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Voitures électriques vs cyclistes : qui respecte le moins le code de la route ?

Albert Lecoq

À vous qui vous interrogez sur la discipline routière, je vous transporte aujourd’hui au coeur d’une étude portant sur le respect des lois de la circulation par les cyclistes et les conducteurs de véhicules électriques. Ce voyage dans les données va peut-être bouleverser certaines de vos convictions.

L’observatoire danois du comportement cycliste

Une passionnante enquête commandée par le gouvernement danois en 2019 à la firme Rambøll a jeté un nouveau regard sur l’interaction entre les usagers de la route pendant plusieurs années. En plaçant des caméras vidéo à plusieurs intersections, les chercheurs ont scruté le comportement de plus de 28 000 cyclistes, un échantillon remarquable pour des statistiques solides.

Voici ce que la caméra a révélé :

  • Sur les pistes cyclables, seulement 4,9 % des cyclistes ont commis des infractions.
  • Hors des pistes dédiées, le taux grimpe à 14 %, mettant en lumière l’impact de l’infrastructure sur la sécurité et la conformité aux règles.

Comparaison avec les conducteurs de voitures électriques

À mettre en parallèle, des analyses de la Danish Road Directorate soulignent que la transgression des règles de circulation par les automobilistes atteint 66 %. Le contraste est saisissant et pose la question de la perception publique autour des infractions routières.

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Des infrastructures adaptées, un gage de sécurité : Les chercheurs ont remarqué un lien entre l’absence de pistes cyclables et une augmentation notable des infractions. Dans des villes mieux équipées, le nombre de transgressions baisse de manière conséquente.

Les enseignements d’études internationales

Le phénomène danois n’est pas isolé. Les études menées dans d’autres pays en Europe, y compris au Royaume-Uni, tendent vers des conclusions similaires : une majorité de cyclistes respectent les lois. Par exemple, une étude britannique a identifié que seulement 16 % des cyclistes grillent les feux rouges.

En France, le besoin d’infrastructures cyclables plus sûres est criant et négligé, en dépit des plaidoyers des usagers. Ironiquement, bien que les preuves s’accumulent en faveur de l’influence positive de ces aménagements sur la réduction des infractions, une partie des automobilistes reste opposée à leur développement.

L’épineuse question de la perception des infractions

Le débat sur les infractions routières mené par les cyclistes dissimule une réalité peu soulignée : les infractions des conducteurs de voitures électriques sont considérablement plus nombreuses mais souvent minimisées ou banalisées.

L’effet de visibilité des infractions à vélo :

  • Les actions illégales des cyclistes, telles que rouler à contre-sens ou franchir un stop sans arrêt, sont plus visibles et donc sujettes à critique.
  • Les infractions des conducteurs, bien que plus fréquentes, telles que les excès de vitesse ou le stationnement illégal, sont moins remarquées et donc moins dénoncées.
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L’évidence statistique nous encourage à revoir nos préjugés : les conducteurs de voitures électriques, et non les cyclistes, méritent davantage notre attention en matière de respect des lois routières. Cependant, cet écart ne doit pas exonérer les cyclistes de toute responsabilité mais plutôt servir de levier pour améliorer la cohabitation sur nos routes. En réévaluant nos priorités et en investissant dans les infrastructures adéquates, nous pourrons parvenir à un meilleur équilibre, pour un partage harmonieux et sécurisé de l’espace public.

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