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Vous avez peut-être entendu parler de Donut Lab, cette entreprise qui fait beaucoup de bruit depuis le CES 2026 avec ses annonces fracassantes sur sa batterie à électrolyte solide. La société vient de publier un deuxième rapport de tests indépendants réalisés par le centre de recherche technique finlandais VTT. Cette fois, les résultats portent sur la capacité de la cellule à fonctionner dans des conditions de température extrêmes, jusqu’à 100°C. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que les chiffres interpellent.
Rappelons que la semaine précédente, VTT avait déjà confirmé la capacité de charge rapide de cette batterie, avec un passage de 0 à 80% en 4,5 minutes. Maintenant, c’est la résistance thermique qui est mise à l’épreuve. Mais attention, si certains résultats confirment les déclarations de Donut Lab, les caractéristiques les plus spectaculaires annoncées par l’entreprise n’ont toujours pas été vérifiées de manière indépendante. Regardons de plus près ce que révèle ce nouveau test.
Le centre de recherche VTT, institution publique finlandaise reconnue pour son expertise, a soumis une cellule identifiée comme “Donut Solid State Battery V1” à un test de décharge à haute température. Le rapport technique (référencé VTT-CR-00124-26) a été supervisé par Ari Hentunen, responsable de l’équipe de recherche, et validé par le professeur Mikko Pihlatie. Cette cellule affiche une capacité nominale de 26 Ah et une énergie de 94 Wh à 3,6 V.
Pour établir une référence, VTT a d’abord testé la cellule à température ambiante (+20°C). À un taux de décharge de 1C (soit 24 A), elle a délivré 24,9 Ah, soit environ 4% de moins que la capacité nominale annoncée. Jusqu’ici, rien de vraiment remarquable. Mais c’est la suite qui mérite votre attention.
Lorsque la température a été portée à +80°C, la cellule a été déchargée au même taux de 24 A et a délivré 27,5 Ah, soit 110,5% de sa capacité à température ambiante. À +100°C, avec un taux de décharge de 12 A, elle a fourni 27,6 Ah, soit 107,1% de la capacité de référence au même courant. Dans les deux cas, la cellule s’est rechargée normalement à température ambiante par la suite.
Pour mettre ces résultats en perspective, la majorité des batteries lithium-ion conventionnelles à pochette souffrent d’une dégradation sérieuse à ces températures, avec un risque d’emballement thermique. Le fait que cette cellule non seulement survive mais délivre même plus d’énergie est cohérent avec le comportement des électrolytes solides, où la conductivité ionique s’améliore avec la chaleur puisqu’il n’y a pas d’électrolyte liquide inflammable susceptible de se décomposer.
Le rapport VTT ne cache pas tout. Après la décharge à 100°C, les chercheurs ont constaté que la pochette de la cellule avait perdu son vide. La cellule fonctionnait toujours et s’est rechargée normalement, mais ce dégagement gazeux suggère soit un problème d’emballage, soit une réaction chimique produisant du gaz à cette température extrême. Difficile de dire s’il s’agit d’un défaut de conception de l’enveloppe ou d’une limite intrinsèque de la chimie de la batterie.
Ce détail ne doit pas être balayé d’un revers de main. Si vous envisagez l’utilisation de ces batteries dans des véhicules électriques soumis à des conditions climatiques variées, la question de la durabilité à long terme à ces températures devient centrale. Une perte de vide pourrait compromettre la sécurité et les performances sur la durée.
Il faut reconnaître à Donut Lab une cadence de publication remarquable. Deux rapports de tests VTT en deux semaines, c’est inhabituel dans le secteur des batteries où les résultats mettent généralement des mois à être publiés. Le premier rapport validait la charge rapide à 11C, avec un passage de 0 à 80% en 4,5 minutes. Ce second rapport valide le fonctionnement stable à 80°C et 100°C.
L’entreprise avait initialement affirmé que sa batterie fonctionnait en toute sécurité entre -30°C et +100°C avec une rétention de capacité supérieure à 99%. Les données VTT montrent que la cellule dépasse même sa capacité à température ambiante lorsqu’elle est chauffée, ce qui est encore mieux en termes de décharge absolue. Le centre de recherche n’a pas testé les performances à -30°C, et la perte de vide à 100°C soulève des interrogations sur la durabilité dans ces conditions extrêmes.
Lors du CES 2026, Donut Lab avait suscité un scepticisme massif en annonçant disposer d’une batterie à électrolyte solide prête pour la production avec une densité énergétique de 400 Wh/kg, une durée de vie de 100 000 cycles et une charge en 5 minutes. En commandant des tests indépendants à VTT et en publiant les résultats via sa campagne “I Donut Believe”, la société adopte au moins une démarche de transparence appréciable.
Après deux séries de tests, les deux affirmations les plus spectaculaires de Donut Lab n’ont toujours pas été vérifiées par une tierce partie indépendante. Et ce sont précisément ces caractéristiques qui feraient de cette batterie une véritable révolution si elles s’avéraient exactes.
Il est important de replacer les affirmations de Donut Lab dans le contexte plus large de l’industrie des batteries. Les plus grands acteurs établis dans le domaine des batteries à électrolyte solide – Toyota, Samsung SDI, CATL et BYD – visent tous 2027 ou au-delà pour la production initiale de leurs propres cellules. Aucun d’entre eux ne prétend disposer d’une cellule prête pour la production qui corresponde simultanément à toutes les spécifications annoncées par Donut Lab.
Le PDG de Donut Lab, Marko Lehtimäki, a engagé sa réputation en promettant de livrer les motos Verge équipées de ces batteries au cours du premier trimestre 2026. Cette échéance est désormais à quelques semaines. Si l’entreprise respecte ce calendrier, cela constituerait une prouesse industrielle remarquable. Dans le cas contraire, les questions sur la crédibilité de l’ensemble du projet se poseront avec encore plus d’acuité.
Soyons clairs : deux rapports de tests indépendants VTT en deux semaines représentent plus de transparence que la plupart des startups de batteries n’en ont jamais offert. Les résultats à haute température sont particulièrement significatifs. Survivre et même gagner en capacité à 80°C et 100°C n’est pas quelque chose que les batteries lithium-ion conventionnelles peuvent accomplir, et cela correspond au comportement attendu d’un véritable électrolyte solide.
Le schéma qui se dessine est néanmoins révélateur : Donut Lab prouve d’abord les revendications les plus faciles à démontrer. La charge rapide et la tolérance aux températures élevées, bien qu’impressionnantes, constituent les aspects les moins controversés de ce que l’entreprise a annoncé au CES. Les affirmations qui ont suscité les critiques les plus virulentes de l’industrie – la densité énergétique de 400 Wh/kg et la durée de vie de 100 000 cycles – demeurent totalement non testées.
La perte de vide de la pochette à 100°C représente un signal d’alerte qu’il serait imprudent d’ignorer. Il peut s’agir d’un simple problème d’emballage, ou cela peut indiquer une génération de gaz dans la chimie de la cellule à des températures extrêmes. Dans tous les cas, c’est le premier signe physique que la cellule présente des limites qui n’apparaissent pas dans les supports marketing.
Pour vous qui suivez l’évolution des batteries pour véhicules électriques, ces résultats méritent une attention prudente. Les données sur la charge rapide et la performance thermique sont réelles et vérifiées indépendamment. Si la densité énergétique et la longévité ne se confirment pas, nous serions face à une cellule intéressante certes, mais pas au bouleversement technologique que Donut Lab a présenté au monde lors du CES. Les prochaines semaines nous diront si cette entreprise peut transformer ses promesses en réalité commerciale.
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