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La conduite autonome Tesla évolue mais déçoit toujours autant les utilisateurs

Albert Lecoq

Tesla vient de déployer sa mise à jour Full Self-Driving (FSD) v14, la première mise à jour majeure depuis un an. Les premiers retours d’expérience révèlent des performances en deçà des attentes, avec des problèmes persistants qui remettent en question les ambitions d’autonomie complète promises par Elon Musk pour la fin 2025. Vous vous demandez si cette technologie est enfin prête ? La réalité semble plus nuancée.

Des performances mitigées selon les données disponibles

Les analystes attendaient une amélioration significative du nombre de kilomètres parcourus entre les désengagements critiques, ces moments où le conducteur doit reprendre le contrôle du véhicule pour éviter un incident. Les données collectées de manière collaborative montrent que la version 14 atteint environ 1 178 kilomètres entre ces interventions, contre 644 kilomètres pour la v13.

Cette progression, bien que notable, reste largement insuffisante pour une conduite autonome non supervisée. Tesla devrait atteindre approximativement 16 000 kilomètres entre les désengagements critiques pour envisager une autonomie réelle, même dans des zones géographiquement limitées avec des restrictions de vitesse. L’entreprise californienne ne communique aucune donnée officielle sur ses performances, contraignant les observateurs à s’appuyer sur des témoignages d’utilisateurs et des bases de données participatives.

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Les problèmes techniques persistent dans la nouvelle version

La FSD v14 présente plusieurs dysfonctionnements préoccupants qui affectent l’expérience de conduite. Les conducteurs rapportent des hallucinations du système, où le véhicule s’arrête subitement sur le bas-côté sans raison apparente. Ces arrêts intempestifs semblent liés à une mauvaise interprétation des clignotants d’autres véhicules, que l’intelligence artificielle confond avec les gyrophares des véhicules d’urgence.

Un autre problème récurrent concerne le “brake stabbing”, un phénomène où la voiture applique et relâche les freins de manière saccadée et répétitive. Cette hésitation du système crée une conduite inconfortable et potentiellement dangereuse pour les passagers comme pour les autres usagers de la route.

  • Arrêts intempestifs dus aux hallucinations du système
  • Freinage saccadé et imprévisible
  • Désactivation complète des fonctions FSD dans certains véhicules
  • Mauvaise interprétation des signaux lumineux d’autres véhicules

Le retour controversé du mode “Mad Max”

Tesla a réintroduit dans cette version son mode “Mad Max”, une fonctionnalité qui permet au véhicule de dépasser significativement les limitations de vitesse. Cette décision questionne la philosophie sécuritaire de l’entreprise, particulièrement dans un contexte où les autorités américaines scrutent de plus en plus les technologies de conduite autonome.

Le National Highway Traffic Safety Administration (NHTSA) pourrait intervenir concernant cette fonctionnalité, marquant un durcissement de la surveillance réglementaire. Cette approche agressive de la conduite contraste avec les pratiques des autres constructeurs développant des technologies similaires, qui privilégient généralement des approches plus conservatrices en matière de respect du code de la route.

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L’écart entre les promesses et la réalité technique

Elon Musk avait annoncé que la conduite autonome supervisée deviendrait non supervisée d’ici la fin 2025 sur les véhicules grand public. Les performances actuelles de la v14 rendent cet objectif hautement improbable. L’amélioration observée, bien que réelle, s’avère insuffisante pour franchir le cap vers une autonomie véritable.

Cette situation soulève des questions sur les capacités de calcul embarquées dans les véhicules Tesla actuels. Certains experts estiment que le matériel installé ne dispose pas de la puissance de traitement nécessaire pour atteindre un niveau 4 d’autonomie réel. Chaque optimisation semble se faire au détriment d’autres fonctionnalités, créant un équilibre précaire.

Version FSDKilomètres entre désengagementsAmélioration
v13644 km
v141 178 km+83%
Objectif autonomie16 000 km+2 385%

Les prochaines mises à jour correctives de la v14 pourraient améliorer ces performances, mais l’objectif d’une conduite autonome non supervisée avant 2026 semble compromis. Tesla devra probablement revoir ses ambitions temporelles et peut-être envisager une approche plus graduelle, similaire à celle adoptée par ses concurrents dans le domaine de la conduite autonome.

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