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Tesla FSD en Europe : voici les modèles compatibles avec la conduite autonome

Philippe Moureau

Le déploiement de la conduite entièrement automatique supervisée de Tesla, connue sous l’acronyme FSD, vient de débuter en Europe après son autorisation aux Pays-Bas. Cette fonctionnalité que vous avez peut-être payée plusieurs milliers d’euros ne sera malheureusement pas accessible à tous les propriétaires de véhicules de la marque californienne. La compatibilité dépend essentiellement de la génération du calculateur embarqué dans votre Tesla. Alors, votre modèle fait-il partie des heureux élus ?

Seul le Hardware 4 ouvre les portes du FSD européen

D’après les informations communiquées par Tesla France, seuls les véhicules équipés de l’ordinateur Hardware 4 peuvent actuellement profiter de la conduite autonome supervisée validée par les autorités néerlandaises. Cette restriction s’applique à la version v14 du logiciel FSD, qui nécessite une puissance de calcul importante pour traiter les données des caméras et faire fonctionner les réseaux neuronaux.

Le Hardware 4 a été introduit progressivement sur les chaînes de production depuis 2023 pour les usines chinoises et américaines, puis début 2024 pour les véhicules destinés au marché européen. Vous souhaitez vérifier si votre Tesla en est équipée ? Rendez-vous sur l’écran central de votre véhicule, dans le menu « Logiciel ». Si la mention « Ordinateur de conduite automatique 4 » apparaît, vous êtes compatible avec le déploiement actuel.

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Le constructeur n’écarte pas totalement la possibilité d’étendre cette fonctionnalité aux modèles plus anciens, mais précise que cette éventualité reste conditionnée aux tests techniques et à l’aval des autorités réglementaires européennes. Pour le moment, la stratégie est claire : le matériel le plus récent bénéficie d’un traitement prioritaire.

Les propriétaires de Hardware 3 dans l’incertitude

Si vous possédez une Tesla produite entre 2019 et 2023, votre véhicule embarque probablement le Hardware 3. Aux États-Unis, ces modèles ont accès au FSD grâce à une mouture logicielle antérieure, la v12, spécifiquement adaptée aux capacités réduites de ce calculateur. La situation européenne s’annonce différente et plus complexe.

Elon Musk avait évoqué la possibilité d’un rétrofit, c’est-à-dire le remplacement physique de l’ordinateur HW3 par un HW4, notamment pour les clients ayant déboursé 7 500 euros pour acquérir l’option. Cette hypothèse semble désormais abandonnée. Ashok Elluswamy, vice-président du logiciel et de l’intelligence artificielle chez Tesla, a expliqué lors d’une conférence avec les actionnaires que les calculateurs HW3 manquent simplement de puissance de traitement pour faire tourner l’architecture neuronale de la version 14. Le responsable a annoncé qu’une fois cette version totalement finalisée, Tesla travaillera sur une déclinaison allégée pour ces véhicules, une sorte de « FSD v14 lite ».

Des contraintes réglementaires européennes plus strictes

L’arrivée de cette version allégée en Europe devra composer avec un environnement légal nettement plus contraignant qu’aux États-Unis. Van Nieuwenhoven, représentant de l’autorité néerlandaise des véhicules (RDW), a confirmé à Reuters que la version européenne du logiciel ne sera pas identique à celle déployée outre-Atlantique. Les différences portent sur plusieurs aspects essentiels :

  • Une surveillance renforcée de l’attention du conducteur à la route
  • L’obligation pour chaque mise à jour majeure du système d’être vérifiée préalablement par le RDW
  • Des normes de sécurité plus exigeantes en matière de validation technique
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Dans ce contexte de contrôle accru, les propriétaires européens de Tesla équipées du HW3 devront patienter jusqu’à la finalisation et l’homologation de cette fameuse version allégée. Les autorités européennes procéderont ensuite à leurs propres tests sur ces anciens modèles avant d’autoriser le déploiement. Si vous avez payé l’option FSD sur un véhicule HW3, sachez qu’une pétition circule actuellement pour tenter d’accélérer ce processus.

Quelle transmission du FSD lors d’une revente ?

L’arrivée du système de conduite autonome en Europe soulève une question pratique pour le marché de l’occasion : que devient cette fonctionnalité onéreuse lors de la revente de votre véhicule ? La réponse varie selon votre mode d’acquisition initial.

Si vous utilisez le FSD via la formule d’abonnement à 99 euros par mois, la fonctionnalité ne suit pas le véhicule lors de la transaction. Le nouveau propriétaire devra souscrire son propre abonnement depuis son compte personnel Tesla. En revanche, si vous avez acquis l’option de manière définitive en payant comptant, et que vous ne choisissez pas de la transférer sur un nouveau véhicule Tesla lors d’une offre promotionnelle le permettant, l’option reste liée au numéro de série de votre voiture. Le futur acquéreur en bénéficiera automatiquement dès la prise en main du véhicule, ce qui constitue un argument de vente non négligeable sur le marché de l’occasion.

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Les modèles Tesla compatibles récapitulés

Génération du calculateurCompatibilité FSD EuropePériode de productionVersion logicielle
Hardware 4Compatible immédiatementDepuis 2023 (USA/Chine) et 2024 (Europe)v14 complète
Hardware 3En attente d’une version allégée2019 à 2023v14 lite (à venir)

Le déploiement du FSD en Europe marque une étape importante pour Tesla, même si elle s’accompagne de restrictions matérielles frustrantes pour les premiers adopteurs. Les propriétaires de modèles récents équipés du Hardware 4 peuvent d’ores et déjà profiter de cette technologie de conduite supervisée, tandis que ceux possédant des véhicules plus anciens devront s’armer de patience. La version allégée promise par Tesla pour le HW3 reste une perspective incertaine, soumise aux tests internes du constructeur et à l’approbation des autorités européennes, notoirement plus exigeantes que leurs homologues américaines en matière de sécurité automobile.

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