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Tesla vient de bouleverser ses habitudes de communication en publiant ouvertement les prévisions de livraisons pour le quatrième trimestre 2025. Cette transparence soudaine de la part du constructeur américain intrigue les observateurs du secteur automobile, qui y voient une manière d’atténuer l’impact de résultats probablement décevants.
Habituellement, Tesla compile les estimations des analystes financiers mais les partage uniquement par e-mail privé à un cercle restreint d’investisseurs et d’analystes. Cette fois-ci, le constructeur a choisi de rendre ces données publiques via son site d’relations investisseurs, marquant un changement stratégique notable dans sa communication.
Les chiffres publiés par Tesla révèlent des attentes modérées pour la fin d’année. Le consensus interne table sur 420 399 véhicules livrés au quatrième trimestre 2025, soit un chiffre sensiblement inférieur aux 440 000 unités anticipées par le consensus Bloomberg. Cette différence de près de 20 000 véhicules n’est pas anodine dans la stratégie de communication de l’entreprise.
En ancrant les attentes autour de 420 000 livraisons plutôt que 440 000, Tesla semble vouloir créer un effet de surprise positive si les résultats dépassent finalement ses propres prévisions. Une livraison de 425 000 véhicules pourrait ainsi être présentée comme un “dépassement” des objectifs, alors qu’elle aurait été perçue comme une déception par rapport au consensus initial de Wall Street.
| Modèles | T3 2025 | T4 2025 (prév.) | 2025 (total) |
|---|---|---|---|
| Model 3/Y | 481 166 | 388 002 | 1 509 460 |
| Autres modèles | 15 933 | 34 848 | 131 292 |
| Total | 497 099 | 422 850 | 1 640 752 |
Si Tesla atteint effectivement ces objectifs, l’année 2025 marquera le second exercice consécutif de baisse des livraisons pour le pionnier de la mobilité électrique. Après un pic à 1,81 million de véhicules en 2023, les livraisons ont chuté à 1,79 million en 2024, et pourraient descendre à 1,64 million en 2025.
Cette évolution représente un recul de 8% par rapport à 2024, une accélération préoccupante comparée au léger déclin de 1% observé l’année précédente. Pour une entreprise historiquement valorisée sur des perspectives de croissance annuelle de 50%, ces chiffres constituent un véritable électrochoc. Le contraste est d’autant plus saisissant que le marché mondial des véhicules électriques devrait progresser d’environ 25% en 2025.
La baisse séquentielle de plus de 75 000 unités entre le troisième et le quatrième trimestre s’explique en partie par l’expiration du crédit d’impôt fédéral américain fin septembre 2025. Cette mesure incitative a probablement concentré une partie importante de la demande sur le troisième trimestre, où Tesla avait livré un record de 497 000 véhicules.
Les prévisions pour les “autres modèles” soulèvent également des interrogations. Avec 34 848 unités attendues au T4, soit plus du double du trimestre précédent, Tesla mise sur une forte progression du Cybertruck et potentiellement des Models S et X. Cette projection semble optimiste compte tenu des volumes historiques de ces gammes premium.
Malgré le déclin des livraisons de véhicules, Tesla table sur une progression significative de ses activités de stockage d’énergie. Le constructeur anticipe un déploiement de 13,4 GWh au quatrième trimestre, portant le total 2025 à 45,9 GWh. Cette diversification énergétique pourrait partiellement compenser la morosité du secteur automobile.
Cette publication inhabituelle de Tesla témoigne d’une approche défensive face à des résultats attendus en deçà des espérances. En rendant publiques des prévisions volontairement prudentes, l’entreprise d’Elon Musk tente de reprendre le contrôle de son narratif financier. Les investisseurs découvriront début janvier si cette stratégie communication s’avère payante ou si elle ne fait que confirmer les difficultés structurelles du constructeur face à une concurrence électrique de plus en plus féroce.
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