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Sa Tesla tombe en panne en plein désert, et s’en sort avec une idée brillante

Philippe Moureau

Vous vous êtes déjà demandé ce qui se passerait si vous tombiez en panne de batterie au milieu du désert d’Atacama, l’endroit le plus sec de la planète ? C’est exactement l’aventure qu’a vécue un youtubeur américain au volant de son Tesla Model X lors d’une traversée des Amériques. L’histoire, capturée en vidéo, illustre parfaitement les défis que représente le voyage longue distance en véhicule électrique dans des régions où les infrastructures de recharge restent rares, tout en démontrant une capacité unique aux voitures électriques.

Une traversée des Amériques dans un Tesla Model X aménagé

Sandro van Kuijck, créateur de contenu basé dans l’Oregon et animateur de la chaîne YouTube EverydaySandro, parcourt depuis trois ans l’ensemble du continent américain à bord de son Tesla Model X surnommé “Beluga”. Son périple l’a mené du terminus nord de la route panaméricaine à Tuktoyuktuk au Canada jusqu’à la pointe sud à Ushuaia en Argentine. Le Chili représentait sa quatorzième étape de cette expédition en solo.

Le véhicule n’a rien d’un Model X standard. Van Kuijck l’a transformé en véritable camping-car avec une cuisine coulissante personnalisée, une plaque à induction, l’eau courante, un réfrigérateur et un couchage complet. L’extérieur reste relativement discret si l’on excepte les pneus tout-terrain. Le détail crucial ? Il a installé un panneau solaire de 287 watts sur le capot, connecté à une batterie auxiliaire EcoFlow Delta 2 de 2 kWh qui alimente ses équipements de vie quotidienne et peut, en cas d’urgence, recharger la batterie principale du véhicule en appoint. Cette fonction de secours allait recevoir son premier véritable test dans le désert d’Atacama.

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Quand les calculs d’autonomie ne suffisent pas

Les ennuis ont commencé au sud de Calama, dans le nord du Chili. Van Kuijck avait rechargé son véhicule à 95% sur une borne rapide Copec, le plus grand réseau de recharge pour véhicules électriques du pays qui exploite désormais plus de 90 stations de recharge rapide à l’échelle nationale. Sauf qu’il a sous-estimé la consommation énergétique nécessaire pour grimper jusqu’à 3 000 mètres d’altitude avec des vents de face constants dans le désert.

Lorsque l’indicateur d’autonomie de sa Tesla affichait 37 km restants alors que la borne la plus proche se trouvait encore à 42 km, il s’est garé sur le bas-côté de la route panaméricaine et a déployé ses panneaux solaires. Les résultats ont été modestes mais bien réels. Avec une puissance solaire de 180 à 200 watts, Beluga gagnait environ 1 à 2 km d’autonomie par heure. Soyons clairs : un seul panneau solaire de 287 watts sur le capot d’un SUV ne vous donnera jamais une autonomie significative dans un délai raisonnable. Mais cela lui a offert quelque chose qu’aucune voiture thermique ne pourrait proposer dans la même situation. Si vous tombez en panne d’essence au milieu du désert d’Atacama, vous ne pouvez pas invoquer du carburant depuis le ciel. Avec un véhicule électrique et un panneau solaire, vous pouvez au moins injecter suffisamment d’énergie pour maintenir le véhicule en vie.

L’intervention providentielle d’ouvriers routiers

Dans ce cas précis, l’énergie solaire a empêché la batterie haute tension de se décharger complètement pendant que Van Kuijck cherchait une solution. Il a contacté cinq sociétés de dépannage différentes, aucune n’acceptant de parcourir les 30 km jusqu’à sa position. Sa batterie auxiliaire EcoFlow s’est finalement vidée elle aussi, le laissant à 0% de charge.

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C’est à ce moment qu’une équipe de construction routière travaillant à proximité lui a proposé de se brancher sur leur générateur industriel. Le générateur a fourni un filet de 6 ampères au véhicule, juste assez pour éviter l’arrêt complet de la batterie haute tension. Des amis rencontrés sur la route ont finalement organisé un dépannage qui l’a ramené sur les 30 km jusqu’à Calama et une borne rapide Copec pour 135 dollars. Une fois branché, le Tesla tirait entre 36 et 40 kW, une puissance modeste comparée aux standards des Superchargeurs, mais suffisante pour le remettre sur la route en deux heures.

Les défis d’infrastructure en Amérique du Sud

Cet incident met en lumière une réalité à laquelle les conducteurs de véhicules électriques explorant l’Amérique du Sud font encore face. Bien que Tesla ait lancé son réseau de Superchargeurs au Chili fin 2024, marquant la première implantation de l’entreprise en Amérique du Sud, la couverture reste concentrée autour de Santiago et des corridors principaux. Début 2026, Tesla et Copec ont annoncé un partenariat pour déployer des stations Superchargeur supplémentaires dans les principales stations-service chiliennes, chaque emplacement disposant de quatre points de charge atteignant 250 kW.

Pour l’instant, de longues portions de la route panaméricaine traversant l’Atacama demeurent de véritables déserts de recharge. Le réseau Copec s’est développé rapidement, mais l’écart entre la couverture urbaine et les vastes distances du désert du nord chilien reste significatif. L’expérience de Van Kuijck a révélé un problème pratique au-delà de la disponibilité des bornes : la navigation de son Tesla pensait encore qu’il se trouvait au Mexique et ne parvenait pas à localiser les chargeurs chiliens, le privant d’assistance à la planification d’itinéraire en territoire inconnu.

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Un problème qui dépasse Tesla

Le défi n’est pas propre à Tesla. À travers l’Amérique du Sud, l’infrastructure pour véhicules électriques se développe mais reste massivement concentrée dans les capitales et les zones urbaines aisées. Le Chili s’est fixé comme objectif d’autoriser uniquement la vente de véhicules électriques neufs à partir de 2035, mais l’infrastructure nécessaire pour soutenir les voyages électriques longue distance à travers la géographie immense du pays accuse encore plusieurs années de retard sur cette ambition.

Ce que cette histoire nous apprend vraiment

Ce qui rend cette situation fascinante, c’est qu’elle ne pourrait se produire qu’avec une voiture électrique. Quand vous tombez en panne d’essence dans le désert, vous êtes complètement bloqué. Il n’existe aucune solution de secours. Vous avez besoin que quelqu’un vous apporte physiquement du carburant. Mais avec un véhicule électrique, même un petit panneau solaire sur le capot vous offre une bouée de sauvetage. Vous pouvez littéralement extraire de l’énergie du soleil et l’injecter dans votre voiture.

Restons réalistes : un panneau unique de 287 watts ne constitue pas une solution de recharge sérieuse pour un SUV électrique comme le Model X. Il a donné à Van Kuijck 1 à 2 km d’autonomie par heure, ce qui reste dérisoire en termes pratiques. Avec quelques panneaux solaires déployables supplémentaires connectés à son EcoFlow, il aurait potentiellement pu se sortir de cette situation uniquement grâce à l’énergie solaire.

Vous n’allez pas traverser l’Atacama en vous rechargeant au solaire. Mais cette installation a maintenu sa batterie haute tension suffisamment longtemps pour qu’il trouve de l’aide, et c’est précisément l’objectif. Il s’agit d’une solution de secours d’urgence, pas d’un remplacement de l’infrastructure. Dans ce rôle précis, le système a fonctionné exactement comme prévu, offrant à Van Kuijck la possibilité de poursuivre son aventure à travers les Amériques et de documenter ces réalités que tout conducteur de véhicule électrique en voyage au long cours devrait connaître.

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