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Tesla remplace ses voitures par des robots : le virage est officiellement lancé

Albert Lecoq

Dans l’industrie automobile, les changements d’ère se matérialisent rarement de façon aussi concrète. Tesla vient de démonter la chaîne d’assemblage historique de la Model S et de la Model X à l’usine de Fremont, en Californie, pour la remplacer par une ligne dédiée à la production de robots humanoïdes. Un tournant symbolique pour une usine qui a largement contribué à définir ce que pouvait être une voiture électrique moderne.

La fin d’une chaîne de production qui a duré 14 ans

Tout a commencé en 2012, lorsque Tesla lance la production en série de la Model S dans cette ancienne usine commune à General Motors et Toyota. La Model X, le SUV aux fameuses portes « Falcon Wing » à l’ouverture ascendante et notoirement complexe, rejoint la ligne en 2015. Pendant plus d’une décennie, ces deux modèles haut de gamme ont représenté le fer de lance technologique de la marque californienne, démontrant qu’une voiture électrique à grande autonomie pouvait séduire une clientèle exigeante.

La production de ces deux véhicules s’est définitivement arrêtée en mai 2026, avec les dernières unités quittant la chaîne peu avant le début du démantèlement. Tesla a partagé une courte vidéo du processus de démontage, en précisant que l’opération complète n’a nécessité que 46 jours. Une rapidité d’exécution qui en dit long sur la capacité logistique de l’entreprise, mais aussi sur l’urgence qu’elle accorde au déploiement de son projet robotique.

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Pourquoi Tesla abandonne ses deux modèles phares

La décision n’est pas aussi abrupte qu’elle y paraît. Depuis plusieurs années, la Model S et la Model X avaient progressivement perdu de leur attractivité commerciale. Face à des modèles comme la Model 3 et la Model Y, bien moins onéreux et toujours parmi les voitures électriques les plus vendues aux États-Unis, les deux modèles premium peinaient à trouver preneurs. Leurs volumes de vente s’étaient tellement réduits que Tesla les avait regroupés avec le Cybertruck dans une catégorie « Autres modèles » dans ses rapports trimestriels, signe peu flatteur d’une marginalisation progressive.

Leurs tarifs élevés constituaient le principal obstacle. Difficile de justifier l’écart de prix face à une Model Y au rapport qualité-prix bien plus convaincant pour la grande majorité des acheteurs. La Model S et la Model X sont restées des références technologiques, notamment en matière de performances et d’autonomie, mais le marché a clairement dit autre chose sur le plan commercial.

  • Tesla Model S (dernière génération) : autonomie jusqu’à 652 km (WLTP), 0 à 100 km/h en 2,2 secondes pour la version Plaid, prix de départ supérieur à 90 000 €
  • Tesla Model X (dernière génération) : autonomie jusqu’à 576 km (WLTP), 6 à 7 places selon configuration, portes arrière Falcon Wing à ouverture verticale, tarif autour de 100 000 €
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Leur héritage reste pourtant indéniable. La Model S a été la première voiture à démontrer à grande échelle qu’un véhicule électrique pouvait concurrencer les berlines thermiques premium sur tous les plans : confort, performances, autonomie et connectivité. Elle a littéralement changé la perception grand public des voitures électriques à longue autonomie.

L’usine de Fremont se reconvertit dans les robots humanoïdes Optimus

L’espace libéré par le démantèlement de la chaîne Model S / Model X sera consacré à l’assemblage d’Optimus, le robot humanoïde de Tesla. Elon Musk a annoncé en début d’année que cette nouvelle unité de production vise à terme un million de robots par an, sans qu’un calendrier précis ait été communiqué à ce stade. Tesla avait déjà mis en place une ligne de production pilote à Fremont, et a intensifié ses recrutements tout au long de l’année 2026 pour accompagner cette montée en cadence.

La Model 3 et la Model Y continuent quant à elles d’être assemblées dans la même usine de Fremont, et leurs lignes de production ne sont pas concernées par ces transformations. Ces deux modèles restent les locomotives commerciales de Tesla sur le territoire américain, avec des volumes sans commune mesure avec ceux des anciens modèles premium.

Optimus : des ambitions immenses, mais peu de détails récents

Tesla qualifie Optimus de « plus grand produit jamais fabriqué », une formule volontairement spectaculaire qui traduit la place que l’entreprise entend accorder à la robotique humanoïde dans son activité future. Le robot est conçu pour effectuer des tâches répétitives ou pénibles, d’abord dans les usines Tesla elles-mêmes, puis potentiellement dans d’autres secteurs industriels ou domestiques.

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Il faut toutefois rester mesuré : Tesla n’a pas communiqué de mise à jour publique significative sur Optimus depuis décembre 2025. Les démonstrations passées ont montré un robot encore loin d’une exploitation industrielle pleinement autonome, et la transition entre une chaîne automobile rodée et une ligne de production robotique de cette nature représente un défi d’ingénierie d’une toute autre nature. Ce que l’on peut dire avec certitude, c’est que l’espace physique est désormais libéré, les équipes sont en cours de recrutement, et Tesla semble avoir décidé d’aller vite — aussi vite que ces 46 jours de démontage qui ont clos 14 ans d’histoire automobile.

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