Leapmotor A10 : la prochaine claque technologique venue de Chine
Le constructeur chinois Leapmotor vient de dévoiler les spécifications officielles de son nouveau SUV compact A10, via les documents réglementaires […]
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L’Europe traverse actuellement une période de tension majeure concernant l’avenir du moteur à combustion interne. D’un côté, les constructeurs automobiles et leurs fournisseurs préparent discrètement leurs chaînes d’approvisionnement pour maintenir la production de véhicules thermiques bien au-delà de 2035, pariant sur un éventuel recul de Bruxelles. De l’autre, les acteurs de la mobilité électrique et certains politiques alertent : toute hésitation équivaut à céder le terrain à la Chine.
Cette bataille stratégique révèle les profondes divisions qui traversent l’industrie automobile européenne. Alors que la Commission européenne doit révéler prochainement les résultats de sa révision concernant l’interdiction des véhicules thermiques, les positions se cristallisent et les enjeux n’ont jamais été aussi élevés pour l’avenir industriel du continent.
Selon des sources proches du dossier, plusieurs grands constructeurs européens, notamment BMW, Mercedes-Benz et Stellantis, auraient demandé à leurs fournisseurs de maintenir leurs capacités de production pour les composants de moteurs thermiques au-delà de la décennie actuelle. Ces discussions, menées dans la plus grande discrétion, témoignent d’une stratégie de couverture face à l’incertitude réglementaire.
Benjamin Krieger, secrétaire général de l’Association européenne des fournisseurs automobiles, résume la situation : “Les consommateurs ne sont pas encore prêts à n’acheter que des véhicules électriques à batterie en 2035.” Cette affirmation soulève des questions importantes sur la maturité du marché européen et contraste fortement avec la dynamique observée en Chine, où l’adoption des véhicules électriques progresse à un rythme effréné.
Les constructeurs européens envisagent plusieurs scénarios pour maintenir une offre thermique :
Face à cette stratégie attentiste, une coalition de près de 200 signataires, incluant des constructeurs comme Polestar et Volvo Cars, a adressé une lettre ouverte à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Leur message est sans équivoque : “Chaque retard en Europe ne fait qu’agrandir l’écart avec la Chine.”
Les chiffres donnent raison à ces inquiétudes. En 2025, le marché chinois des véhicules électriques représente plus de 60% des ventes mondiales, et les constructeurs locaux comme BYD, CATL ou Nio ont développé des avantages concurrentiels considérables en matière de technologies de batteries et de coûts de production. Cette avance technologique leur permet aujourd’hui d’exporter massivement vers l’Europe avec des véhicules offrant des rapports qualité-prix difficiles à égaler.
L’industrie européenne se trouve dans une position délicate. Rouvrir la porte aux technologies de transition comme les hybrides rechargeables ou les carburants neutres en CO2 pourrait créer une incertitude supplémentaire et ralentir les investissements dans l’électrification. Parallèlement, les constructeurs chinois continuent d’optimiser leurs chaînes de valeur et de réduire leurs coûts de production.
La décision à venir de la Commission européenne dépasse largement la simple question environnementale. Elle déterminera la capacité de l’Europe à conserver une industrie automobile compétitive face à la montée en puissance asiatique. Les investissements massifs requis pour la transition électrique – estimés à plusieurs centaines de milliards d’euros – nécessitent une visibilité réglementaire claire pour les industriels.
Le tableau suivant illustre les différentes approches régionales :
| Région | Objectif d’interdiction thermique | Part de marché VE 2025 | Stratégie industrielle |
|---|---|---|---|
| Europe | 2035 (en révision) | 25% | Hésitation stratégique |
| Chine | Pas d’interdiction formelle | 45% | Domination par l’innovation |
| États-Unis | Variables selon les États | 15% | Approche fragmentée |
Les constructeurs européens qui maintiennent leurs capacités thermiques prennent un risque calculé. Si l’interdiction de 2035 est maintenue, ces investissements deviendront rapidement obsolètes. À l’inverse, un report leur donnerait un répit pour amortir leurs investissements existants et développer plus progressivement leurs gammes électriques. Cette stratégie d’attentisme pourrait néanmoins leur coûter cher face à des concurrents chinois qui, eux, n’ont jamais ralenti leurs efforts d’innovation dans le domaine de l’électrification.
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