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Mercedes lance la production de sa Classe C électrique : tout ce qu’il faut savoir

Albert Lecoq

Mercedes-Benz a officiellement démarré la production de sa future Classe C électrique dans son usine de Kecskemét, en Hongrie. Ce site, jusqu’ici principalement associé aux motorisations thermiques, devient progressivement l’un des pivots industriels du constructeur allemand pour sa transition vers le tout-électrique en Europe. Voici ce que cette annonce implique concrètement, aussi bien pour les futurs acheteurs que pour les amateurs de la marque à l’étoile.

Un investissement massif pour préparer l’usine aux voitures électriques

Pour transformer Kecskemét en véritable centre de production électrique, Mercedes-Benz a mis la main au portefeuille : environ 1 milliard d’euros ont été investis pour agrandir et moderniser le site. Concrètement, cela s’est traduit par la construction de nouvelles halles de production, d’une unité d’assemblage de batteries, d’un second atelier d’emboutissage et d’un nouvel atelier de peinture. La superficie totale de l’usine a plus que doublé, passant de 200 à 440 hectares, ce qui en fait le plus grand site de production automobile de Hongrie.

La Classe C à batterie est la première voiture électrique de la gamme principale de Mercedes à sortir des chaînes de Kecskemét. Mais ce qui distingue cette approche, c’est la volonté affichée du constructeur de raccourcir les chaînes d’approvisionnement : les batteries, les éléments de carrosserie et d’autres composants essentiels pour la Classe C électrique ainsi que pour le futur GLB électrique sont désormais produits directement sur place. Ce choix réduit la dépendance aux livraisons internationales et offre une meilleure réactivité face aux fluctuations de la demande du marché.

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Une usine hybride entre thermique et électrique, pour l’instant

Comme de nombreux constructeurs historiques, Mercedes ne mise pas encore exclusivement sur le tout-électrique. L’une des nouvelles halles est entièrement dédiée à la production de véhicules électriques, mais les lignes existantes conservent la capacité de basculer entre motorisations thermiques et électriques selon les besoins. Cette flexibilité permet à la marque d’absorber les variations de la demande sans immobiliser des capacités industrielles coûteuses.

L’usine hongroise travaille également en étroite collaboration avec le site de Rastatt, en Allemagne. Cette coordination entre les deux usines permettra notamment de produire le futur GLC électrique là où la demande sera la plus forte. Par ailleurs, Mercedes a confirmé que la version compacte du G-Class, actuellement en développement, sera fabriquée exclusivement à Kecskemét, ce qui confère au site hongrois un rôle stratégique supplémentaire au sein du groupe.

Technologie de pointe et intelligence artificielle au cœur de la production

Au-delà de l’investissement immobilier, Mercedes utilise Kecskemét comme terrain d’expérimentation pour ses technologies de fabrication les plus avancées. L’entreprise a créé un jumeau numérique complet de la nouvelle halle d’assemblage grâce à la plateforme NVIDIA Omniverse. Cela permet aux ingénieurs de simuler des modifications de production virtuellement avant de les appliquer physiquement sur le terrain, réduisant ainsi les risques d’erreurs coûteuses et les temps d’arrêt.

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L’intelligence artificielle est également mobilisée pour l’inspection en temps réel des véhicules en cours de fabrication, afin de détecter les défauts de qualité le plus tôt possible dans le processus. Les données de production sont analysées en continu pour améliorer les standards. Ce niveau d’automatisation cognitive commence à devenir la norme dans les nouvelles usines automobiles européennes, et Mercedes s’y inscrit clairement.

L’empreinte environnementale du site en nette amélioration

Produire des voitures électriques dans une usine encore fortement dépendante des énergies fossiles serait un paradoxe difficilement tenable sur le plan de l’image comme de la cohérence écologique. Mercedes l’a bien compris. Le site de Kecskemét s’est doté d’une ferme solaire de 27,4 MW, complétée par des panneaux installés en toiture, pour atteindre une capacité solaire totale de 42,3 MW. Selon le constructeur, cette installation couvrira environ 25 % des besoins annuels en électricité de l’usine.

Le nouvel atelier de peinture mérite également une mention particulière :

  • Consommation énergétique réduite d’environ 20 % par rapport à l’ancienne installation
  • Réduction des émissions de CO2 de l’ordre de 80 % selon les données communiquées par Mercedes
  • Mesures de réduction de la consommation d’eau et de gestion des déchets déployées sur l’ensemble du site

Ces chiffres restent ceux communiqués par le constructeur lui-même, et une vérification indépendante serait bienvenue. Mais la direction prise est claire, et les efforts consentis semblent aller au-delà du simple affichage. Avec plus de 5 000 employés sur site, Kecskemét s’impose progressivement comme l’un des centres névralgiques de la stratégie électrique de Mercedes-Benz en Europe. La Classe C électrique n’est donc pas qu’un nouveau modèle : elle symbolise aussi un repositionnement industriel durable pour le groupe.

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