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Uber et Stellantis vont déployer des robotaxis autonomes dans le monde entier

Albert Lecoq

Le partenariat entre Uber, Stellantis et la startup britannique Wayve illustre une tendance de fond dans l’industrie : la course aux robotaxis de niveau 4 s’accélère, et chaque acteur cherche à se positionner avant que le marché ne soit véritablement structuré. Ce trio a officialisé en juin 2026 un accord de principe pour développer et déployer des taxis autonomes dans les grandes métropoles mondiales. Les ambitions sont larges, les calendriers encore flous, mais la mécanique du projet commence à se dessiner clairement.

Un accord à trois têtes : qui fait quoi dans ce partenariat robotaxi ?

La répartition des rôles entre les trois partenaires suit une logique industrielle assez lisible. Stellantis apporte les véhicules, Wayve fournit la technologie de conduite autonome, et Uber intègre le tout dans son réseau de transport à la demande, déjà implanté dans des dizaines de pays. Ce type de structure tripartite n’est pas nouveau dans le secteur — Uber a multiplié ce genre d’accord ces derniers mois avec d’autres acteurs — mais c’est la première fois que Stellantis rejoint officiellement cette dynamique avec le géant américain du VTC.

L’accord signé est un mémorandum d’entente non contraignant, ce qui signifie qu’aucun déploiement concret n’a encore été annoncé. Les trois entreprises parlent de couvrir des villes à travers l’Europe, l’Amérique du Nord et au-delà, sans préciser de calendrier ni de liste de villes prioritaires. Ce flou relatif est caractéristique du secteur : les annonces de partenariats précèdent souvent de plusieurs années les premières mises en service réelles. Stellantis indique néanmoins disposer déjà de plateformes véhicules compatibles avec la conduite autonome de niveau 4, intégrant les capteurs, les systèmes de sécurité et les redondances nécessaires à une homologation sur voie publique.

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La technologie Wayve : une IA “sans carte” qui apprend en observant les humains

Le cœur technologique de ce partenariat repose sur le système de conduite autonome développé par Wayve, une startup britannique fondée à Cambridge. Son architecture repose sur un réseau de six caméras et un radar, couplés à un système d’apprentissage automatique conçu pour reproduire un comportement de conduite proche de celui d’un humain, y compris dans des environnements urbains denses et imprévisibles. Pas de LiDAR dans l’équation, un choix technologique délibéré qui distingue Wayve de nombreux concurrents.

Ce qui rend l’approche de Wayve particulièrement intéressante sur le plan de la scalabilité, c’est son système dit “sans carte” (mapless). Contrairement à des acteurs comme Waymo, qui cartographient méticuleusement chaque rue avant de déployer leurs véhicules, Wayve entraîne son IA à partir de l’observation directe de la conduite humaine dans son environnement. L’algorithme analyse comment les conducteurs autour du véhicule réagissent à chaque situation, et apprend à anticiper et imiter ces comportements. En théorie, cela permet un déploiement dans une nouvelle ville sans devoir reconstruire une carte HD complète au préalable — un avantage logistique et financier considérable si cela fonctionne à grande échelle.

  • Système de perception : 6 caméras + 1 radar, sans LiDAR
  • Approche d’apprentissage : observation comportementale des conducteurs humains en situation réelle
  • Architecture “mapless” : déploiement possible sans cartographie HD préalable ville par ville
  • Présence sur route : véhicules testés à Londres depuis 2018, avec conducteur de sécurité
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Wayve est présente sur les routes londoniennes depuis 2018, mais uniquement dans un cadre expérimental, avec un conducteur de sécurité à bord et sans service commercial ouvert au public. Cette phase de test longue durée en conditions réelles reste un argument de crédibilité face à des concurrents qui ont parfois brûlé les étapes.

Stellantis face aux exigences d’un robotaxi : des véhicules taillés pour l’endurance

Un robotaxi de niveau 4 n’est pas un véhicule ordinaire. Sans conducteur humain pour imposer des limites à l’utilisation — pauses, fatigue, fin de journée — ces taxis autonomes ont vocation à rouler bien plus longtemps qu’un taxi classique, potentiellement en continu sur la majorité des heures de la journée. Cela implique des contraintes de durabilité et de fiabilité mécanique très supérieures à celles d’un véhicule grand public.

La seule vraie contrainte opérationnelle reste la recharge. Mais avec la rapidité croissante des bornes de recharge rapide — on parle aujourd’hui de sessions de 15 à 20 minutes pour récupérer plusieurs centaines de kilomètres d’autonomie sur les modèles les plus récents — cette fenêtre d’immobilisation devient facilement gérable dans un planning opérationnel. Stellantis devra donc proposer des plateformes électriques conçues pour encaisser des cycles d’utilisation intenses, avec une attention particulière portée à la durée de vie des batteries haute capacité, des systèmes de freinage régénératif et de l’ensemble des composants soumis à une usure accélérée.

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Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que Stellantis s’associe à Uber sur ce terrain : les deux groupes avaient déjà conclu un accord similaire l’an dernier, avec Nvidia comme fournisseur de la technologie de conduite autonome. L’arrivée de Wayve dans l’équation change la donne sur le plan logiciel, mais confirme que Stellantis mise sur une stratégie multi-partenaires pour ne pas dépendre d’un seul écosystème technologique.

Tokyo en 2026, puis dix autres villes : les premières étapes concrètes du déploiement

Si le partenariat Stellantis-Wayve-Uber reste pour l’heure au stade des intentions, Uber et Wayve avaient déjà annoncé un premier déploiement commercial plus précis : des robotaxis basés sur des véhicules Nissan devraient être mis en service à Tokyo d’ici fin 2026, toujours avec un conducteur de sécurité à bord dans un premier temps. Dix autres grandes villes suivraient dans un second temps, sans calendrier précis annoncé.

Cette prudence sur le démarrage — avec présence humaine dans le véhicule — reflète autant les exigences réglementaires des pays concernés que la réalité technique du déploiement à grande échelle. Passer d’un prototype fonctionnel à une flotte commerciale homologuée dans plusieurs juridictions différentes est un processus long et coûteux, que toutes les entreprises du secteur ont tendance à sous-estimer dans leurs annonces publiques. Ce que ce partenariat propose, c’est une infrastructure industrielle crédible — avec un constructeur automobile mondial, une technologie IA différenciante et le plus grand réseau VTC de la planète. Reste à savoir si les premières courses réelles seront au rendez-vous des promesses.

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