Actu voiture électrique

Cette voiture électrique française semble presque désormais invendable en occasion

Michael Ptaszek

Le marché de l’occasion révèle ses préférences avec une clarté parfois brutale. Si les voitures électriques peinent déjà à trouver acquéreur comparativement aux modèles thermiques, certains véhicules français semblent particulièrement malmenés par les acheteurs d’occasion. Les derniers chiffres du secteur dessinent un portrait contrasté où performances techniques et attractivité tarifaire se livrent une bataille acharnée pour séduire une clientèle encore hésitante.

Des délais de vente qui s’éternisent pour l’électrique d’occasion

Les professionnels de l’automobile le constatent quotidiennement sur leurs plateformes : écouler une voiture électrique d’occasion demande significativement plus de patience qu’un modèle thermique. Le dernier baromètre Mobilians-Avere révèle qu’il faut désormais compter 161 jours en moyenne au quatrième trimestre 2025 pour finaliser la vente d’un véhicule électrifié, contre seulement 139 jours pour son équivalent à moteur à combustion.

Cette tendance s’inscrit même dans une légère dégradation, puisque le trimestre précédent affichait déjà 160 jours. L’âge du véhicule influence directement ces délais : si les modèles récents de moins de trois ans s’écoulent en 144 jours en moyenne, les véhicules plus matures âgés de 5 à 8 ans peuvent stagner jusqu’à 212 jours sur le marché. Cette différence s’explique principalement par l’évolution rapide des technologies embarquées, rendant les anciennes générations moins attractives aux yeux des acheteurs.

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La technologie comme critère déterminant de revente

L’équation est simple : plus les spécifications techniques sont avancées, plus la rotation s’accélère. Les véhicules dotés d’une capacité de batterie élevée trouvent acquéreur bien plus rapidement que leurs homologues aux accumulateurs plus modestes. Cette logique se retrouve également dans les performances de recharge, où un modèle capable d’encaisser entre 150 et 200 kW ne reste sur le marché que 107 jours, contre 172 jours pour un véhicule plafonné entre 50 et 100 kW.

Cette corrélation directe entre performances et attractivité commerciale reflète les attentes d’une clientèle de plus en plus informée sur les enjeux de l’électromobilité. Les acheteurs recherchent avant tout l’autonomie réelle et la rapidité de recharge, deux critères qui conditionnent l’usage quotidien du véhicule.

Les champions et les laissés-pour-compte du marché

Paradoxalement, certains modèles techniquement moins performants tirent leur épingle du jeu grâce à leur positionnement tarifaire. La Twingo électrique illustre parfaitement cette dynamique : disponible à moins de 10 000 euros sur le marché de l’occasion, elle figure parmi les véhicules qui s’écoulent en moins de trois mois. La Fiat 500 électrique et la Dacia Spring bénéficient du même effet d’aubaine tarifaire.

À l’autre extrémité du spectre, la Mini électrique première génération domine le classement des taux de revente rapide grâce à son image premium et ses performances équilibrées. La Renault Megane équipée de sa grosse batterie complète ce peloton de tête en conjuguant autonomie généreuse et tarification raisonnable.

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ModèleDélai de vente moyenPrix d’occasion typique
Mini électrique (1ère gen.)< 90 jours18 000 – 25 000 €
Twingo électrique< 90 jours< 10 000 €
DS 3 Crossback E-Tense233 jours15 000 – 22 000 €

La DS 3 Crossback persiste dans ses difficultés

Pour la DS 3 Crossback E-Tense, les nouvelles restent préoccupantes. Avec une durée moyenne de 233 jours avant de trouver acquéreur, ce SUV compact français détient le record peu enviable de la rotation la plus lente du marché. Cette situation perdure depuis plusieurs trimestres consécutifs, suggérant des problèmes structurels plutôt qu’une simple fluctuation conjoncturelle.

Le baromètre pointe également les difficultés rencontrées par le Peugeot e-2008 et la Citroën ë-C4, deux autres représentants de l’industrie automobile française qui peinent à convaincre sur le marché de l’occasion. Ces modèles souffrent probablement d’un positionnement tarifaire initial élevé qui se répercute négativement sur leur attractivité en seconde main, combiné à des caractéristiques techniques qui n’ont pas suffisamment marqué les esprits face à une concurrence européenne et asiatique de plus en plus agressive.

Cette situation interroge sur la stratégie commerciale des constructeurs français dans l’électrique, entre montée en gamme assumée et nécessité de démocratiser l’accès à ces technologies. Le marché de l’occasion, par sa transparence brutale, révèle les forces et faiblesses réelles des différents modèles au-delà des discours marketing.

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