Nissan cherche désespérément un partenaire pour sauver ses voitures électriques
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Alors que la marque d’Elon Musk a dévoilé sa “Master Plan partie 3” il y a seulement un an, le fantasque milliardaire évoque déjà une quatrième mouture de sa feuille de route stratégique. Cette annonce soulève de nombreuses questions, notamment parce que les objectifs précédents sont loin d’être tous atteints.
La première feuille de route stratégique de Tesla, publiée en 2006, présentait un plan en quatre étapes relativement simple :
Cette première vision a été largement réalisée. La Roadster, la Model S puis la Model 3 ont toutes vu le jour, et l’acquisition de SolarCity a permis à Tesla de se positionner sur le marché de l’énergie solaire. Une réussite d’autant plus remarquable quand on sait que Tesla n’avait vendu aucune voiture en 2006 et représente aujourd’hui une capitalisation boursière de plus de 600 milliards de dollars.
La “Master Plan partie 2”, publiée en 2016, s’avère bien plus complexe à concrétiser. Elle prévoyait de créer des toits solaires avec stockage d’énergie intégré, d’élargir la gamme de véhicules électriques à tous les segments majeurs, de développer une capacité de conduite autonome 10 fois plus sûre que la conduite manuelle, et enfin de permettre aux propriétaires de rentabiliser leur véhicule pendant son inutilisation.
Force est de constater que cette deuxième feuille de route demeure largement inachevée. Le projet de toit solaire s’est transformé en simple fourniture de panneaux solaires à des installateurs indépendants. Certes, ces systèmes s’intègrent bien avec les Powerwall de Tesla, mais on est loin de la vision initiale qui promettait quatre designs différents.
L’expansion de la gamme a bien eu lieu avec le Model Y (SUV compact), le Cybertruck (pick-up futuriste) et le Semi (camion électrique). Mais le Semi n’a toujours pas atteint des volumes significatifs, et le “transport urbain à haute densité de passagers” promis reste absent du catalogue, malgré l’annonce récente du Robovan.
Quant à la conduite autonome, les rapports de sécurité publiés par Tesla indiquent que l’Autopilot serait seulement 5 fois plus sûr qu’un conducteur humain – loin de l’objectif de 10x annoncé. Et ces chiffres sont à relativiser car le système est principalement utilisé dans des conditions favorables.
| Objectif de la Master Plan 2 | État d’avancement | Commentaire |
|---|---|---|
| Toits solaires intégrés | Partiellement réalisé | Un seul design au lieu de quatre, déploiement difficile |
| Véhicules pour tous segments | En cours | Model Y, Cybertruck et Semi lancés, mais volumes limités pour certains |
| Conduite autonome 10x plus sûre | En développement | Autopilot environ 5x plus sûr selon Tesla, FSD toujours niveau 2 |
| Rentabilisation des véhicules | Non réalisé | Le “Tesla Network” n’existe toujours pas |
Le dernier point, permettant aux propriétaires de rentabiliser leur Tesla en la partageant via un réseau de VTC autonome (le “Tesla Network”), n’a tout simplement pas vu le jour. Musk avait pourtant présenté ce service comme une raison pour laquelle les Tesla seraient des “actifs qui prennent de la valeur”. Le Full Self-Driving (FSD) reste un système de niveau 2, nécessitant une supervision constante.
En 2023, Elon Musk a surpris en publiant une troisième feuille de route radicalement différente des précédentes. Il ne s’agit plus d’un simple article de blog, mais d’un document technique de 40 pages démontrant comment le monde pourrait passer aux énergies renouvelables avec les technologies et ressources actuelles.
Ce plan, bien que parfois teinté des croyances personnelles de Musk concernant la croissance démographique, présente des calculs intéressants sur la transition verte mondiale. Il affirme qu’une transformation complète vers la neutralité carbone nécessiterait un investissement mondial d’environ 10 000 milliards de dollars – un chiffre considérable mais inférieur aux 14 000 milliards que coûterait l’énergie fossile sur la même période.
Pour atteindre ces objectifs, Tesla estime que la planète devrait installer :
Bien que cette vision soit pertinente et constructive, elle reste pour l’instant théorique et dépasse largement le cadre d’une simple stratégie d’entreprise.
Sans attendre la réalisation des objectifs précédents, Musk a annoncé en juin dernier travailler sur une “Tesla Master Plan 4”, précisée lors d’une récente réunion diffusée en direct. Cette nouvelle feuille de route serait centrée sur “l’abondance pour tous” grâce à la combinaison de voitures autonomes, robots humanoïdes, énergie solaire et stockage par batteries.
“Nous sommes à la phase 3 du plan directeur, puisque les plans 1 et 2 ont été achevés”, a déclaré Musk – une affirmation pour le moins contestable au vu des éléments non réalisés du second plan. “La partie 3 est un plan très long, car il s’agit essentiellement de rendre toute l’énergie sur Terre durable. Et je dois le compléter avec ‘l’abondance pour tous’. C’est peut-être le plan directeur 4.”
Cette vision futuriste prend appui sur le robot humanoïde Optimus, que Musk estime potentiellement capable d’ajouter 20 à 30 000 milliards de dollars à la valorisation de Tesla. Selon lui, chaque foyer possédera à terme deux robots personnels, une prédiction qui semble particulièrement optimiste même à long terme.
Le PDG de Tesla affirme également que l’Intelligence Artificielle Générale (AGI) – une IA capable d’accomplir toutes les tâches humaines – pourrait arriver dès cette année, une prévision que même les experts les plus optimistes du domaine considèrent comme irréaliste.
La transition entre les différentes versions de la Master Plan révèle une évolution notable : d’un plan d’affaires concret pour une jeune entreprise automobile, Tesla est passé à une vision quasi-philosophique de transformation globale de la société. Cette ambition démesurée interroge sur la capacité de l’entreprise à rester concentrée sur ses objectifs fondamentaux.
Pour les passionnés de voitures électriques comme pour les investisseurs, il semble raisonnable d’attendre que Tesla achève ses promesses antérieures avant de se lancer dans de nouvelles visions révolutionnaires. Le Cybertruck vient tout juste d’être commercialisé avec plusieurs années de retard, le Roadster 2.0 annoncé en 2017 reste invisible, et le Semi n’est produit qu’en quantités limitées.
La capacité de Tesla à transformer le secteur automobile reste indéniable, mais l’écart entre les annonces visionnaires de Musk et leur concrétisation continue de s’élargir. Pour les consommateurs intéressés par la mobilité électrique, il convient donc de distinguer ce qui relève de la réalité actuelle et ce qui appartient encore au domaine des projections futures.
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