Actu voiture électrique

Tesla change discrètement le statut du Roadster… vers un abandon ?

Philippe Moureau

Sept ans après sa présentation initiale, le Tesla Roadster reste un mirage dans le paysage automobile. Dévoilé en grande pompe en 2017, cette supercar électrique devait révolutionner le marché avec des performances extraordinaires et une autonomie inégalée. Pourtant, années après années, les promesses s’accumulent tandis que les délais s’allongent inexorablement.

Un prototype spectaculaire aux promesses non tenues

Le Roadster de seconde génération avait suscité l’enthousiasme avec des caractéristiques techniques impressionnantes lors de sa présentation :

  • Une autonomie annoncée de 1000 kilomètres sur une seule charge
  • Une accélération de 0 à 100 km/h en 2 secondes
  • Une vitesse maximale supérieure à 400 km/h

Initialement prévu pour 2020, le véhicule a subi report après report. Les clients ayant versé des acomptes substantiels – allant de 50 000 à 250 000 dollars – attendent toujours leur véhicule, cinq ans après la date de livraison promise. Cette situation soulève des questions légitimes sur la bonne foi du constructeur californien.

Des engagements financiers considérables

Tesla a utilisé le Roadster comme outil marketing dans son programme de parrainage, promettant des exemplaires gratuits aux propriétaires qui généreraient suffisamment de ventes. Cette stratégie a effectivement porté ses fruits, permettant à Tesla d’engranger des milliards de dollars de ventes supplémentaires. Mais le constructeur n’a jamais honoré sa part du contrat.

A lire également :  La fonctionnalité la plus controversée de la Polestar 4 séduit massivement les clients

Selon les estimations, environ 80 Roadsters gratuits seraient dus aux participants du programme de parrainage, sans compter les centaines de remises significatives promises sur d’autres exemplaires. Au prix annoncé, cela représenterait plus de 100 millions de dollars d’engagements financiers avant même la première vente officielle.

Un calendrier perpétuellement repoussé

En juillet 2024, Elon Musk affirmait : “Concernant le Roadster, nous avons terminé la majeure partie de l’ingénierie. Nous envisageons encore quelques améliorations, mais nous prévoyons d’entrer en production avec le Roadster l’année prochaine. Ce sera quelque chose de spécial.”

Une déclaration qui sonne étrangement familière, puisqu’en 2021 déjà, le PDG prétendait que l’ingénierie serait finalisée cette année-là, soit trois ans après la présentation du prototype et un an après la date initiale de mise en production.

Plus récemment, en octobre 2024, Musk a modifié son discours, qualifiant le Roadster de “cerise sur le gâteau” sans réitérer l’échéance de 2025. Les dirigeants de Tesla semblent même avoir “oublié” le modèle lors d’une interview avec Jay Leno, où ils omettaient de le mentionner parmi les futurs véhicules à motorisation tri-moteur.

Des indices peu encourageants

Le dernier rapport financier de Tesla contient un indice troublant : dans son tableau de production, le statut du Roadster est passé de “en développement” à “développement du design”. Ce changement terminologique pourrait indiquer un retour à la case départ plutôt qu’une avancée vers la production.

A lire également :  Hyundai dévoile les secrets de ses moteurs électriques ultra-performants

Ce qui est certain, c’est que le véhicule n’est pas en phase de “construction”, rendant improbable une production en 2025 comme annoncé. Cette situation rappelle d’autres projets abandonnés par Tesla, comme l’extension d’autonomie du Cybertruck, annoncée puis oubliée.

Des capacités de développement limitées

Au-delà des considérations financières, Tesla semble peiner à mener plusieurs programmes de véhicules simultanément. En cinq ans, la marque n’a lancé qu’un seul nouveau modèle, le Cybertruck, lui-même arrivé avec plusieurs années de retard.

Tandis que les priorités de l’entreprise se recentrent sur d’autres projets comme les véhicules autonomes et les robots humanoïdes, le Roadster semble relégué au second plan, voire aux oubliettes.

Les propriétaires de Tesla qui ont contribué au programme de parrainage pourraient légitimement se demander s’ils verront un jour la couleur de leur Roadster gratuit. Certains évoquent même la possibilité d’actions en justice pour obtenir soit le véhicule promis, soit une compensation financière équivalente.

Pour l’instant, le Tesla Roadster reste un fantôme dans le catalogue du constructeur, symbole des promesses grandioses mais non tenues qui ont jalonné l’histoire récente de la marque.

Réagissez à l'article
guest

5 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires