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Les batteries à électrolyte solide représentent l’une des avancées les plus attendues de l’industrie automobile électrique. Après des années de recherche, plusieurs constructeurs commencent à intégrer cette technologie dans leurs véhicules de production. Ces nouvelles batteries promettent de résoudre les compromis traditionnels entre autonomie, sécurité et temps de charge qui caractérisent les batteries lithium-ion actuelles.
Le passage vers cette technologie ne se fera pas du jour au lendemain. Selon BloombergNEF, les batteries solides ne représenteront que 10% de la demande mondiale des véhicules électriques d’ici 2035. Les premiers déploiements se concentreront probablement sur les véhicules haut de gamme, avant une démocratisation progressive vers le milieu de la décennie.
Le constructeur estonien Verge Motorcycles revendique une première historique avec ses modèles TS Pro et TS Ultra, qui deviendront les premières motos de production équipées de batteries entièrement solides dès le premier trimestre 2026. Cette technologie provient de la startup finlandaise Donut Labs et affiche une densité énergétique remarquable de 400 Wh/kg.
Les performances annoncées impressionnent : 600 kilomètres d’autonomie, résistance aux températures extrêmes avec 99% de l’autonomie conservée à -30°C, et une durée de vie estimée à 100 000 cycles. Cette approche par le segment des deux-roues pourrait servir de laboratoire d’essai avant l’adoption massive dans l’automobile.
Les constructeurs chinois ont pris une avance significative sur les batteries semi-solides, une technologie intermédiaire qui utilise un électrolyte gélifié. 83% des capacités de production actuelles et planifiées se concentrent en Chine, donnant au pays un avantage concurrentiel majeur.
Nio propose déjà à ses clients chinois un système de location journalière de batteries semi-solides de 150 kWh pour les longs trajets. Le fondateur de la marque a démontré le potentiel de cette technologie en parcourant plus de 1 050 kilomètres avec l’ET7 par temps froid. Le concept est séduisant : utiliser des batteries plus petites au quotidien et basculer vers la technologie solide via l’échange de batteries pour les grands voyages.
| Modèle | Type de batterie | Autonomie | Prix (approximatif) |
|---|---|---|---|
| IM Motors L6 | Semi-solide 133 kWh | 1 000+ km | 28 000-45 600 € |
| MG4 | Semi-solide | À confirmer | 10 100-14 400 € |
| Voyah Passion | Semi-solide 82 kWh | 580 km | 45 000-60 000 € |
Mercedes-Benz et Stellantis collaborent avec la startup américaine Factorial Energy pour développer leurs propres solutions. Le prototype Mercedes EQS équipé de batteries semi-solides affiche 25% d’autonomie supplémentaire sans augmentation de poids ou de volume, atteignant potentiellement 1 000 kilomètres selon le cycle WLTP.
Stellantis prévoit de tester cette technologie sur une flotte de Dodge Charger Daytona en 2026. Les cellules développées avec Factorial affichent une densité énergétique de 375 Wh/kg et peuvent se recharger de 15 à 90% en seulement 18 minutes à température ambiante. BMW explore également cette voie avec son prototype i7, utilisant des cellules développées par Solid Power avec une densité de 390 Wh/kg.
Toyota, détenteur du plus grand nombre de brevets sur les batteries solides, vise une commercialisation entre 2027 et 2028. Le constructeur japonais promet plus de 1 000 kilomètres d’autonomie et une charge de 10 à 80% en moins de 10 minutes. La stratégie de Toyota privilégiera d’abord l’intégration dans ses modèles hybrides avant les véhicules entièrement électriques.
Honda développe parallèlement sa propre technologie, visant des batteries 50% plus compactes, 35% plus légères et 25% moins chères que les solutions lithium-ion actuelles. L’objectif d’autonomie dépasse également les 1 000 kilomètres, avec une commercialisation prévue dans la seconde moitié de la décennie. Nissan mise sur un électrolyte à base de soufre pour éliminer complètement le cobalt de ses batteries, ciblant une commercialisation d’ici fin 2028.
Le groupe Volkswagen a investi plus de 260 millions de dollars dans QuantumScape pour développer des batteries à métal lithium sans anode. Cette collaboration pourrait permettre aux véhicules actuels de 560 kilomètres d’autonomie d’atteindre entre 650 et 800 kilomètres. La première application commerciale pourrait surprendre : une moto de course Ducati V21L présentée au salon IAA Mobility 2025, avec une densité volumétrique exceptionnelle de 844 Wh/L.
L’évolution vers les batteries solides s’accompagne d’une redistribution des cartes industrielles. Alors que les constructeurs européens et américains s’appuient sur des partenariats avec des startups spécialisées, les Chinois ont intégré verticalement cette technologie dans leurs chaînes de production. Cette course technologique redéfinira probablement les rapports de force dans l’industrie automobile des années à venir, avec des implications majeures pour les prix, les performances et l’accessibilité des véhicules électriques.
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