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Vous l’avez probablement lu partout : les ventes de voitures électriques seraient en chute libre, le marché se refroidirait, l’enthousiasme s’essoufflerait. Pourtant, les chiffres racontent une histoire bien différente. En réalité, les ventes mondiales de véhicules électriques poursuivent leur croissance en 2025, avec une augmentation de 23% sur les dix premiers mois de l’année selon Rho Motion. Cette progression dépasse même celle de 2024, qui était de 22% à la même période.
Le décalage entre la réalité des chiffres et les titres alarmistes que vous lisez quotidiennement mérite une explication. Car si cette désinformation perdure depuis près de deux ans, c’est qu’elle sert certains intérêts, au détriment d’une information claire sur l’évolution réelle du marché automobile.
Les données de Rho Motion révèlent une croissance soutenue sur tous les continents majeurs. L’Europe affiche une progression de +32%, la Chine de +22%, l’Amérique du Nord de +4%, et le reste du monde explose avec +48%. Ces pourcentages traduisent une réalité : le marché des véhicules électriques n’a jamais cessé de croître.
Pour comprendre cette apparente contradiction entre perception et réalité, il faut analyser l’évolution des taux de croissance. Durant les premières années du marché électrique, les ventes progressaient de 50% par an ou plus. Aujourd’hui, cette croissance s’établit autour de 25% annuels. Cette décélération du pourcentage de croissance est mathématiquement inévitable : quand un marché représentait 1% des ventes et passe à 2%, cela fait +100%. Quand il passe de 18% à 22%, cela ne fait “que” +22%, mais représente pourtant un volume bien supérieur.
| Année | Ventes mondiales (millions) | Croissance en volume | Pourcentage de croissance |
|---|---|---|---|
| 2023 (10 mois) | 10,7 | – | – |
| 2024 (10 mois) | 13,3 | +2,6 millions | +24% |
| 2025 (10 mois) | 16,5 | +3,2 millions | +23% |
L’une des explications de cette perception négative réside dans les difficultés spécifiques de Tesla, longtemps leader mondial du secteur. Les ventes de la marque d’Elon Musk stagnent voire reculent dans la plupart des territoires depuis environ deux ans, principalement en raison d’une image de marque dégradée par les prises de position controversées de son dirigeant.
Cette situation particulière masque la croissance spectaculaire des autres constructeurs. BYD, qui vient de lancer le plus grand navire de transport automobile au monde, symbolise cette montée en puissance des acteurs alternatifs. Pendant que Tesla peine, les constructeurs européens, chinois et même américains voient leurs ventes de véhicules électriques progresser significativement.
L’exemple allemand illustre parfaitement comment l’arrêt brutal des incitations peut temporairement perturber un marché. Fin 2023, Berlin a supprimé ses aides à l’achat sans préavis, provoquant une chute des ventes pendant plusieurs mois. Pourtant, dès 2025, les ventes repartent à la hausse, même avant le retour partiel des subventions.
Les États-Unis vivent actuellement une situation similaire. En octobre 2025, le marché américain a connu sa première baisse mensuelle significative (-38%) après la suppression du crédit d’impôt de 7 500 dollars. Cette mesure, soutenue paradoxalement par Elon Musk, pénalise artificiellement les véhicules électriques face aux voitures thermiques qui continuent de bénéficier d’avantages cachés estimés à plus de 20 000 dollars sur leur durée de vie.
Pendant que tous les projecteurs se braquent sur un supposé ralentissement électrique, la vraie révolution passe inaperçue : les ventes de véhicules thermiques purs s’effondrent. Selon BloombergNEF, elles ont chuté d’un quart depuis leur pic de 2017 et ne montrent aucun signe de reprise. Il est désormais pratiquement certain que 2017 restera le sommet historique des ventes de voitures à essence.
Cette inversion des tendances explique pourquoi les ventes d’hybrides progressent également : elles remplacent principalement les véhicules thermiques, pas les électriques. Les données américaines le confirment : sur le graphique des parts de marché, les courbes des électriques et des hybrides montent tandis que celle des thermiques plonge.
Cette distorsion informationnelle n’est pas anodine. Elle influence les décisions des constructeurs, des gouvernements et des consommateurs. Porsche vient d’annoncer un report de ses futurs modèles électriques en évoquant une “faible demande”, alors que ses ventes électriques progressent de 27% cette année. Toyota utilise le même prétexte pour retarder une usine de batteries, malgré la croissance continue du secteur.
David Reichmuth, de l’Union of Concerned Scientists, suggère que cette désinformation vise à influencer les régulations environnementales. En créant une perception de ralentissement, certains acteurs espèrent obtenir un assouplissement des normes anti-pollution et des objectifs de transition énergétique.
Les conséquences dépassent le simple cadre économique. Chaque retard dans l’adoption massive des véhicules électriques prolonge l’exposition de millions de personnes aux particules fines et autres polluants atmosphériques. L’urgence climatique nécessite une accélération de la transition, pas son ralentissement basé sur des informations erronées. Les chiffres le prouvent : malgré les obstacles politiques et médiatiques, l’électrification du transport personnel se poursuit inexorablement, portée par la supériorité technique et économique croissante de cette technologie.
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