Ford va corriger le plus gros problème des voitures électriques : leur prix
Le marché automobile traverse une période délicate avec l’électrique. Pendant que la majorité des constructeurs revoient leurs ambitions à la […]
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Le marché de l’occasion français connaît une transformation progressive avec l’arrivée massive des motorisations alternatives. Si vous envisagez l’achat d’un véhicule hybride ou électrique d’occasion, vous devez savoir que ces modèles ne sont plus épargnés par les manipulations frauduleuses du compteur kilométrique. Une étude récente menée par carVertical, spécialiste des données automobiles, révèle des tendances préoccupantes qui méritent votre attention avant tout achat.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 3,2% des véhicules diesel analysés affichent un kilométrage trafiqué, ce qui en fait la motorisation la plus exposée à cette fraude. Les modèles essence suivent avec 2,2% de véhicules concernés. Cette prédominance du diesel s’explique principalement par l’usage intensif de ces véhicules, souvent acquis pour parcourir de longues distances. Les fraudeurs trouvent donc un intérêt financier à réduire artificiellement le compteur.
L’ampleur des manipulations varie selon la motorisation. Sur un diesel trafiqué, vous risquez de vous retrouver avec un véhicule dont le kilométrage réel est supérieur de 73 000 km en moyenne à celui affiché. Pour l’essence, cette réduction moyenne atteint environ 55 000 km. Ces écarts considérables représentent des milliers d’euros de décote que vous payeriez sans le savoir, sans compter l’usure prématurée des composants mécaniques.
Rassurez-vous partiellement : les véhicules électriques et hybrides présentent un taux de fraude inférieur, établi à 1,1% chacun. Ce pourcentage s’explique par la relative jeunesse de ces technologies sur le marché de l’occasion et leur volume encore limité par rapport aux motorisations thermiques. Néanmoins, cette statistique ne doit pas vous rassurer complètement.
L’analyse révèle une donnée particulièrement alarmante : lorsque la fraude touche un hybride, le kilométrage est réduit en moyenne de 79 000 km, un chiffre supérieur même aux diesels et essence. Pour les électriques, cette réduction moyenne atteint 37 000 km. Matas Buzelis, expert du marché automobile chez carVertical, explique cette tendance par l’enjeu crucial de la batterie : “Un kilométrage élevé, synonyme d’usure de la batterie chez les véhicules électriques, pousse certains vendeurs à le réduire artificiellement pour valoriser le véhicule.”
Toutes les marques ne sont pas logées à la même enseigne face à ce phénomène. Si vous cherchez un véhicule électrique d’occasion, méfiez-vous particulièrement des Renault, qui affichent le taux le plus élevé avec 3% de véhicules trafiqués. Cette proportion s’explique notamment par la présence importante de Renault sur le marché français de l’électrique depuis plusieurs années, avec des modèles comme la Zoé qui circulent en grand nombre.
Voici le classement complet des marques électriques les plus touchées :
Du côté des hybrides, la situation diffère légèrement. Porsche occupe la première place avec 1,8% de véhicules fraudés, suivie de près par Peugeot et Kia à 1,7% chacune. Toyota et Volkswagen complètent ce classement avec 1,3% de taux de fraude. Ces pourcentages peuvent sembler faibles, mais ils représentent des centaines de véhicules sur un marché en pleine expansion.
Contrairement aux idées reçues, les technologies modernes embarquées dans les voitures électriques et hybrides ne les protègent pas contre les manipulations. Les fraudeurs ont adapté leurs techniques et disposent désormais d’outils permettant de modifier les compteurs électroniques, même sur des véhicules récents dotés de systèmes informatiques sophistiqués.
La motivation derrière ces fraudes sur les véhicules électrifiés diffère partiellement de celle concernant les thermiques. Au-delà de la simple valorisation du véhicule, les vendeurs malhonnêtes cherchent à masquer l’état réel de dégradation de la batterie. Vous savez probablement qu’une batterie lithium-ion perd progressivement de sa capacité au fil des cycles de charge. Sur un véhicule affichant 150 000 km réels mais seulement 70 000 km au compteur, vous pourriez découvrir après achat une autonomie réelle diminuée de 20 à 30% par rapport aux spécifications constructeur, sans comprendre pourquoi.
Face à cette réalité du marché, plusieurs précautions s’imposent. Demandez systématiquement un rapport d’historique complet du véhicule qui croise différentes sources de données : contrôles techniques, passages en garage, déclarations d’assurance. Ces rapports, proposés par des services comme carVertical ou d’autres acteurs du secteur, peuvent révéler des incohérences dans l’évolution du kilométrage.
Examinez attentivement le carnet d’entretien et vérifiez que les tampons correspondent aux kilométrages indiqués. Sur un véhicule électrique, portez une attention particulière à l’état de la batterie. La plupart des constructeurs proposent désormais un certificat d’état de santé de la batterie, indiquant sa capacité résiduelle. N’hésitez pas à faire réaliser ce diagnostic avant l’achat, même si cela représente un coût de 100 à 200 euros.
L’étude de carVertical, basée sur l’analyse de milliers de rapports générés entre janvier 2024 et mars 2026 en France, confirme que la fraude au compteur n’est plus l’apanage des seuls véhicules thermiques. Avec la montée en puissance des ventes de véhicules hybrides et électriques neufs ces dernières années, leur arrivée massive sur le marché de l’occasion s’accompagne malheureusement des mêmes dérives que celles observées sur les motorisations conventionnelles. Votre vigilance reste donc votre meilleur atout pour éviter une mauvaise affaire qui pourrait vous coûter plusieurs milliers d’euros en surcoût à l’achat et en frais d’entretien imprévus.
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