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Le secret de Ford pour diviser les coûts de production de ses véhicules électriques

Albert Lecoq

Ford accélère le développement de son futur pickup électrique abordable, dont le prix devrait avoisiner les 23 000 euros. Après avoir dévoilé en août dernier les innovations de son processus d’assemblage, le constructeur américain revient avec des informations concrètes sur l’avancement de ce projet stratégique. Jim Farley, PDG de Ford, confirme que le premier véhicule basé sur la nouvelle plateforme Universal EV (UEV) subit déjà des tests sur route, tandis que l’approvisionnement des composants atteint désormais 95% de completion.

Cette annonce intervient dans un contexte où Ford a dû reporter plusieurs modèles électriques pour se concentrer sur cette plateforme révolutionnaire. Le constructeur mise tout sur une méthode d’assemblage inédite qui abandonne la chaîne de montage traditionnelle au profit d’un système modulaire plus efficace.

Une plateforme de production entièrement repensée

L’usine de Louisville dans le Kentucky, qui produisait jusqu’alors les Ford Escape et Lincoln Corsair à essence, s’apprête à vivre une transformation majeure. L’installation des nouveaux équipements débutera dès la fin de cette année, marquant le passage vers la fabrication de véhicules électriques. Cette reconversion s’inscrit dans la stratégie globale de Ford pour démocratiser l’électromobilité.

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Le processus d’assemblage UEV bouleverse les codes traditionnels de l’industrie automobile. Au lieu d’une chaîne de montage linéaire, Ford divise la production en trois sections distinctes : arrière, centrale et avant du véhicule. Ces modules sont assemblés séparément avant d’être réunis en fin de processus. Cette approche modulaire permet de réduire significativement les coûts de production tout en accélérant les cadences de fabrication.

Des batteries LFP pour optimiser les coûts

Parallèlement à la préparation de l’usine kentuckienne, Ford se prépare à lancer la production de cellules lithium fer phosphate (LFP) dans son centre de fabrication de batteries de Marshall, dans le Michigan. Ce choix technologique n’est pas anodin : les batteries LFP présentent des avantages économiques indéniables par rapport aux cellules nickel manganèse cobalt (NMC) plus répandues.

Les spécifications techniques révèlent une approche pragmatique de Ford. Le système électrique fonctionnera sous 400 volts plutôt que 800 volts, un choix qui privilégie la simplicité et la maîtrise des coûts. Les batteries LFP, bien qu’offrant une densité énergétique moindre, compensent par leur durabilité accrue et leur capacité à supporter des cycles de charge complète plus fréquents.

  • Coût de production réduit grâce à la technologie LFP
  • Durabilité supérieure pour les cycles de charge répétés
  • Voltage 400V pour simplifier l’architecture électrique
  • Capacité estimée à 51 kWh selon les objectifs du constructeur
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Un pickup compact aux ambitions mesurées

Ford vise une batterie 15% plus compacte que celle du crossover électrique chinois BYD Atto, ce qui correspondrait à une capacité d’environ 51 kilowattheures. Cette capacité peut sembler modeste comparée aux standards actuels du marché, mais elle s’inscrit dans la philosophie d’un véhicule accessible financièrement.

Le futur pickup, dont les dimensions rappelleraient celles du Maverick actuel, mise sur la légèreté plutôt que sur une autonomie maximale. Cette approche vise à proposer une autonomie suffisante pour les besoins quotidiens de la majorité des utilisateurs, tout en maintenant un prix attractif. Le constructeur américain parie sur l’optimisation du poids total du véhicule pour compenser la capacité batterie relativement limitée.

Un calendrier serré pour une commercialisation en 2027

Malgré les reports de plusieurs modèles électriques, Ford maintient fermement son objectif de révélation en 2027. Jim Farley insiste sur la proximité de ce projet : “Ce n’est pas un plan lointain, c’est imminent pour nous chez Ford”. Cette déclaration lors de la conférence des résultats du troisième trimestre témoigne de la confiance du constructeur dans ses capacités de développement.

La stratégie de Ford consiste à sacrifier certains projets à court terme pour mieux se positionner sur le segment des véhicules électriques abordables. Cette approche contraste avec la course aux performances et à l’autonomie maximale menée par d’autres constructeurs, privilégiant l’accessibilité financière comme levier de démocratisation.

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Le pickup électrique de Ford s’annonce comme une réponse pragmatique aux attentes du marché américain, où les utilitaires légers dominent les ventes. Avec son prix cible de 23 000 euros et sa production déjà bien avancée, ce modèle pourrait redéfinir les standards du segment électrique accessible.

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