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Citroën prépare-t-il vraiment une nouvelle 2CV électrique ?

Philippe Moureau

La perspective d’un retour de la 2CV version électrique alimente les conversations depuis plusieurs années maintenant. Cette icône de l’automobile française, symbole d’une mobilité accessible et sans fioritures, pourrait-elle vraiment renaître sous forme de véhicule électrique abordable ? Les indices s’accumulent chez Citroën, même si le constructeur aux chevrons reste discret sur ses véritables intentions. Entre rumeurs persistantes et informations fragmentaires, faisons le point sur ce que l’on sait réellement de ce projet qui fait déjà fantasmer les nostalgiques.

Un projet de citadine électrique bien réel dans les cartons

Citroën travaille actuellement sur le projet baptisé E-Car, une petite voiture qui viendrait se positionner sous la C3 dans la gamme. Cette dernière a déjà prouvé que le constructeur français savait proposer des tarifs attractifs : 15 990 € pour la version thermique et 19 990 € pour l’électrique avant déduction des aides gouvernementales. Un positionnement tarifaire qui a fait mouche auprès des acheteurs français.

Le segment visé par cette future E-Car correspond aux mini-citadines, ce fameux segment A que Citroën avait déserté après l’arrêt de la C1. Le constructeur avait alors jugé ce marché peu rentable. Pourquoi ce revirement stratégique ? La demande européenne pour des véhicules électriques accessibles financièrement reste particulièrement forte, d’autant que la concurrence s’organise. Renault prépare sa nouvelle Twingo électrique, Volkswagen annonce une ID.1, et ces modèles entendent bien capter une clientèle qui cherche une alternative crédible aux citadines thermiques.

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L’esprit 2CV sans le design rétro ?

Le lien avec la mythique 2CV réside avant tout dans la philosophie : proposer une automobile qui va à l’essentiel, dépouillée du superflu, pour maintenir un prix contenu. Cette approche correspond parfaitement au projet E-Car tel qu’envisagé initialement par Stellantis. Le groupe espérait d’ailleurs que l’Europe crée une nouvelle catégorie de petites voitures avec des contraintes réglementaires allégées, permettant ainsi de réduire les coûts de production.

La grande question reste celle de l’apparence. Début 2025, Thierry Koskas, alors à la tête de Citroën, se montrait réservé concernant le rétro-design. Son successeur Xavier Chardon semble avoir une vision différente, mais les informations restent floues. Le constructeur avait pourtant déjà exploré cette piste avec le concept Revolte présenté en 2009, qui proposait une relecture moderne de la Deuche. Cette idée avait ensuite été abandonnée, mais l’engouement suscité par la Renault 5 électrique et ses plus de 120 000 commandes pourrait bien changer la donne.

Les contraintes du développement partagé au sein de Stellantis

La future citadine de Citroën ne se développera pas seule. Fiat prépare également une petite Panda nouvelle génération, et les deux modèles partageront leur base technique. Cette mutualisation permet de diviser les coûts de développement, une nécessité absolue pour proposer un véhicule électrique sous la barre symbolique des 20 000 €. Le partage va souvent très loin chez Stellantis : structure, empattement, dimensions générales sont identiques entre modèles frères, comme on peut le constater entre la C3 actuelle et la Grande Panda.

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Cette approche pose une difficulté majeure pour un éventuel design inspiré de la 2CV. Comment concilier les formes arrondies et sympathiques qu’on imagine pour une nouvelle Deuche avec l’esthétique plus anguleuse qui caractérise traditionnellement la Panda ? Les équipes de style devront faire preuve de créativité pour que chaque modèle conserve son identité propre malgré des fondations communes. Voici les principales caractéristiques attendues pour cette future citadine :

  • Une plateforme spécifiquement développée pour des véhicules électriques compacts
  • Une autonomie comprise entre 250 et 300 km, suffisante pour un usage urbain et périurbain
  • Une batterie LFP (lithium-fer-phosphate) pour réduire les coûts tout en garantissant une longévité correcte
  • Un habitacle simplifié mais fonctionnel, privilégiant les matériaux durables
  • Un poids contenu sous les 1 000 kg pour optimiser l’efficience énergétique

Un concept prévu au Mondial de l’Auto

Citroën a confirmé qu’un concept-car serait dévoilé lors du prochain Mondial de l’Auto. Selon plusieurs sources, ce prototype correspondrait au projet de citadine électrique abordable actuellement en gestation. Xavier Chardon aurait validé le programme, même si l’Union européenne n’a pas encore tranché sur la création d’une catégorie spécifique pour ces petits véhicules électriques. L’idée d’assouplir certaines normes de sécurité pour baisser les coûts, défendue par Stellantis, ne semble pas en voie d’adoption à Bruxelles.

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Le groupe a néanmoins obtenu quelques avancées concernant les normes CO2, ce qui pourrait faciliter la commercialisation de ces citadines électriques sans pénalités financières excessives. Fiat sera également présent au Mondial avec son propre concept, offrant potentiellement un premier aperçu des solutions techniques retenues pour ces modèles jumeaux. La présentation simultanée de ces deux véhicules permettra d’évaluer jusqu’où va réellement la différenciation entre les deux marques du groupe.

Entre héritage et modernité, un équilibre difficile

Le succès phénoménal de la Renault 5 électrique démontre que le public français reste sensible aux designs nostalgiques, à condition qu’ils soient bien exécutés. La citadine au losange a su trouver le juste équilibre entre références au passé et modernité, créant un objet désirable qui dépasse le simple statut de moyen de transport. Renault compte répéter l’opération avec la Twingo, jouant également la carte du style rétro assumé.

Pour Citroën, la tentation est forte de suivre cette voie. La 2CV bénéficie d’un capital sympathie considérable, bien au-delà des frontières françaises. Son image de voiture simple, robuste et accessible colle parfaitement aux attentes actuelles d’une clientèle qui recherche du sens dans ses achats automobiles. Reste à savoir si le constructeur osera vraiment franchir le pas d’une réinterprétation visuelle marquée, ou s’il se contentera de reprendre l’esprit sans les formes. La réponse devrait tomber dans quelques mois, lors de la présentation du fameux concept au Mondial de l’Auto. En attendant, vous pouvez parier que les discussions continueront d’animer les forums et les réseaux sociaux, entre espoir et scepticisme. Le retour de la 2CV électrique reste pour l’instant davantage une belle promesse qu’une certitude établie.

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