Finalement, Volkswagen mise sur la normalité pour sa première Golf 100 % électrique
Volkswagen prépare la neuvième génération de sa Golf, et cette fois, l’icône allemande passera à l’électrique. Une première esquisse a […]
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Les chiffres publiés par l’organisation Transport & Environment début 2026 viennent bousculer certaines idées reçues sur l’impact de l’électrification automobile en France. Alors que le débat oppose régulièrement défenseurs du moteur thermique et partisans de la transition électrique, les données de l’année 2025 montrent une tendance claire : la production locale de voitures électriques progresse nettement, tandis que celle des modèles essence et diesel stagne ou recule. Ces résultats méritent qu’on s’y attarde, car ils dessinent peut-être l’avenir industriel de notre filière automobile.
Avec plus de 300 000 exemplaires vendus en 2025 et la Renault 5 E-Tech en tête des immatriculations, l’électrique semble avoir franchi un cap symbolique dans l’Hexagone. Mais au-delà des volumes de ventes, c’est surtout l’origine de fabrication de ces véhicules qui retient l’attention et qui pourrait bien redéfinir la carte de l’emploi automobile français.
Le rapport de Transport & Environment révèle que la part de véhicules électriques fabriqués en France vendus dans notre pays a pratiquement doublé entre 2024 et 2025. Pour les ventes aux particuliers, cette proportion est passée de 16 % à 30 % en l’espace de douze mois. Les flottes professionnelles suivent la même trajectoire, avec une progression de 18 % à 25 % sur la même période. Si vous additionnez tous les segments, particuliers comme professionnels, vous obtenez une moyenne de 27 % de production hexagonale pour les modèles électriques vendus en 2025.
Ce bond spectaculaire contraste fortement avec la situation des motorisations thermiques. Les véhicules essence et diesel produits sur notre territoire ne représentent que 14 % des ventes en 2025, soit une hausse dérisoire d’un seul point par rapport à 2024. Pour les utilitaires, la tendance est encore plus préoccupante : la part de fabrication française a même reculé, passant de 18 % à 17 %. Comme le souligne Léo Larivière de T&E, l’histoire récente du thermique rime avec délocalisation, tandis que l’électrique privilégie le made in France.
Vous vous demandez peut-être ce qui explique cette dynamique favorable à la production locale d’électriques. La réponse tient en grande partie aux dispositifs d’incitation mis en place par les pouvoirs publics. L’éco-score, qui conditionne l’accès au bonus écologique en fonction du lieu de fabrication, joue un rôle déterminant. Ce système de notation prend en compte l’empreinte carbone globale du véhicule, de sa production à son utilisation, ce qui favorise naturellement les modèles assemblés en Europe.
Le leasing social s’appuie également sur ce même éco-score pour établir sa liste de véhicules éligibles. Cette double contrainte a eu un effet particulièrement marqué : elle a freiné considérablement la pénétration des constructeurs chinois sur le marché français, alors même que leurs ventes explosaient dans le reste de l’Europe. Si vous comparez les parts de marché des marques asiatiques entre la France et l’Allemagne ou l’Italie, l’écart saute aux yeux.
L’autre révélation du rapport T&E concerne l’évolution spectaculaire des achats professionnels. Les ventes de voitures électriques aux entreprises ont bondi de 52 % en 2025, grimpant d’environ 69 000 à près de 105 000 unités. Cette accélération brutale s’explique par plusieurs facteurs fiscaux qui ont rendu l’électrique beaucoup plus attractif pour les gestionnaires de flottes.
La réforme de la fiscalité sur les voitures de fonction a joué un rôle majeur dans cette transformation. Les entreprises bénéficient désormais d’avantages substantiels lorsqu’elles optent pour des véhicules à zéro émission. La taxe annuelle incitative (TAI), qui s’applique aux flottes de plus de 100 véhicules, a également contribué à cette dynamique en imposant des objectifs d’électrification progressifs. Les responsables de parc automobile ont rapidement compris l’intérêt économique de basculer vers l’électrique.
Le revers de la médaille pour les motorisations traditionnelles est brutal. Les achats de véhicules thermiques par les entreprises ont chuté de 127 000 unités entre 2024 et 2025. Les hybrides rechargeables n’échappent pas à cette tendance, avec 40 000 exemplaires de moins écoulés sur la même période. Ces chiffres traduisent un basculement rapide des priorités d’achat dans le monde professionnel.
Les gestionnaires de flottes privilégient désormais massivement l’électrique pour plusieurs raisons : coût total de possession réduit, avantages fiscaux, image de marque auprès des clients et des salariés sensibles aux questions environnementales. Cette évolution des comportements d’achat professionnels pourrait bien préfigurer ce qui se passera demain chez les particuliers, car les voitures de fonction finissent souvent sur le marché de l’occasion.
Malgré ces progrès indéniables, certains segments résistent encore à l’électrification. Les utilitaires électriques ne représentent que 10 % des ventes en France en 2025, un chiffre qui reste modeste au regard des objectifs de décarbonation du transport de marchandises. Les professionnels invoquent souvent l’autonomie limitée et le temps de recharge pour justifier leur réticence à abandonner le diesel.
La situation pourrait évoluer avec l’arrivée prochaine de nouveaux modèles d’utilitaires dotés de batteries de plus grande capacité et l’amélioration du réseau de recharge rapide. Les constructeurs français, Renault et Stellantis en tête, multiplient les annonces de fourgons électriques capables de rivaliser avec leurs équivalents thermiques en matière d’autonomie et de capacité de charge. La question est de savoir si ces efforts suffiront à convaincre les derniers réfractaires.
Si le marché français a réussi à contenir l’invasion des voitures électriques chinoises grâce à l’éco-score, une nouvelle menace se profile avec les hybrides rechargeables. Le géant BYD a clairement affiché son ambition d’inonder l’Europe avec ses modèles PHEV, qui échappent en partie aux contraintes imposées aux électriques purs. Cette stratégie pourrait modifier sensiblement l’équilibre du marché si Bruxelles ne durcit pas sa position.
Les constructeurs européens observent cette évolution avec inquiétude, car les hybrides rechargeables chinois arrivent avec des tarifs très compétitifs et des niveaux d’équipement généreux. La Commission européenne devra trancher entre protection de l’industrie locale et respect des règles de libre-échange. Quoi qu’il en soit, les données de 2025 montrent que la production locale de véhicules électriques constitue un atout tangible pour l’emploi industriel en France, bien plus que le maintien artificiel des chaînes de production thermiques qui continuent leur inexorable déclin.
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