On pensait les batteries solides lointaines : elles arrivent dès cette année dans ces modèles
Les batteries à électrolyte solide représentent l’une des avancées les plus attendues de l’industrie automobile électrique. Après des années de […]
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Les chiffres récemment publiés par CNEVPost ne laissent aucune place au doute : l’industrie mondiale des batteries pour véhicules électriques est devenue un monopole de fait chinois. Avec CATL qui détient 37,9% du marché et BYD qui s’accapare 17,8% des parts, les deux géants de l’Empire du Milieu contrôlent désormais plus de la moitié de la production mondiale. Cette domination soulève des questions stratégiques majeures pour l’Europe et les États-Unis, qui peinent à développer leurs propres filières industrielles.
Contemporary Amperex Technology Co. Limited, plus connu sous l’acronyme CATL, conserve sa couronne de numéro 1 mondial des batteries électriques. Fondée en 2011, cette entreprise chinoise a su s’imposer grâce à des investissements massifs en recherche et développement, lui permettant de proposer des technologies de pointe à des prix compétitifs. Son chiffre d’affaires a dépassé les 50 milliards d’euros en 2024, témoignant de sa croissance fulgurante.
Néanmoins, la firme accuse un léger repli par rapport à 2024, où elle détenait 45,48% du marché. Cette érosion de près de 8 points s’explique principalement par la montée en puissance de ses concurrents, notamment BYD qui intensifie sa production interne de cellules. CATL approvisionne aujourd’hui la plupart des constructeurs mondiaux, de Tesla à BMW, en passant par Ford et Stellantis.
Le constructeur chinois BYD ne se contente plus d’être le leader mondial des ventes de véhicules électriques. Avec ses 110 000 ingénieurs, l’entreprise de Shenzhen a fait le pari de l’intégration verticale totale, concevant et produisant l’intégralité de ses batteries en interne. Cette stratégie lui permet de contrôler ses coûts et de garantir la qualité de ses produits, tout en réduisant sa dépendance aux fournisseurs externes.
La progression de BYD dans le domaine des batteries illustre parfaitement l’approche chinoise : investissement massif dans la R&D, économies d’échelle et maîtrise complète de la chaîne de valeur. L’entreprise produit désormais des cellules LFP (lithium-fer-phosphate) particulièrement prisées pour leur rapport qualité-prix et leur sécurité accrue.
Face à l’hégémonie chinoise, la Corée du Sud tente de maintenir sa position grâce à LG Energy Solution, qui occupe la troisième marche du podium avec 9,4% de parts de marché. Cette performance remarquable contraste avec les difficultés rencontrées fin 2024, où l’entreprise ne pesait que 1,11% du marché mondial. Cette remontée spectaculaire s’explique notamment par son partenariat stratégique avec General Motors pour développer une nouvelle génération de batteries.
| Fabricant | Part de marché 2025 | Évolution vs 2024 | Origine |
|---|---|---|---|
| CATL | 37,9% | -7,58% | Chine |
| BYD | 17,8% | En hausse | Chine |
| LG Energy Solution | 9,4% | +8,29% | Corée du Sud |
| CALB | 4,3% | – | Chine |
Le contraste est saisissant entre l’efficacité chinoise et les difficultés européennes dans ce secteur stratégique. Northvolt, l’espoir suédois de l’industrie européenne des batteries, a récemment déposé le bilan malgré des investissements de plus de 15 milliards d’euros. Cette faillite retentissante illustre les défis considérables auxquels font face les entreprises européennes pour rivaliser avec leurs homologues asiatiques.
Du côté français, Automotive Cells Company (ACC), la coentreprise entre Stellantis, Mercedes-Benz et TotalEnergies, peine à atteindre ses objectifs de production. Malgré des usines en construction à Douvrin, Kaiserslautern et Termoli, l’entreprise n’a pas encore trouvé son rythme de croisière. Les retards s’accumulent et les coûts de production restent bien supérieurs à ceux pratiqués en Asie.
L’industrie vit actuellement une mutation technologique majeure avec le passage des batteries NMC (nickel-manganèse-cobalt) vers les batteries LFP (lithium-fer-phosphate). Cette évolution favorise encore davantage les acteurs chinois, qui maîtrisent parfaitement cette technologie depuis plusieurs années. Les batteries LFP offrent plusieurs avantages décisifs :
Cette transition technologique oblige les constructeurs européens et américains à repenser leurs stratégies d’approvisionnement. Stellantis a ainsi signé un accord avec CATL pour produire des batteries LFP dans une nouvelle usine en Espagne, reconnaissant implicitement la supériorité chinoise dans ce domaine.
La production mondiale de batteries a bondi de 37,3% au premier trimestre 2025, atteignant 504,4 GWh contre 367,4 GWh un an plus tôt. Cette croissance explosive profite avant tout aux acteurs chinois, qui disposent des capacités industrielles et de l’expertise technique pour répondre à cette demande croissante. Dans ce contexte, l’indépendance énergétique de l’Europe et des États-Unis passe nécessairement par le développement de champions industriels capables de rivaliser avec l’efficacité chinoise.
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