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Les ingénieurs ne chôment pas du côté de Geely. Le constructeur chinois vient de dévoiler un nouveau système de motorisation électrique baptisé “Thunder”, qui mise sur une intégration poussée de ses composants pour gagner en compacité, en légèreté et en rendement. Voici ce qu’il faut savoir sur cette unité qui commence à équiper les premiers modèles de la marque.
Ce qui distingue le système Thunder des motorisations électriques classiques, c’est son niveau d’intégration. Là où la plupart des groupes motopropulseurs répartissent leurs fonctions entre plusieurs boîtiers reliés par une multitude de câbles, Geely a choisi de tout regrouper dans une seule et même unité. Au total, ce sont 12 composants matériels qui cohabitent dans le même carter, auxquels s’ajoutent quatre fonctions logicielles pilotées par intelligence artificielle selon le constructeur.
Parmi les éléments intégrés, on retrouve notamment le moteur, le contrôleur moteur, le convertisseur DC/DC, le chargeur embarqué, l’unité de contrôle du véhicule, le gestionnaire de pré-charge actif, ainsi que les systèmes de gestion des batteries basse et haute tension. Cette concentration de fonctions a permis de supprimer plus de 180 composants par rapport à une architecture conventionnelle, ce qui représente un gain de complexité non négligeable à l’assemblage et pour la maintenance.
Le boîtier, fabriqué en magnésium, contribue directement à cette légèreté. C’est un matériau moins courant que l’aluminium dans ce type d’application, mais qui offre un meilleur ratio résistance/poids, ce qui explique en partie pourquoi Geely l’a retenu pour ce projet.

Sur le plan du rendement, Geely annonce un taux de 93,8 %, ce que le groupe présente comme un record à l’échelle de la production en série. Pour rappel, les moteurs électriques atteignent couramment des rendements entre 85 et 92 % selon les technologies et les conditions d’utilisation. Se rapprocher des 94 % dans un contexte de production industrielle, et non dans un laboratoire, reste une performance solide.
La densité de puissance revendiquée atteint 11,8 kW/kg, ce qui témoigne d’une bonne optimisation du rapport entre la puissance délivrée et la masse du système. Pour vous donner une idée concrète, une motorisation électrique de référence se situe généralement entre 5 et 9 kW/kg selon les constructeurs et les segments visés.
C’est la Geely Galaxy TT, une berline sportive électrique, qui inaugure ce nouveau groupe motopropulseur. Elle se décline en deux niveaux de puissance selon la configuration choisie :
| Configuration | Puissance | Architecture |
|---|---|---|
| Moteur unique | 328 ch | Propulsion |
| Double moteur (AWD) | 570 ch | 4 roues motrices |
La Galaxy TT repose sur une architecture 800 volts, ce qui lui permet de bénéficier de recharges rapides dans de bonnes conditions. Trois capacités de batterie sont proposées au catalogue : 52,4 kWh, 63,8 kWh et 75,2 kWh. L’autonomie maximale annoncée selon le cycle CLTC — le standard chinois, réputé généreux — atteint 725 km. Ramenée aux conditions européennes, cette valeur serait vraisemblablement plus proche des 550 à 600 km en cycle WLTP, une estimation à garder en tête si vous comparez ces chiffres avec des modèles vendus sur notre marché.
Il faut par ailleurs noter que la norme CLTC est propre au marché chinois et tend à surestimer les autonomies réelles par rapport aux standards européens WLTP. Ce n’est pas une raison de balayer ces données d’un revers de main, mais simplement un paramètre de lecture à intégrer dans votre analyse.
Pour l’heure, la Geely Galaxy TT est destinée au marché chinois, et aucune commercialisation en Europe n’est officiellement prévue. Geely étant actionnaire de Volvo, Polestar ou encore Lotus, il ne serait pas absurde de voir certaines de ces technologies migrer vers des marques plus familières des automobilistes européens dans les années à venir. Le système Thunder illustre en tout cas la capacité des constructeurs chinois à proposer des solutions techniques compétitives, y compris sur des critères aussi précis que la densité de puissance ou le rendement énergétique.
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