans le même ordre de grandeur, le segment des berlines électriques familiales sera sérieusement bousculé. Pas besoin d’extrapoler beaucoup pour comprendre que les constructeurs européens ont intérêt à suivre ce dossier de près.
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