Renault : projets annulés, filiales supprimées… le grand carnage a commencé
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Stellantis vient de conclure une vente qui restera dans les annales de l’industrie automobile : le constructeur franco-italo-américain a cédé sa participation de 49 % dans l’usine canadienne NextStar Energy pour la somme symbolique de 100 dollars. Une décision surprenante quand on sait que l’investissement initial s’élevait à plus de 3,7 milliards de dollars.
La co-entreprise NextStar Energy avait pourtant tout pour réussir. Créée en 2022 entre Stellantis et LG Energy Solution, cette usine située à Windsor devait devenir le fleuron de la production de batteries lithium-ion au Canada. L’objectif affiché était ambitieux : produire l’équivalent de 45 GWh de cellules par an, soit de quoi équiper environ 500 000 véhicules électriques.
Le site promettait également de créer 2 500 emplois dans la région, représentant un enjeu économique majeur pour le Canada. La production avait d’ailleurs effectivement démarré à l’automne 2024, avec un lancement de la fabrication en série des cellules en novembre 2025. Sur le papier, tout semblait fonctionner selon les prévisions initiales.
Selon les déclarations officielles du groupe, “le marché n’a pas suivi” les prévisions optimistes de 2022. Stellantis pointe du doigt plusieurs facteurs qui ont compliqué la donne :
Ces obstacles se sont accumulés au point de rendre la participation de Stellantis dans NextStar Energy peu rentable. Le constructeur a donc pris la décision radicale de se retirer complètement du projet, préférant céder ses parts à son partenaire coréen plutôt que de continuer à investir dans une structure jugée non viable.
Le montant de la transaction laisse perplexe : 100 dollars pour une participation qui avait coûté plusieurs milliards. Cette somme dérisoire révèle probablement l’existence de clauses contractuelles complexes ou d’engagements financiers que Stellantis souhaitait à tout prix éviter.
Antonio Filosa, PDG de Stellantis, tente de présenter cette décision sous un angle positif : “En permettant à LG Energy d’exploiter pleinement la capacité de l’usine de Windsor, nous renforçons sa viabilité à long terme tout en garantissant l’approvisionnement en batteries pour nos véhicules électriques.” Une communication qui peine à masquer l’ampleur de la perte financière.
Pour LG Energy Solution, cette acquisition représente une aubaine inespérée. Le géant sud-coréen devient désormais propriétaire à 100 % d’une usine moderne et opérationnelle, capable de produire des batteries de dernière génération. Cette consolidation lui permet de renforcer sa position sur le marché nord-américain des batteries pour voitures électriques.
| Aspect | Avant | Après |
|---|---|---|
| Parts Stellantis | 49 % | 0 % |
| Parts LG Energy | 51 % | 100 % |
| Capacité production | 45 GWh/an | 45 GWh/an |
L’entreprise coréenne bénéficie ainsi d’une infrastructure complète sans avoir eu à supporter l’intégralité des coûts de développement. Elle peut désormais adapter la production aux besoins du marché sans devoir négocier avec un partenaire dont les priorités stratégiques divergeaient.
Cette décision s’inscrit dans une stratégie plus large de Stellantis qui réévalue ses investissements dans l’électrique. Le constructeur semble privilégier une approche plus prudente, préférant s’appuyer sur des partenariats plutôt que de développer ses propres capacités de production de batteries.
Malgré ce retrait, Stellantis assure maintenir ses objectifs d’électrification de sa gamme. Le groupe continue de développer ses modèles électriques sous les marques Peugeot, Citroën, Jeep et Ram, mais s’appuiera désormais sur des fournisseurs externes pour sécuriser son approvisionnement en batteries. Cette stratégie, moins coûteuse à court terme, reste risquée dans un secteur où la maîtrise de la chaîne d’approvisionnement devient cruciale pour rester compétitif face aux constructeurs asiatiques et américains qui investissent massivement dans leurs propres capacités de production.
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