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Tesla cache trois accidents de Robotaxis survenus en deux mois de service

Albert Lecoq

Tesla tente de dissimuler les détails de trois accidents distincts impliquant son service Robotaxi à Austin, au Texas. Une situation préoccupante quand on sait que le constructeur américain n’opère ce service que depuis deux mois seulement avec une flotte particulièrement réduite. Ces incidents soulèvent des questions importantes sur la transparence de l’entreprise d’Elon Musk concernant ses technologies de conduite autonome.

Depuis l’ordonnance générale permanente 2021-01, les constructeurs automobiles sont tenus de signaler à la NHTSA (National Highway Traffic Safety Administration) tous les accidents impliquant leurs systèmes de conduite autonome et d’aide à la conduite avancée dans les cinq jours suivant leur notification. Une obligation légale que Tesla respecte a minima, mais en dissimulant les informations cruciales.

Les premiers accidents officiels du système de conduite autonome Tesla

Contrairement aux milliers d’accidents déjà rapportés avec les systèmes d’aide à la conduite de niveau 2, Tesla n’avait jamais déclaré d’accidents de conduite automatisée auparavant. La raison ? L’entreprise ne disposait d’aucun système qualifié de conduite automatisée de niveau 3 à 5 SAE, malgré l’appellation trompeuse de son logiciel “Full Self-Driving”.

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La donne change avec le lancement du service Robotaxi limité à Austin. Tesla a désormais rapporté ses trois premiers accidents impliquant un “système de conduite automatisée” :

ID du rapportModèleDateHeureType de routeGravité des blessures
13781-11507Model Y 2026Juillet 202503:45RueDégâts matériels uniquement
13781-11459Model Y 2026Juillet 202512:20RueBlessure mineure sans hospitalisation
13781-11375Model Y 2026Juillet 202515:15IntersectionDégâts matériels uniquement

Ces trois incidents se sont produits en juillet 2025, durant le premier mois d’exploitation du service Robotaxi de Tesla à Austin. Un bilan inquiétant qui révèle qu’au moins un blessé a été recensé, même si Tesla le qualifie de “mineur”.

Une flotte réduite mais des accidents fréquents

Les chiffres prennent une dimension plus alarmante quand on les replace dans leur contexte. Tesla n’exploiterait qu’environ 12 véhicules dans sa flotte Robotaxi à Austin en juillet dernier. Le service était alors réservé à un groupe restreint d’utilisateurs, principalement des influenceurs Tesla et des actionnaires peu enclins à critiquer l’entreprise.

Avec trois accidents pour une douzaine de véhicules en un mois, le taux d’incidents soulève des interrogations légitimes sur la fiabilité du système. D’autant que ces Model Y 2026 utilisées pour le service disposent encore d’un “moniteur de sécurité” assis au siège avant, prêt à reprendre le contrôle via un bouton d’arrêt d’urgence.

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L’opacité de Tesla face à la transparence des concurrents

L’attitude de Tesla contraste fortement avec celle de ses concurrents. Là où des entreprises comme Waymo publient ouvertement des informations narratives détaillées sur les incidents, Tesla caviarde systématiquement tous les récits de ses rapports d’accidents transmis à la NHTSA. Cette pratique rend impossible l’évaluation du contexte des accidents et du niveau de responsabilité du système de conduite automatisée.

Les informations dissimulées incluent :

  • Les circonstances précises de chaque accident
  • Les conditions météorologiques et de circulation
  • Les actions entreprises par le système avant l’impact
  • L’intervention éventuelle du moniteur de sécurité
  • Les causes probables identifiées

Des promesses non tenues et un manque de données probantes

Elon Musk affirme que Tesla supprimera le moniteur de sécurité d’ici la fin de l’année 2025 et tiendra ses promesses de “conduite entièrement autonome” aux clients. Pourtant, il n’a jamais partagé de données prouvant que le système de conduite automatisée de Tesla soit suffisamment fiable pour atteindre cet objectif.

Les seules données communiquées par Tesla concernent le kilométrage cumulé parcouru par la flotte en Autopilot et Full Self-Driving, mais toujours avec un conducteur humain au volant. L’entreprise n’a jamais divulgué ses données de désengagement, malgré ses affirmations publiques concernant des améliorations significatives du nombre de kilomètres entre les interventions humaines.

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Cette opacité soulève des questions fondamentales sur la confiance que vous pouvez accorder à une entreprise qui déploie une technologie potentiellement dangereuse, mais aussi potentiellement salvatrice, sans fournir les garanties de transparence nécessaires. La NHTSA enquête par ailleurs sur Tesla pour des déclarations erronées dans ses données d’accidents, ajoutant une dimension supplémentaire à ces préoccupations légitimes concernant la sécurité routière de demain.

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