Segway Xaber 300 : la moto électrique tout-terrain qui dépasse les 100 km/h
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Un rapport du cabinet de conseil AlixPartners publié début 2026 dresse un constat sévère : les constructeurs automobiles occidentaux sont en train de céder le contrôle de l’expérience numérique à bord de leurs véhicules à des partenaires extérieurs. Derrière ce glissement discret se joue en réalité une bataille stratégique et économique majeure, celle des véhicules définis par le logiciel, ou SDV (Software-Defined Vehicles). Et dans cette course, l’Occident accuse un retard qui commence à se chiffrer en milliards.
Avant d’aller plus loin, il faut tordre le cou à une idée reçue. Un véhicule défini par le logiciel, ce n’est pas une voiture qui ressemble à un smartphone sur roues. Techniquement, toute voiture construite depuis une dizaine d’années est déjà pilotée par des logiciels : la détection de la clé, le déverrouillage des portes, la gestion du couple moteur, tout cela repose sur du code informatique. La vraie question, c’est de savoir qui contrôle ce code.
Dans le jargon du secteur, on parle de “points de contrôle”. Posséder ces points de contrôle en interne, c’est ce qui permet à Tesla d’envoyer une mise à jour over-the-air (OTA) pour corriger un dysfonctionnement du chargeur, ou de synchroniser climatisation, éclairage, verrouillage et écran central en un seul déploiement logiciel. À l’inverse, un constructeur qui s’appuie sur des briques logicielles fournies par des tiers se retrouve avec une architecture “patchée” : il ne peut pas modifier l’ensemble du système à distance, et doit souvent envoyer ses clients en concession pour des mises à jour qui devraient être transparentes.
Le rapport d’AlixPartners s’appuie sur les réponses de 1 002 dirigeants issus de constructeurs automobiles, d’équipementiers de rang 1 et d’entreprises technologiques en Amérique du Nord, en Europe et en Asie. Les résultats sont sans appel.
Ces chiffres traduisent une réalité concrète : pendant que BYD, Geely ou Xpeng construisent leurs plateformes logicielles depuis zéro avec une vision long terme, Ford, Stellantis ou Volkswagen continuent d’assembler des couches logicielles issues de fournisseurs multiples. Le résultat, c’est une intégration incomplète qui génère des frictions, des délais et des coûts considérables.
L’argument commercial le plus immédiat tient en deux mots : rappels constructeur. En 2024, selon les données de la NHTSA (l’agence américaine de sécurité routière), plus de 99 % des rappels Tesla ont été résolus via une mise à jour à distance. Chaque véhicule corrigé sans passer par un réseau de concessions représente une économie directe : pas de technicien mobilisé, pas de véhicule de remplacement à fournir, pas de créneau d’atelier à bloquer.
À l’échelle d’un parc de plusieurs millions de voitures, l’effet est massif. Himanshu Khandelwal, auteur du rapport, le formule clairement : garantie et rappels représentent des postes de dépenses colossaux pour les constructeurs traditionnels. Un constructeur qui maîtrise son stack logiciel complet peut transformer ces coûts en économies. Celui qui dépend de tiers reste tributaire d’un processus lent, coûteux, et souvent frustrant pour le client qui doit se déplacer en concession pour un problème qui aurait pu être réglé en quelques minutes.
Pour combler leur retard, beaucoup de constructeurs occidentaux se sont tournés vers Android Automotive OS, la plateforme logicielle de Google — à ne pas confondre avec Android Auto, qui se contente de projeter le téléphone sur l’écran. Aujourd’hui, sous des interfaces visuellement très différentes, plusieurs modèles phares partagent la même base :
Pour vous en tant qu’utilisateur, ce n’est pas nécessairement un problème. Android Automotive est une base solide, fluide, et bien intégrée aux services Google. Mais pour le constructeur, confier l’intégralité de l’expérience client à Google, c’est renoncer à une relation directe avec son propre acheteur. Et c’est précisément là que se joue la valeur future du SDV : pas dans les abonnements à des fonctions comme le chauffage des sièges — une approche qui a sérieusement terni l’image de BMW — mais dans la capacité à fidéliser, à personnaliser et à monétiser une relation durable avec le conducteur.
La première étape, selon Khandelwal, est de comprendre que rattraper ce retard n’est pas un projet de six mois. C’est une transformation profonde du modèle opérationnel. Les marques occidentales ont longtemps été tentées par les revenus récurrents des abonnements logiciels comme solution rapide à leurs problèmes de rentabilité. Mais vouloir monétiser une expérience avant de l’avoir rendue suffisamment robuste et désirable, c’est brûler les étapes dans le mauvais sens.
La vraie valeur du SDV se déploie sur toute la durée de vie du véhicule : réutilisation des plateformes logicielles sur plusieurs modèles, déploiements OTA efficaces, réduction des coûts de garantie, et surtout, une cadence d’amélioration continue que les architectures traditionnelles ne permettent tout simplement pas d’atteindre. Tesla l’a démontré avec les Model 3 et Model Y, deux véhicules construits sur une base commune et constamment améliorés à distance. Le Model Y est devenu la voiture la plus vendue au monde en 2023, et son expérience logicielle reste encore aujourd’hui nettement au-dessus de celle proposée par la plupart des marques européennes ou américaines.
Le rapport d’AlixPartners parle d’un risque “existentiel” pour les acteurs occidentaux s’ils ne repensent pas leur modèle en profondeur. Ce mot est fort, mais il n’est pas exagéré : dans un marché où le logiciel devient aussi différenciant que la mécanique, rester dépendant de partenaires extérieurs sur les points de contact essentiels avec le client, c’est s’exposer à perdre la maîtrise de sa propre identité de marque — et à terme, une part significative de sa compétitivité face à des acteurs qui, eux, ont fait de la software une priorité absolue depuis plusieurs années.
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