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Mercedes-AMG tente un pari fou avec une électrique qui imite intégralement un V8

Michael Ptaszek

Mercedes-AMG s’apprête à commercialiser une nouvelle berline quatre portes entièrement électrique, et la marque allemande a une idée bien précise en tête : vous faire oublier que vous conduisez un véhicule électrique. Ce nouveau modèle, concurrent direct de la Porsche Taycan, multiplie les artifices pour reproduire les sensations d’une vraie AMG thermique, tout en exploitant les avantages d’une motorisation électrique sophistiquée à trois moteurs.

L’approche adoptée par Mercedes-AMG mérite qu’on s’y attarde. Plutôt que de célébrer le silence caractéristique de l’électrique, le constructeur a choisi de simuler un bruit de V8 et même des passages de rapports fictifs. Une démarche qui divise : certains y verront une tentative de rassurer les amateurs de sportives thermiques, d’autres un aveu que l’expérience électrique ne suffit pas encore à séduire les puristes. Reste que la marque à l’étoile ne fait pas les choses à moitié pour créer une expérience de conduite unique.

Une architecture tri-moteur pour maîtriser le dérapage

Le cœur de ce nouveau modèle réside dans sa configuration à trois moteurs électriques : un à l’avant et deux à l’arrière, un pour chaque roue. Cette architecture permet un contrôle du couple extrêmement précis, bien au-delà de ce qu’autorise une transmission intégrale classique à deux moteurs. Sur la glace comme sur circuit, cette répartition de puissance offre des capacités de drift impressionnantes, avec une gestion fine de l’angle de dérive.

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Les moteurs eux-mêmes sortent de l’ordinaire. Mercedes-AMG a opté pour une conception à flux axial, une technologie qui permet de réduire considérablement l’encombrement tout en maintenant une densité de puissance exceptionnelle. Sur le concept AMG GT XX qui préfigure ce modèle, les trois unités combinées développaient 1 341 chevaux. Si cette puissance n’est pas confirmée pour la version de série, on peut raisonnablement espérer au moins 1 000 chevaux pour rivaliser avec les versions les plus musclées de la Taycan Turbo S.

Le système AMG Race Engineer ou l’art de personnaliser son comportement

Au-delà des chiffres bruts, Mercedes-AMG a développé un dispositif baptisé AMG Race Engineer qui change la donne en matière de réglages dynamiques. Ce système vous donne accès à trois paramètres distincts que vous pouvez ajuster selon vos envies et les conditions de conduite :

  • Response Control : module la réactivité des moteurs à l’accélérateur
  • Agility Control : règle l’agilité autour de l’axe vertical, permettant d’induire plus ou moins de survirage
  • Traction Control : propose neuf niveaux de patinage des roues pour affiner le comportement aux limites

L’avantage majeur de ce système réside dans son interface. Plutôt que de vous obliger à naviguer dans des menus tactiles interminables, Mercedes-AMG a eu l’intelligence d’installer des molettes physiques qui permettent d’ajuster ces paramètres en temps réel, pendant que vous roulez. Vous pouvez ainsi adapter instantanément le comportement de la voiture selon l’évolution des conditions de piste ou simplement selon votre humeur du moment.

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Quand l’électrique tente de singer le thermique

La stratégie de Mercedes-AMG soulève une question intéressante : faut-il vraiment faire sonner une voiture électrique comme une thermique ? Le constructeur a mis au point une sonorisation artificielle de V8 qui accompagne vos accélérations, agrémentée de faux passages de rapports. Cette approche vise clairement les acheteurs traditionnels d’AMG, habitués à la symphonie d’un gros V8 biturbo.

Cette simulation sonore et mécanique s’inscrit dans une volonté de maintenir un lien émotionnel avec l’expérience de conduite habituelle. Là où certains constructeurs assument pleinement la transition électrique avec des sonorités futuristes ou le silence, AMG préfère jouer la carte de la familiarité. Les puristes apprécieront ou non, mais la démarche a le mérite d’être cohérente avec l’identité de la marque.

Des performances au service de l’agilité

Si la puissance maximale devrait tourner autour des 1 000 chevaux, cette berline électrique ne misera pas uniquement sur les accélérations en ligne droite. La répartition du couple entre les trois moteurs, particulièrement les deux unités arrière indépendantes, transforme complètement la dynamique de conduite. Vous disposez d’un contrôle que les transmissions conventionnelles ne peuvent tout simplement pas offrir.

Cette finesse de gestion permet d’envoyer exactement la bonne quantité de couple à chaque roue arrière, instant après instant. Résultat : vous pouvez maintenir des angles de dérive importants avec une stabilité et une précision inédites. Sur glace, comme l’ont démontré les vidéos de présentation, la voiture semble danser plutôt que simplement glisser. Une prouesse technique qui devrait ravir ceux qui recherchent avant tout le plaisir de conduite.

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Face à une concurrence de plus en plus féroce

Mercedes-AMG ne débarque pas seul sur ce segment des berlines électriques hautes performances. La Porsche Taycan Turbo S reste la référence avec ses 761 chevaux, tandis que des acteurs chinois comme Xiaomi bousculent les codes avec le SU7 Ultra et ses 1 548 chevaux. La berline allemande devra donc prouver que sa philosophie centrée sur le plaisir de conduite et les réglages fins prime sur la course aux chevaux.

Le positionnement d’AMG reste fidèle à son ADN : créer des voitures qui procurent des sensations, même si cela passe par des artifices comme la sonorisation artificielle. Cette nouvelle GT quatre portes électrique représente le pari que les amateurs de la marque accepteront cette transition, à condition que l’expérience au volant demeure viscérale et engageante. Les premiers essais sur route et sur circuit permettront de vérifier si cette approche atteint son objectif ou si elle reste un compromis bancal entre deux mondes.

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