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C’est une Tesla qui perd le plus d’autonomie lors de ce test extrême

Philippe Moureau

Une récente étude menée dans le sud de l’Espagne révèle des données préoccupantes sur les performances des voitures électriques par temps de canicule. Trois modèles ont été mis à l’épreuve par des températures atteignant 44°C, avec des résultats qui questionnent les promesses d’autonomie des constructeurs. Si vous possédez ou envisagez l’achat d’un véhicule électrique, ces informations méritent votre attention.

Les conditions d’un test révélateur en Espagne

Les journalistes de What Car? ont choisi le sud de l’Espagne, l’une des régions les plus chaudes d’Europe, pour mener cette expérimentation. Trois véhicules aux profils différents ont été sélectionnés : la Citroën e-C3 équipée d’une batterie de 44 kWh refroidie par air, la Kia EV3 avec sa batterie longue portée de 81,4 kWh, et enfin la Tesla Model 3 Long Range dotée d’un pack de 80 kWh.

Les conditions de test reproduisaient un usage autoroutier typique, là où les véhicules électriques ne brillent pas par leur efficacité. La température extérieure a grimpé jusqu’à 44°C durant les essais, créant un double défi : la vitesse soutenue et la chaleur extrême. Cette combinaison s’est avérée particulièrement délicate pour les systèmes de gestion thermique des batteries lithium-ion.

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Des écarts d’autonomie considérables par rapport aux promesses

Les résultats montrent un fossé important entre les autonomies annoncées selon le cycle WLTP et la réalité du terrain. La Citroën e-C3, annoncée pour 320 kilomètres, n’aurait parcouru que 228 kilomètres avant l’arrêt complet, soit une perte de 28,7%. Sa consommation s’est établie à seulement 4,3 km/kWh, la moins efficace du groupe.

La Kia EV3, créditée de 582 kilomètres d’autonomie WLTP, a théoriquement atteint 396 kilomètres dans ces conditions extrêmes. Cette différence de 32% reste significative malgré son système de pompe à chaleur et sa gestion thermique liquide avancée. Sa consommation moyenne de 4,7 km/kWh la place en position intermédiaire.

Tesla Model 3 : la plus grosse déception du test

La surprise vient de la Tesla Model 3, qui affiche pourtant les meilleures technologies de refroidissement du marché. Malgré une autonomie WLTP de 702 kilomètres, elle n’aurait théoriquement parcouru que 392 kilomètres, soit un écart de 44%. Cette performance décevante interroge sur l’optimisation de ses systèmes par haute température.

Paradoxalement, la Tesla a maintenu la meilleure efficacité énergétique du trio avec 4,8 km/kWh. Les testeurs pointent du doigt le toit panoramique en verre de la Model 3, qui a nécessité un usage intensif de la climatisation pour maintenir une température acceptable dans l’habitacle. Ce facteur architectural semble avoir pesé lourd dans le bilan énergétique final.

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La recharge rapide résiste mieux à la canicule

L’aspect le plus rassurant de cette étude concerne les performances de recharge rapide. Contrairement à l’autonomie, les systèmes de charge ont plutôt bien résisté à la chaleur extrême. La Tesla Model 3 a récupéré de 9% à 80% en 32 minutes, proche de ses 27 minutes annoncées en conditions optimales.

La Kia EV3 s’en sort encore mieux avec une recharge de 10% à 80% bouclée en 31 minutes, soit seulement 3 minutes de plus que les spécifications constructeur. Ces résultats démontrent l’efficacité des systèmes de refroidissement liquide pendant les phases de charge intensive.

  • Tesla Model 3 : 32 minutes pour 9-80% (27 minutes annoncées)
  • Kia EV3 : 31 minutes pour 10-80% (28 minutes annoncées)
  • Citroën e-C3 : 74 minutes pour 3-80% sur borne 50 kW

La Citroën e-C3 fait figure d’exception avec ses 74 minutes nécessaires, mais son système de refroidissement par air plus rudimentaire explique en partie cette contre-performance. La borne utilisée, limitée à 50 kW au lieu des 100 kW habituels, n’a délivré qu’un maximum de 38 kW de puissance.

Les enseignements pour les conducteurs

Cette expérimentation souligne l’importance du management thermique dans le choix d’un véhicule électrique. Les batteries lithium-ion fonctionnent idéalement entre 20°C et 25°C, et tout écart significatif impacte directement les performances. En période de canicule, planifiez vos trajets avec une marge de sécurité substantielle.

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Les constructeurs devront sans doute revoir leurs stratégies de communication sur l’autonomie, particulièrement dans les régions aux climats extrêmes. Ces résultats montrent que même les technologies les plus avancées peinent à maintenir leurs promesses face aux rigueurs climatiques, un défi que l’industrie automobile électrique devra relever pour gagner définitivement la confiance des utilisateurs.

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