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La désinformation dans le débat public touche aussi l’industrie automobile française. Lors d’un échange télévisé sur TF1 avec Emmanuel Macron, Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, a affirmé que la production de la Renault Zoé avait été délocalisée en Roumanie. Une affirmation qui mérite d’être examinée à la loupe, notamment à l’heure où la transition vers les voitures électriques soulève de nombreuses questions sur l’avenir industriel français.
L’affirmation de Sophie Binet est tout simplement inexacte. La Renault Zoé n’a pas été délocalisée en Roumanie pour la simple et bonne raison que ce modèle n’est plus produit par le constructeur français. Le véhicule, qui a fait figure de pionnier sur le marché des citadines électriques en France, a définitivement cessé sa production en 2024 après plusieurs années de bons et loyaux services.
Ce modèle emblématique du groupe au losange a été remplacé dans la gamme par la nouvelle R5 électrique, qui, contrairement à ce que sous-entend la dirigeante syndicale, est bien assemblée en France, sur le site de Douai dans les Hauts-de-France. Cette nouvelle génération s’inscrit dans la stratégie d’électrification de Renault, avec un design néo-rétro qui fait écho à la R5 historique des années 70-80.
Si Sophie Binet a raison sur un point, c’est bien lorsqu’elle évoque la fin de la production automobile à Flins. Ce site historique du constructeur, situé dans les Yvelines, ne produit effectivement plus de véhicules neufs. Mais cette évolution ne correspond pas à une délocalisation vers l’Europe de l’Est.
L’usine de Flins a été reconvertie en “Re-Factory”, un site dédié à l’économie circulaire qui comprend plusieurs activités :
Cette transformation représente un changement de paradigme dans la stratégie industrielle du groupe, mais n’équivaut pas à une délocalisation. D’après des informations récentes publiées dans Le Parisien, le site embauche même actuellement des salariés en CDI, signe que l’activité s’y développe, mais sous une forme différente.
D’où peut provenir cette confusion de la part de Sophie Binet ? Il est possible qu’elle ait fait un amalgame avec d’autres projets du groupe Renault. Le constructeur français possède effectivement une filiale roumaine, Dacia, qui produit plusieurs modèles, dont certains électrifiés comme la Spring.
Par ailleurs, Renault a annoncé que sa prochaine Twingo électrique sera bien fabriquée en Europe de l’Est, mais en Slovénie et non en Roumanie. Il faut noter que la précédente génération de ce modèle y était déjà assemblée, il ne s’agit donc pas d’une délocalisation récente.
Face à cette affirmation erronée, Emmanuel Macron a rappelé son ambition de faire produire un million de véhicules électriques par an en France d’ici 2027. Un objectif ambitieux qui s’appuie notamment sur plusieurs projets majeurs :
| Projet | Localisation | Production |
|---|---|---|
| Renault ElectriCity | Douai, Maubeuge, Ruitz | R5 E-Tech, Mégane E-Tech, futurs modèles Alpine |
| Gigafactory ACC | Douvrin (Hauts-de-France) | Batteries lithium-ion |
| Verkor | Dunkerque | Batteries haute performance |
Cette stratégie vise à créer un écosystème complet autour de la mobilité électrique sur le territoire national, incluant non seulement l’assemblage de véhicules, mais aussi la production de composants stratégiques comme les batteries.
La transition vers les véhicules zéro émission représente un enjeu majeur pour l’industrie automobile française, qui emploie directement et indirectement des centaines de milliers de personnes. Dans ce contexte, la précision des informations échangées dans le débat public est essentielle.
L’erreur de Sophie Binet illustre à quel point la compréhension fine des stratégies industrielles est importante pour éviter les raccourcis qui peuvent nuire à la qualité du débat. La transition énergétique dans l’automobile entraîne des mutations profondes, avec des fermetures de lignes de production traditionnelles mais aussi des créations d’emplois dans de nouveaux domaines comme les batteries, l’électronique de puissance ou l’économie circulaire.
Le cas de Flins est emblématique de cette mutation : d’une usine d’assemblage traditionnelle, elle devient un site dédié à l’économie circulaire, adaptant ainsi son activité aux nouveaux défis de la mobilité durable sans pour autant disparaître du paysage industriel français.
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