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Geely dévoile un moteur électrique inédit : 8,2 kWh/100 km et record Guinness

Albert Lecoq

Le groupe chinois Geely vient de présenter un nouveau moteur électrique baptisé Thunder, développé par sa filiale InfiMotion. Ce bloc fait ses débuts à bord de la Geely Galaxy TT, dévoilée en juillet 2026, et revendique des chiffres de consommation et de rendement qui méritent qu’on s’y attarde sérieusement. Entre architecture intégrée, intelligence artificielle embarquée et record du Guinness World Records, voici ce que vous devez savoir sur cette technologie.

Un moteur électrique qui repense l’intégration des composants

Le Thunder n’est pas un moteur électrique ordinaire. Geely le qualifie de « 16-en-1 », ce qui signifie concrètement qu’il regroupe 12 fonctions matérielles et quatre commandes logicielles intelligentes au sein d’un seul et même bloc. Résultat : pas moins de 180 composants redondants ont été supprimés par rapport à une architecture classique. Cette simplification mécanique se traduit par un gain de poids significatif — l’ensemble ne pèse que 75 kilos, soit 15 % de moins qu’un moteur électrique conventionnel comparable.

Cette intégration poussée a également des effets positifs sur l’encombrement général du groupe motopropulseur. La hauteur du bloc est ramenée à seulement 32,5 centimètres, ce qui libère près de 28 litres d’espace supplémentaire dans le coffre de la Galaxy TT. Pour y parvenir, Geely a notamment réduit le câblage haute tension de 30 % et le câblage basse tension de 15 %. En matière de densité de puissance, le Thunder affiche 15,8 chevaux par kilo — un chiffre qui reste bien en deçà des moteurs de compétition haut de gamme, mais qui constitue une progression réelle pour un moteur de série destiné à une berline familiale.

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Des performances thermiques et un rendement record

Sur le plan de l’efficience énergétique, le Thunder revendique un rendement de 93,8 % selon le cycle d’homologation chinois CLTC. Il convient ici d’être précis : le cycle CLTC est nettement moins sévère que le cycle WLTP utilisé en Europe, ce qui signifie que les chiffres annoncés doivent être interprétés avec un certain recul. La consommation de 10,7 kWh/100 km en cycle CLTC est déjà flatteuse en conditions normales d’utilisation, mais c’est le chiffre de 8,2 kWh/100 km mesuré lors d’un défi d’efficience autour du lac Qinghai, en Chine, qui a valu à la Galaxy TT un record du Guinness World Records de la plus faible consommation pour une berline électrique de série. Un second record a d’ailleurs été décroché lors de la même présentation, avec un drift continu de plus de 46 kilomètres à deux voitures sur chaussée mouillée.

Le moteur intègre également une gestion thermique assistée par intelligence artificielle, particulièrement utile dans des conditions climatiques extrêmes. À -18 degrés, le système est capable de stocker une énergie thermique équivalente à 7 kWh, ce qui permet de réduire la consommation d’énergie liée au chauffage d’environ 40 %. C’est un point non négligeable pour les utilisateurs vivant dans des régions où les hivers sont rigoureux, car le chauffage de l’habitacle représente l’une des principales causes de perte d’autonomie sur les voitures électriques en période froide. Le bloc repose par ailleurs sur une architecture 800 volts, ce qui garantit une recharge rapide et une excellente réactivité du système dans son ensemble.

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La Galaxy TT en chiffres : deux versions, jusqu’à 725 km d’autonomie CLTC

La Geely Galaxy TT se décline en deux configurations motorisées, dont voici les caractéristiques principales :

  • Version à propulsion simple : 329 chevaux, traction arrière, autonomie maximale annoncée de 725 km selon le cycle CLTC
  • Version quatre roues motrices (deux moteurs) : 570 chevaux, transmission intégrale, performances accrues sur tous types de revêtements

L’autonomie de 725 km selon le cycle CLTC est séduisante sur le papier, mais il faut garder à l’esprit que transposée au cycle WLTP, cette valeur tomberait vraisemblablement autour de 600 kilomètres, voire en dessous. Cela reste néanmoins un niveau élevé pour une berline de série. Si la Galaxy TT devait un jour franchir les frontières chinoises pour atteindre les marchés européens — ce qui n’est pas encore confirmé à ce stade —, ces données seraient à reconsidérer avec les homologations locales en vigueur.

Le revers de l’intégration maximale : la maintenabilité en question

L’approche tout-en-un du moteur Thunder soulève une question légitime sur laquelle il serait malhonnête de faire l’impasse. Comme le relève Car News China, regrouper dans un même bloc des composants aux durées de vie différentes — comme le chargeur embarqué ou le convertisseur DC/DC — complique potentiellement les interventions de maintenance et de réparation. En cas de défaillance d’un seul module, il pourrait être nécessaire d’intervenir sur l’ensemble du bloc plutôt que de remplacer uniquement la pièce défectueuse, ce qui aurait des répercussions directes sur le coût des réparations hors garantie.

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C’est un enjeu réel que les acheteurs de voitures électriques ont raison de prendre en compte, au-delà des chiffres de rendement et d’autonomie. L’intégration croissante des systèmes dans les véhicules électriques modernes offre des gains évidents en termes de poids, d’encombrement et d’efficience, mais elle peut aussi rendre ces voitures plus difficiles — et plus onéreuses — à entretenir sur le long terme. Geely n’a pas encore précisé comment la Galaxy TT sera couverte sur ce plan dans les marchés où elle sera commercialisée, et c’est une information que vous aurez tout intérêt à surveiller si ce modèle arrive un jour en Europe.

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